pour passer le temps…

Articles tagués ‘amour’

Chair Aimée

Faute d’emploi, je ne suis pas inactive ces temps-ci. Rappelée par un vieux souvenir heureux (cf. commentaires de l’article précédent :P), j’ai repris la plume au sein d’un forum pour me lancer dans quelques fanfictions.
Le Feu Sacré s’est rallumé !
En attendant, je partage ici le texte que j’ai écrit. Il est imparfait et imperfectible, mais je l’aime. C’est la première fois que je touchais à ces thématiques auxquelles je suis devenue sensible (et qui sont, à la base, des sujets sensibles) ; dans l’absolu, je crois que j’étais pas pire que mieux.

Attention : psychologiquement, c’est du violent pour de la romance. Ah, et il y a aussi une scène porno au début du chapitre 2 ^^ » (sautez-la si vous êtes pudique mais elle est trop intéressante pour que je la supprime !)

Voici le PDF : ChairAimee
(Si le besoin s’en fait sentir, je vous encourage aussi à jeter un œil sur le forum, où j’explique deux ou trois petites choses sur ce que je pense de ce qui se passe dans cette fic où l’interprétation joue un rôle fondamental. Surtout à partir de la page 2.)

Bien sûr, comme c’est une fanfiction, les personnages et tout le reste viennent d’un autre univers : Code Lyoko. Et pour ceux qui connaîtraient pas, quelques explications de base s’imposent.
Oh, pas grand-chose. C’est une fanfiction axée romance qui commence après la série : la plupart des choses qui se passent pendant la série ont peu d’intérêt. Ça tient de la fanfiction par les caractères des personnages avant tout.

Bon, grosso modo, ça tourne surtout autour d’un triangle amoureux :
– Ulrich et Yumi : le couple qui n’en est pas un. Après 26 épisodes, ils décident de se mettre ensemble, mais ça n’arrive pas vraiment. À l’épisode 53, ils décident d’être « copains et puis c’est tout » car ils n’étaient pas vraiment ensemble. Et à l’épisode 95, il s’est toujours rien passé sauf quelques crises de jalousie sporadiques.
Vous voyez la torture qu’ils ont infligée aux téléspectateurs ?!
– William : l’élément perturbateur. Apparu au cours de la deuxième saison, il a clairement un faible pour Yumi et il la drague ouvertement. Mais il est un rival honnête et n’hésite pas à secouer franchement les puces à Ulrich en lui disant : « Si tu te bouges pas, moi je le ferai. »

Les autres personnages commencent à toucher à l’intrigue. Disons que quatre collégiens (dont Yumi et Ulrich) ont découvert un complexe ultra-high-tech désaffecté planqué dans une usine du coin. Dans ce complexe, un SuperCalculateur quantique capable de trucs de ouf comme de t’envoyer dans un univers en 3D (tu entres dans le scanner, ton corps est désintégré, et pouf, t’es dans la Matrice / le monde de Tron) et de t’en faire revenir, ou de faire des retours dans le temps.
Le hic, c’est que l’ordinateur est habité par deux intelligences artificielles. XANA, qui est maléfique et cherche à tuer nos héros ; et Aelita, qui est bien gentille et que Jérémie, le geek de la bande, a bien envie de se…matérialiser.
Commence donc une lutte contre XANA…dans le secret le plus absolu !

À la fin de la série, Aelita est sur Terre, XANA est vaincu, le SuperCalculateur est éteint, William a passé des mois contrôlé par XANA dans le monde virtuel (ouais, SF glauque quand on y pense) et ULRICH ET YUMI NE SONT TOUJOURS PAS ENSEMBLE ! (Ni même Aelita et Jérémie, d’ailleurs…)

Dernière chose : Code Lyoko Évolution n’existe pas.

 

PS : y’a encore quelques fautes dans le PDF. Comme je garde un historique précis de mes corrections, je mettrai à jour un de ces quatre.
PS2 : Si vous aimez ce texte, allez regarder l’anime School Days.
PS3 : j’en ai pas et j’en veux pas, y’a des DLC.
PS4 : pareil que pour la PS3, mais en plus ça coûte cher.
PS5 : pas avant 2017.

La peur des filles

Non, ce n’est pas de moi que je parle 😀

Je viens de découvrir l’excellent blog VieDeMeuf. Autant j’accroche pas le principe Vie De Merde (ça va bien cinq minutes, les anecdotes, mais entre le fake et le raz-le-bol, ça finit par lasser, d’autant plus que ça n’apporte rien…), autant quand il y a une vérité profonde derrière, c’est super bon.
Car dans Vie de Meuf, chaque petit détail sort de notre réalité quotidienne. On le sent, on le vit : rien d’incoyable là-dedans…juste scandalisant, quand on y pense.

Mais je n’écris pas ce petit billet juste pour partager un lien. C’est juste qu’aujourd’hui j’ai repensé à ce billet :

Lors d’une manifestation municipale, quelques clowns animent le centre-ville. J’ai toujours eu horreur des clowns, et je ne suis apparemment pas la seule puisque une petite fille non loin de moi éclate en sanglot quand le comédien s’approche d’elle. Commentaire ravi et je dirais-même affectueux de sa mamie qui l’a pris dans ses bras pour la rassurer ? « t’es bien trouillarde, une vraie fille »

#viedemeuf

C’était en lisant ceci, sur deux amants qui n’osent pas s’avouer leurs sentiments (Chrétien de Troyes, Cligès) :

Des euz parolent par esgart
Et les langues sont si coart
Que de l’amor qui les joustise
N’osent parler en nule guise
[S]e cele comencier ne l’ose.
N’est merveille, car simple chose
Doit estre pucele et coarde

Mais cil qu’atent et por coi tarde
Qui par tout est por lui hardiz
S’est vers lui sole acoardiz ?
Dex ! ceste crieme dont li vient
C’une pucele sole crient
Foible et coarde et simple et coie
?
(…)
Si vont les chose a envers

« Ils parlent des yeux, à travers leurs regards ; mais leurs langues sont si timides qu’ils n’osent en rien parler de l’Amour, qui règne sur eux – puisqu’elle n’ose commencer. Ce n’est guère étonnant, étant donné qu’une jeune fille doit être une personne modeste et timide ; mais lui, qui est partout si courageux, qu’attend-il, pourquoi tarde-t-il, est-il intimidé devant cette seule personne ? Dieu ! D’où lui vient cette crainte ; a-t-il peur d’une jeune fille, faible, peureuse, modeste et muette ? (…) C’est vraiment le monde à l’envers ! »
Note sur le terme « chose » : au Moyen-Âge, je crois que le mot peut s’employer également pour parler d’un homme, d’une créature de Dieu en général. Je ne crois pas qu’il avait le sens péjoratif qu’il a de nos jours dans ce cas-là.
Il faut aussi admettre que, dans ce cas précis, la « pucele » est effectivement « coie ».

 

Oui, messieurs, vous devez être courageux et mener la danse – sinon, vous n’êtes pas des HOMMES ! Ces choses sont par essence craintives et fragiles, c’est d’ailleurs convenable…Ceci est au fondement de Notre Civilisation Chrétienne, ne l’oubliez pas.
Heureusement, tout a changé depuis le Moyen-Âge ?

Un jour, mon prince viendra…

(J’ai peu posté en mars, faut que je me rattrape ! ^^)

Intro
1.Amour hétérosexuel, amour sexiste
2.La pupuce à l’oreille
3.Penser sans amour

Intro

Je crois avoir déjà traumatisé tous mes amis avec ça, mais…il fallait bien que j’essaye un jour de disserter proprement là-dessus.
L’Amour, ça n’existe pas !
Ouf, ça fait du bien de le crier un bon coup. Voyons voir les commentaires.

Commentaire N°1
Frustré de la vie

Commentaire N°2
G un chagrin d’amour sur le

Commentaire N°3
Si d’ailleurs moi je t’aime

Commentaire N°4
Sociopathe

Commentaire N°5
Sans amour, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

Commentaire N°6
Pauvre de toi, tu dois avoir une vie trop triste et pas épanouie sexuellement tu sais c’est pas très facile sans amour…

Commentaire N°7
Les chercheurs ont mis en évidence des facteurs biologiques d’attirance mutuelle. Renseigne-toi, l’homme est fait pour vivre à 2.

Commentaire N°8
Je conçois bien qu’on puisse ne pas apprécier le côté nunuche de l’amour. Mais la réalité, ce n’est pas à ça que ça ressemble. Sur le long terme, il s’agit de partager sa vie avec quelqu’un, de lui parler vraiment, d’être sûr qu’il va vous comprendre et que vous le comprenez, mais en sachant se ménager un jardin secret. Bref, de l’équilibre quoi. Moi, avec mon chéri, ça fait trois ans qu’on se parle et qu’on partge et (…)

Vous remarquerez que d’un coup, les gens qui laissent des commentaires sur mon site sont de plus en plus nombreux ^^
La première chose qui me pousse à affirmer que l’amour n’existe pas, c’est ce matraquage que la société impose aux individus, pour leur affirmer encore et encore l’idée d’amour. Ça va des pubs hypersexualisées au cadre familial canon (idéal de socialisation et de vie adulte), en passant par les fêtes cruches, les débats sur le mariage homosexuel, et même, la caution, par le discours scientifique, du dimorphisme de l’espèce humaine (ça fait un peu Ying et Yang : s’il y a deux, c’est pour faire un, n’est-ce pas ?)
L’amour, et en particulier, l’amour hétérosexuel (dont l’amour homosexuel n’est qu’un calque qui, Dieu merci, va dans le sens de la modernité) est un construit socio-historique au nœud de notre univers social, et dont seules les siences sociales (oui, je fais assez peu confiance à la psychologie en matière de théorie :P) peuvent chercher à expliquer les facteurs et l’histoire. Je lui nie purement et simplement son statut d’émotion, et, au XXIème siècle, j’en exclus tout ce qui relève uniquement du sexe, de l’attirance biologique et physique.

1.Amour hétérosexuel, amour sexiste

Anna Karénine VS Kitty Lévine

Je ne me qualifie pas comme un historien de l’amour ; mais ce qu’on finit par retenir, à force de lire des saloperies du genre de la Princesse de Clèves (franchement, je vois pas pourquoi on a reproché à Sarkozy de qualifier ce livre de « chiant » : encore, je le trouvais gentil !), Manon Lescaut ou Phèdre de Racine (plusieurs fois ^^), c’est que l’Amour, au départ, c’était le fauteur de troubles, la passion qui vient foutre le bordel, brise les mariages, fait tomber des têtes royales (voir Les Rois maudits). Le mythe du cavalier noir qui vient enlever la jeune fille à sa famille. Le déshonneur, la folie, la grosse merde quoi.

La vision du mariage traditionnel, comme fruit et garant de l’amour durable, historiquement plus proche de nous, si elle est déjà présente dans les comédies de Molière, ne s’est véritablement affirmée comme norme qu’au XIXème siècle. Dans Tolstoï, Kitty réussit un mariage d’amour là où Anna échoue son mariage convenu. L’amour continue d’être une force, qui emporte tout, mais il devient le centre, les cœur du mariage, du noyau conjugal.

Blanche-Neige et les sept nains

Ayant récemment revu le premier Classique de Disney (dont, à 2-3 ans, j’étais un fan inconditionnel…je connaissais par cœur toutes les répliques de Cochné, comme, allez savoir pourquoi, je l’avais surnommée), j’avais envie de faire un article pour râler, montrer à quel point c’était sexiste, demander comment mes parents avaient pu me laisser regarder ça – ce que je vais un peu faire ici -, mais comme le féminisme n’est pas tout à fait ma tasse de thé et que je suppose que ça a déjà été fait, je vais intégrer ce coup de gueule dans mon article sur l’Amouuur.

Ce qui frappe un adulte qui revoir Blanche-Neige, c’est à quel point l’œuvre est anti-moderne. L’esprit des années 30 ne pardonne pas : Blanche-Neige se félicite de faire la cuisine, le ménage, l’éducation des nombreux petits nains qu’elle envoie au bain, et bien entendu, une fois sa formation de femme au foyer accomplie, de se faire tirer de sa demi-vie de Mademoiselle, par un prince nécrophile à la gueule de benêt. Mais les tâches ménagères, mieux que de s’en féliciter, elle en fait un plaisir, un besoin.
Première chose qu’elle fait, après être entrée dans la maison des Sept Nains : constater que c’est sale, s’appitoyer sur le balai qui prend la poussière, puis, révoltée, s’en saisir (non sans gronder comme des gamins les animaux qui nettoient de façon dégueulasse), et chantonner en passant la serpillère. Même, d’ailleurs, la première fois qu’on la voit, c’est toute heureuse d’astiquer les marches du jardin, chantant doucement comme Cendrillon.

Blanche-Neige gronde les nanimaux qui lèchent les assiettes

Armée de son super balai, Blanche-Neige explique aux animaux de la forêt qu'il ne faut pas lécher les assiettes. Puis elle retourne balayer en chantonnant.

Les nains, de leur côté, sont des figures assez étonnantes. À l’exception de Simplet, dont l’âge semble conforme à la taille, ils ont tous l’air d’avoir 60 ans (70 pour pépé Prof et papy Grincheux) : à la fois enfants et vieillards, ils ont parfois été analysés comme des hommes déficients (des semi-hommes, quoi). Crados, courtois, fêtards, leur principale caractéristique n’en reste pas moins d’être des hommes.
Avant l’arrivée de Blanche-Neige (après laquelle, ne pouvant être amants [« déficients, on vous dit, c’est comme ça qu’on voyait les nains avant Velasquez ! »], ils deviennent enfants-bouffons), nos 7 nains solitaires travaillent à la mine, récoltant des montagnes de richesses, examinant les diamants avec science, maniant virilement la pioche, poussant de lourdes charges et marchant au pas, au rythme de chansons rythmées, grégaires, criées en chœur (tandis que Blanche-Neige ornementait ses arpèges de chants d’oiseaux). À la menace d’un ennemi, si Blanche-Neige fuit, les nains frappent, prenant leur courage à deux mains, s’encourageant mutuellement (oui, tout déficients qu’ils sont, ils n’en finissent pas moins par se résoudre à affronter « le monstre »). Protecteurs, artisans, ils oscillent entre fierté et courtoisie, mais évitent soigneusement d’aborder le moindre signe de virilité : ce sont des sous-hommes, des prolétaires, la Princesse n’est pas pour eux.

Le Prince, enfin. On a beaucoup parlé de la figure du Prince dans Blanche-Neige, à l’époque : petite apparition au début, conclusion de l’histoire, le Prince n’est au fond qu’un symbole. Pour la figure de l’Homme, il a un bien petit rôle dans cette histoire. Et puis, comment l’Amour saurait-il être sincère avec moins de 10 minutes à l’écran ?
La chose était sentie comme un défaut. Artistiquement, c’est vrai, mais le fait qu’on le sente et qu’on le dise est très intéressant. L’Amour n’est pas une récompense : il se forge dans les épreuves partagées. Contrainte artistique mal respectée, tant mieux d’ailleurs, j’ai peur de ce qu’ils auraient fait comme scène cruche…

Bon, donc, pour revenir à mon propos, que dire sur Blanche-Neige ? Parcours initiatique d’une demoiselle qui s’apprête à devenir femme, Blanche-Neige présente les deux genres dans leurs rôles sociaux bien cloisonnés, jusqu’à ce que la situation atteigne son paroxysme : la pauvre héroïne devient la passivité incarnée, exposée dans une vitrine en tant que Beauté qui ne s’admet pas comme telle. Blanche-Neige est alors mûre pour être cueillie, et les nains cèdent la place au séducteur, au Prince. Plus de jeux de recul effrayé, de « peut-être » : ayant gardé intacts ses boucles noires, sa peau blanche et ses lèvres rouges (comment ça, « obsédé » ?) tandis que son Prince courait probablement la guidoune, la princesse suit son prince, monte pudiquement sur le destrier, symbole traditionnel, chez le chevalier, du désir et du corporel, et ils vont s’installer en banlieue dans un château 5 étoiles.
Le Couple sexiste, L’Amour en récompense, Lômme et Lafâme, parce que, comme le dit la formule consacrée, on ne peut vivre heureux qu’à deux, et en ayant beaucoup d’enfants.

Par bonheur, si le sexisme insidieux demeure encore assez prégnant dans la réalité du couple (n’allez pas me dire que ce n’est pas le cas, sinon Disney aurait honteusement désavoué Blanche-Neige comme si c’était une œuvre pro-Nazis, et je ne l’aurais jamais vu étant petit), il a disparu de la notion d’Amour (ou en tout cas, c’est bien épuré). Je crois que la libération des discours et des mœurs des années 70 ont aidé à distinguer Amour, sexe et mariage.
C’est bien.
En revanche, la notion d’Amour existe toujours, pure, avec des petits oiseaux et des cœurs roses.
C’est mal.

2.La pupuce à l’oreille

L’Amour, on en parle partout. Tout le temps. Sur tout. Trop. Érotique, Platonique, impossible. Centre des chansons commerciales, des clips, des films à grand public, cœur du pathétique au théâtre et dans les romans à l’eau de boudin. « L’Amour triomphera » nous enseignait la Belle au Bois Dormant.

Cupidon

Pour commencer, l'amour c'est NUNUCHE !
Bon, le site des gens qui ont fait ça l'est un peu moins, mais...

L’Amour, c’est le Bien. Amour salvateur, amour christique (le Chevalier de la Charette), l’Amour défie le Mal (Beren et Lucien, par Tolkien), défie la Guerre (Pocahontas), défie les conventions et l’étroitesse d’esprit (Edouard Mains d’Argent), défie tout ce qui peut se défier. L’Amour est excitation et aventure (Madame Bovary), l’Amour est force, l’Amour est plaisir, l’Amour est danger. Et l’Amour est repos, pleinitude, accomplissement de soi, épanouissement.

Pocahontas sauve John Smith

Chaque année, dans le monde, l'Amour entraîne la mort accidentelle de 500 jeunes filles, qui se jettent sous la massue de leur père pour tenter de sauver leur amant.

L’Amour, c’est la Vérité. C’est la Vie.
Il s’impose à nous au moment où on l’attend le moins.

L’Amour, ça ne s’explique pas. Mais ça s’explique. Psychologie, Freud, psychologie de magazine, cartographie, crisallisation et désillusion, biologie moléculaire, cerveau, hormones, magnétisme (^^), goût de la salive, karmas divers et variés, goûts communs…les sciences les plus dures s’évertuent à affirmer qu’elles percent des secrets de l’Amour, comme si elles avançaient sur une terre interdite, dérangeante…
Hé bien scoop ! l’Amour n’a qu’un seul secret : c’est de ne pas exister ! Et toc !

En un mot, l’Amour est né-ces-sai-re. Transgression ultime, l’Amour se construit contre ; création d’individus, l’Amour se construit pour ; socle de la société, l’Amour se contruit dans. L’Amour est l’objectif, le rachat, la RAISON de tout, Dieu et univers, passé avenir et carpe diem.
Bref, l’Amour, vous n’y échapperez pas.

« Quoi que je fââsseu,
Oooù que je sois,
Rien-hein ne t’effââceu,
Je pense à toi… »

Ça m’a mis la pupuce à l’oreille. Y’aurait pas comme un gros vieux MYTHE derrière tout ça ? Vous savez, un peu comme l’idée de Perfection, la Démocratie, le Progrès, le Bonheur…

3.Penser sans amour

« Ooooooohhhh, mais quelle vie triste ce serait ! »
-_-‘ Last thing I wanna hear…

On va encore me traiter de frustré de la vie, me dire que dans 5 ans j’aurai changé d’avis (ce n’est d’ailleurs pas impossible, encore que ça ne prouve rien), mais pour le moment, je suis célibataire endurci et je compte bien le rester !
Et si ça change, y’a fort à parier que ça remettra pas en question ma désapprobation de l’idéologie amoureuse, sur le plan intellectuel, de toute façon. Et puis, j’en suis probablement pas à une contradiction près.

On peut très bien vivre sans amour. Très tranquille. Comme on veut. Sans être obligé de se caser dans les images stéréotypées du gars qui sort avec ses potes, ou du type bizarre qui collectionne les jouets. Moi, pour ma part, je rêve entre autres de dormir dans un hamac, d’écouter des OST de films et de FF (oui, c’est assez merdique pour ne pouvoir être fait qu’en l’absence de tout être vivant), de vivre la nuit, de ne pas avoir de meubles, de laisser tout le temps des papiers épars sur le sol et d’avoir deux rates. Rester un « célibataire » sur le plan du ménage, aussi XD
Ben à deux, c’est la merde. Y’a pas à faire de compromis : ce genre de fantasmes, ça s’envisage même pas, et on les garde pour soi ! La moindre petite excentricité se mue en problème insoluble. Les loisirs se font bouffer. Tout, tout, tout ce que vous faites chez vous est surveillé. Je n’ai jamais été en couple, mais même si je suppose que c’est une expérience assez agréable (dans la mesure où c’est quand même une personne qu’on aime), le principe me fait dégueuler.
Bon, ça c’était pour la séquence liberté du célibataire. Mais ce que je veux dire, c’est que je ne sais pas s’il « manque » vraiment quelque chose au célibataire. S’il n’y a pas d’autres facteurs d’intégration sociale qu’il puisse trouver.

Aaaaah, un autre sujet qui m’énerve dès que j’ouvre un magazine féminin. La sexualité. Ce terme, qui semble tout droit sorti d’un manuel de biologie sur les comportements des vertébrés (oui, ça fait moins bandant, si on le pense comme ça), a été le socle sur lequel s’est construit la légende qu’il était :

  • nécessaire : Pas de vie sexuelle ? Vous ne serez jamais heureux. D’ailleurs, les bourgeois de la fin du XIXè étaient frustrés, c’est pour ça qu’on leur a coupé la tête qu’ils exploitaient les pauvres…
  • épanouissante : Quelle partie ? Celle qui consiste à se frotter les gonades ? À se regarder dans les yeux en papillotant ? À se demander si on assure ? Ou à ne pas avoir d’orgasme ? Activité névrotique, oui !
  • amour : si vous aimez pas la personne avec laquelle vous baisez, vous êtes une pute. Non, faut bien différencier sexe et sexualité. Le sexe, c’est purement corporel. La sexualité, en théorie, c’est les pratiques sexuelles, en pratique, c’est l’intimité de la copulation Amoûûreuse. Quand on parle sexualité et épanouissement, c’est un échange qui unit bien plus que deux corps, c’est la fusion de deux esprits (voir Rencontre avec Joe Black…)
    Enfin, c’est sans penser aux idées parasites qui viennent nous déranger tout du long pendant l’acte…

Cette « sexualité de couple », de la fidélité, du bonheur dans les bras l’un de l’autre, c’est à mon avis la survivance moderne (et remise en question de façon assez marginale au sein du couple) du modèle de la famille chrétienne traditionnelle.
Mais ce que je reproche le plus au « devoir conjugal », c’est son aspect contraignant. Clair, d’ailleurs, qu’on n’est pas un vrai couple, une vraie union, si on baise pas ensemble. On ne peut pas être amoureux et vivre ensemble, sans partager ses désirs, bien sûr. Ça ne se conçoit pas.
Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus que les discours construisent la notion d’amour comme un Mythe, relisez bien ces deux dernières phrases, et gravez ces mots dans votre tête : « Ça ne se conçoit pas. »

(Dernière chose : les enfants. Considérations en mode utopique 😛 Comment penser les enfants dans un monde sans l’Amoûûr, et donc, sans couple ? Ma foi, pour éviter le sexisme, on peut rapeller que peu importe qui passe 9 mois à fabriquer le moutard (activité dont la nécessité ne me convainc pas plus que ça de nos jours), les deux parents doivent arrêter de travailler, les deux parents doivent s’occuper de lui et le prendre en charge financièrement.
En ce qui me concerne, dans un monde sans couples, je crois que les réseaux sociaux suffiraient à mettre en relation les gens de chaque sexe (encore que…) qui voudraient avoir un enfant, lesquels pourraient alors faire connaissance, voir s’ils s’entendent sur les questions d’éducation, se considèrent l’un et l’autre assez stables pour êtres liés durablement par un lien juridique qu’est la parenté, et paf ! ça fait des chocapic !)

Et puis merde, y’a quantité de choses à faire sans s’enticher de la première paire d’yeux venus ! Lire, bavarder, intellect, art, amitié, engagement, transformer son boulot en plaisir, se faire un jeu vidéo, sortir…
L’elfe demandait un jour si le Bonheur était dans l’assiette. Après avoir promis qu’elle chercherait à définir le Bonheur, elle a oublié l’affaire. Moi, je demanderai pour aujourd’hui : le Bonheur est-il vraiment dans le lit ?
En fait, la réponse à cette question, c’est oui…mais seulement parce que le seul bonheur qu’un être puisse espérer, c’est de ne plus être ! 😛

EDIT du 4/5/2012 : Je ne suis pas tout seul ! 😀 Une amie m’a envoyé un lien vers une interview anti-amur. Apparemment, y’a toute une culture célibataire out there. Un jour, je penserai à sortir de chez moi ^^