pour passer le temps…

J’en ai assez marre de lire, sur les blogs orientés sur le genre, que je peux fréquenter, ce terme :

auteurE

C’est moche ! Y’a rien à faire, tout hideux, déséquilibré, laid ou imprononçable, orthographié par une beuglante. Y’a rien à faire, c’est moche !
Et ça me fait d’autant plus mal au cœur de penser ça, qu’en soi, j’estime que le mot « auteur » a bien le droit d’être féminisé. Et oui, je dis bien « de bon droit » en parlant du mot.

Mais bon, maintenant que mon cœur s’est époumonné, passons à des arguments un peu plus rangés contre ce mot « auteurE »

MAJUSCULE : À moins que je ne me trompe, on n’écrit pas de majuscule en-dehors des cas suivant : nom propre, pemier mot d’un vers, premier mot d’une phrase (obligatoire après un point, facultative après un point d’exclamation ou d’interrogation), mot écrit en capitales, acronymes et autres sigles. En tout cas, jamais à la fin d’un mot en minuscules.
Il est notoire, surtout sur internet, qu’une personne qui utilise (abusivement) les majuscules en-dehors de cet usage est soit un kikoolol (cas de l’alternance majuscules-minuscules-ascii compris *), soit une victime du diabolique CAPS LOCK. Ce comportement est généralement perçu comme désagréable, puisque la capitalisation est assimilée à l’intensité de la voix. Mal placer ses majuscules dans un chat ou dans un forum, c’est blesser la politesse et la bienséance de ses lecteurs.
Autrement dit, écrire « auteurE » revient à hurler la dernière voyelle dans l’oreille de son interlocuteur. On peut avoir envie d’insister sur cette féminisation militante ; mais personnellement, j’apprécie assez peu qu’on me hurle quoi que ce soit dans l’oreille, même si le propos flatte mes désirs. Ce mot éveille tantôt plaisir, tantôt agacement, colère, énervement, malaise, doutes. À tout prendre, je ne l’aime pas.
*Si v0uS vOYez PAs De kWa jE pArLe, fILeZ sUr sKyRoCk TtT DE sUItE…

Du e prosodiquement compté : La critique sur les majuscules semble s’arrêter dès qu’on utilise « auteure » normalement, ou « auteur.e.s », « auteur(e)s » et autres variantes graphiques. Néanmoins, la capitalisation fréquente du E final joue encore un rôle en creux, et le souvenir irritant reste présent dans l’esprit du lecteur.
Le problème est celui de la prononciation de ce « e » final. Faut-il ajouter une syllabe, rallongeant artificiellement un mot perçu comme de deux syllabes ; ou faut-il prononcer ce mot comme « auteur » ?

Une distinction inaudible. En effet, le e muet a pour caractéristique de ne pas se prononcer depuis le dix-septième siècle ; sa présence dans les mots n’est plus perceptible, quand elle marque le genre, que par un certain dimorpisme graphique (« empereur/impératrice », « emmerdeur/emmerdeuse »). Et parce que « r » est déjà aussi sonore qu’une consonne, on ne peut pas « mouiller » la fin du mot.
Conséquence ? Il faut beugler le E pour qu’on sache qu’il est là.

Bref, en un mot, je lui préfère autrice. Ça, c’est un beau mot ! Élégant, harmonisé avec d’autres mots, descendant en ligne directe du latin autrix (ce qui a pour soi de nous offrir une chance de clouer le bec à l’Académie : les pédants aiment le latin), sporadiquement utilisé jusqu’à son enterrement par le patriarcat. Il a tout pour lui !

Conséquemment, auteurE étant hideux et autrice satisfaisant à cet égard, j’utilise autrice. Et je m’énerve gaiement quand je lis auteurE, sans culpabiliser de le trouver laid.

********

De la légitimité de la féminisation

Je profite de cette exposition de ma haine envers « auteurE » pour exprimer mes doutes face à la féminisation. Certes, il ne s’agit pas de reprendre les bêtes pseudo-oppositions de l’Académie Française sur l’empressement avec lequel on invente des flexions féminines plus ou moins maladroites (ceci dit, auteurE, je te hais !) ; c’est davantage une question de fond, sur ce que je veux, ce que j’attends du féminisme.
Face aux inégalités qui aboutissent à des horreurs telles que « Madame LE Ministre » ou » Madame LE Maire » ou « Madame LE Directeur » – ou même « Monsieur le Directeur » – il est à mon avis deux solutions :

  • Généraliser la flexion féminin/masculin des substantifs : c’est ce que le féminisme réclame actuellement
  • Supprimer cette flexion, et aller vers un neutre.

Songez tout de même qu’on a déjà supprimé les cas : on peut bien supprimer le féminin. Car au fond, quelle différence y a-t-il (et veut-on faire sentir) entre un auteur et une autrice ? Que ce ne soit que le sexe : qu’on ait un homme-auteur et un femme-auteur, ou un intersexué-auteur, ou un asexué-auteur.
Mais à mon avis, tant que les substantifs resteront marqués au fer rouge d’une flexion en genre, leur signification sera contaminée par leur genre (et les représentations associées). Ainsi, un religieux sera un moine en bure une religieuse sera une nonne, avec des vêtements, des règles, une éducation différentes ; un auteur restera plus légitime qu’une autrice ; alors qu’un religieux (c’est-à-dire un homme-religieux ou un femme-religieux, ou X-religieux, indifféremment) serait juste une occupation, ouverte à tous les individus, sans « distinction » (au sens même de vision) de sexe.

Ce que j’attends du féminisme, ce n’est pas un monde où Lafâme est l’égale de Lhôme. Car dans ce cas, quid des trans, des intersexués, des non-sexués possibles ou en puissance, des homos ou pansexuels ? Quid de ceux qui, tout en voulant être humains, ne veulent pas tout à fait correspondre à un des deux pôles, Lhôme ou Lafâme ; qui ne veulent pas de cette bipolarité pour les définir, les situer ? Quid de la liberté ? Je veux – c’est mon vrai désir – qu’il n’y ait plus ni hommes ni femmes. Et c’est en ça que je crois.
Alors certes, je comprends qu’on ait envie de célébrer les progrès de l’égalité, et certes, elle est souhaitable. Mais vouloir compter les points, vouloir voir ça comme une guerre d’un camp contre l’autre, c’est renforcer cette bipartition du monde.
Si je ne mets pas tout au masculin, comme il m’est arrivé de le faire dans cet article, c’est parce que je crains une chose : c’est en taisant, en refusant de reconnaître la différence de statut, qu’on pérénise cette différence. Autrement dit : si tout le monde parlait au neutre, le monde changerait-il ? Cette objection est assez importante pour que je n’ose pas trancher.

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Commentaires sur: "AuteurE et féminisation des substantifs" (7)

  1. Je suis d’accord avec Karine.
    Je développerais un peu l’idée que la déconstruction du genre vient de féministes. C’est selon moi, à notre époque et dans notre société bien sûr, un développement de la théorie féministe, l’on peut déconstruire le genre à partir du moment où l’on a déclaré comme égaux les deux pôles de notre société et que l’on a supprimé l’idée que l’homme est l’Un et la femme, l’Autre (pour reprendre l’analyse de Christine Delphy). Stratégiquement, il me semble plus important de supprimer cette fausse idée de neutralité, basée sur « le masculin l’emporte ».
    Plutôt que de chercher un neutre qui rassemble tout le monde, et qui ne fasse que créer une nouvelle norme, je trouverais plus judicieux d’encourager une créativité au sein de la langue et des genres, et justement de supprimer ces arguments académiques ; nos existences valent tout de même plus que des règles orthographiques et des « laideurs » abstraites (ben, oui, moi ça ne me choque pas du tout la majuscule à la fin d’auteurE…). Encourager la multiplicité des identités, la réappropriation des codes, cela me semble contraire à l’idée d’une neutralité qui rassemble tout le monde. La neutralité, c’est bien un concept abstrait et complètement idéaliste.

    • Incarner les identités dans la langue ? Bien ; mais si je ne veux être ni homme, ni femme, j’utilise quoi ?
      « Je me sens un peu fatigü aujourd’hui, la machine à laver de mo voisino m’a empêchéu de femer l’œil de la nuit »
      Ben oui, soyons créatifs, ça sera tout de suite plus compréhensible ; et ce qu’il y a de bien avec les règles d’accord telles qu’elles existent dans notre langue, c’est qu’elles laissent de la place pour d’autres genres que le masculin et le féminin !

      Tiens, et on pourrait aussi imaginer de marquer les identités raciales dans la langue. Non pas que ça ait la moindre importance, mais bon, voir un noir ne pas écrire « Pardon » au début de chacune de ses phrases, ça me fait aussi bizarre que de voir une femme accorder son participe passé comme un homme, ou un homme d’origine sri-lankaise ne pas marquer son ascendance en mettant deux majuscules au lieu d’une au début de ses phrases.
      Et tiens, indiquons aussi l’orientation sexuelle tant qu’on y est : une information comme ça, on comprend que ce soit utile. Ainsi, qu’un homme gay écrive penché, qu’une femme homo fasse des petits ronds sur les i, qu’un bi, un pan, un a sexuel…
      Dans tout ça, laissons le monde non marqué à l’homme blanc français normal…enfin, hétérosexuel.

      **

      Pardon pour cette marque d’ironie. En soi, je trouve ton idée de « créativité » intéressante et sympathique, mais « stratégiquement » comme tu dis, il ne faut pas oublier qu’une langue préfère se simplifier que de se complexifier. À titre d’exemple, on avait cinq (ou plutôt quatre) cas en latin, deux au Moyen-Âge, un seul maintenant (sauf pour les pronoms relatifs…lesquels tendent également à se simplifier dans l’usage oral !).
      Dès lors, supprimer les genres, ou les même « dégenrer », « désémantiser », me paraît plus simple que d’en inventer.

      Du rester, je veux juste préciser que si je trouve « auteurE » moche, c’est bien mon problème, et que c’est vraiment purement une affaire de goût. Si quelqu’un m’écrit « auteurE », je ne dirai pas que c’est une faute, loin de là. Mais j’utiliserai et recommanderai « autrice »

  2. J’ai toujours eu du mal avec la genrification des mots, étant donné que j’ai moi-même toujours été incapable de m’identifier à un genre (jusqu’à ce que le féminisme me permette de ressaisir mon histoire et me donne une bonne raison de parler de moi au féminin) alors je comprends un peu ce que tu dis. Mais, effacer le féminin, c’est précisément la politique actuelle. En effaçant le féminin, oui, c’est l’existence des femmes qu’on efface. Car les femmes existent, et les hommes, dans un monde où il existe une hiérarchisation et une domination des uns sur les unes. Et ça, tu le dis très bien : ce n’est pas en le passant sous silence qu’on va le faire disparaître. La féminisation des mots, c’est aussi pour les femmes un moyen de se ressaisir en tant que sujets, d’affirmer leur présence là où seuls les hommes sont légitimes à apparaître (« auteur » n’a pas de féminin, mais « infirmière » ou « prostituée » est toujours féminin…) et cesser avec le « masculin universel » qui fait des femmes les cas particuliers, c’est-à-dire qui fait du sexe biologique féminin un stigmate. Qui fait des femmes celles qu’on passe sous silence, dont l’existence compte moins. J’ai aussi compris que ma répugnance à parler de moi au féminin venait de ce que ce genre est connoté négativement et parqué dans quelque chose d’extrêmement réducteur. Tant qu’il le sera, cela rejaillira sur les femmes, d’où l’importance de se le réapproprier.
    Les mots, la grammaire ne sont pas neutres, ils véhiculent une idéologie.
    En réalité je crois que le problème, quand on dit « plutôt que de défendre les droits des femmes / de chercher l’égalité, il faut effacer les genres », c’est qu’on prend le problème à l’envers. Pourquoi les genres existent ? parce qu’il y a viriarcat, parce qu’il y a domination. Comme le dit Christine Delphy, diviser et hiérarchiser, c’est un seul et même acte. S’il y avait égalité, les genres ne serviraient plus à rien. C’est bien pourquoi ce sont des féministes qui ont inventé la déconstruction des genres…
    Alors je suis entièrement d’accord qu’on ne devrait pas avoir besoin a priori de préciser le genre dès qu’on parle de quelqu’un-e, mais je pense aussi que ça n’arrivera que quand les femmes seront réellement, totalement reconnues comme des êtres humains, et que pour ça il faut commencer par dénoncer l’injustice et affirmer notre existence dans tous les domaines. Ce n’est pas « pérenniser la différence » mais la dénoncer, car faire comme si elle n’existait pas, c’est effectivement le meilleur moyen de la reproduire, et d’en subir les effets.

    • Non, effacer le féminin, ce n’est pas la politique actuelle ; pas au sens où j’entends « effacer le féminin »
      Pour moi, effacer le féminin signifie bien : effacer le genre grammatical. Dire « Je suis joli » qu’on soit un homme ou une femme (ou bien « Je suis jolie », si on choisit de conserver la mouillure). Que la différence ne soit plus incarnée dans la langue. Or, en féministant les substantifs, on renforce cette opposition dans le lexique.
      Une autre solution consisterait à faire en sorte que l’utilisation d’un terme au masculin ou au féminin ne renseigne plus sur le sexe/genre de l’individu, mais seulement sur ses préférences phonétiques. Une sorte de variation esthétique, en somme.

      Après, qui suis-je pour m’opposer aux féministes qui réclament aussi leur identité féminine pour la mettre en avant ? Toutes les féministes ne désirent pas la fin de l’Homme et de la Femme ; beaucoup ne désirent que l’égalité (bien que personnellement, je ne croie pas qu’il puisse y avoir véritable égalité s’il y a différence). Dans cette perspective, le mouvement de féminisation des substantifs est très utile, et si je lui trouve des inconvénients à « long terme », je vois tout ce qu’il a d’utile également.

      • Quand je dis que c’est la politique actuelle, c’est dans le sens où l’on efface le féminin là où l’on pense que les femmes n’ont rien à faire (la féminisation de mots comme « auteur » étant l’œuvre de féministes, pas de l’idéologie dominante, et il y a une raison à ça : la langue française est extrêmement phallocentrée), et où l’on pratique le masculin comme « neutre universel » (cent femmes + un homme = accord au masculin). Mais oui, le fond de tout ça est de poser une Différence… qu’on ne peut plus nier sans tomber dans l’hypocrisie (la domination masculine n’existerait pas.) Effacer le féminin, ça revient à renforcer l’idée que les hommes sont les « sujets universels », seuls représentants dignes de l’humanité (parce que oui, le masculin est bien un masculin, il n’y a pas de neutre comme « troisième genre » dans notre langue, c’est bien tout le problème.) Du coup, il n’y a pas que les féministes essentialistes / différentialistes qui sont pour la féminisation de la langue. Les féministes matérialistes le pratiquent aussi. Personnellement je suis persuadée que la Différence homme/femme est une pure construction politique. Simplement, je pense que le chemin de mon émancipation passe par ma réappropriation du « féminin » pour proclamer mon droit à exister, oui, à égalité avec un homme. Pour dire que non, il n’est pas infamant d’être née avec des organes « féminins ». Parce que s’attaquer à l’inégalité, c’est s’attaquer à la Différence elle-même. (Je pense aussi que l’explosion des identités permet de faire tomber le vieux dualisme.)

  3. Chicken a dit:

    Salut!
    J’aime beaucoup ce que tu dis sur la féminisation des noms. Si ça t’intéresse et que tu ne l’as pas encore vu, tu peux jeter un coup d’oeil à l’article de l’Académie Française sur ce sujet -> http://www.academie-francaise.fr/actualites/feminisation-des-noms-de-metiers-fonctions-grades-et-titres

    • « analyse scientifique irréfutable » : – WTF ? Vous avez entendu parler de Karl Popper, les bananes croûlantes de l’Académie ?
      « On se gardera de même d’user de néologismes comme (…) autrice » – On voit tout de suite que l’Académie maîtrise son sujet.

      Mais même si leur conclusion s’approche de mes réflexions, ils ne développent pas du tout les mêmes arguments. Dans l’ensemble, je n’aime pas l’Académie ; c’est quand même ele qui fut, comme elle ne manque pas de le rappeler, le fer de lance de la politique normative du tyran Louis XIV.

      – « [Cela révèle] sans doute que, dans l’esprit de certains, le masculin est devenu un genre marqué au même titre que le féminin, et ne peut plus désigner que des personnes de sexe masculin. »
      Dans l’esprit de certains versus d’après l’Académie. C’est à mon sens le plus gros défaut d’une institution normative, qui en tant que partie, n’a aucune légitimité pour trancher sur les questions de langue. Elle est, par essence, conservatrice, rétrograde, étymologisante : elle ne peut être qu’une voix, et non une autorité, dans les débats de langue. Et en tant que telle, elle doit s’en souvenir : son avis, ce n’est jamais non plus, que l’esprit d’autres.

      – De là, affirmer que le masculin est un neutre car il l’emporte, c’est loin d’être tenable. Et pourtant, c’est le cœur de l’argumentation.
      Avant d’affirmer une telle chose, il vaudrait vérifier qu’historiquement, cet usage (« les électeurs » signifiant : « CEUX ET CELLES qui élisent », par exemple) n’est pas le produit d’une société patriarcale, où les femmes, non seulement invisibles, n’ont pas d’occupations professionnelles valorisées. Quelque chose me dit quepour peu qu’ils aient songé à essayer, ils n’ont pas réussi à le prouver.
      Et de toute façon, tant qu’un homme devra dire « On m’a surpris » et une femme « On m’a surprise », genre grammatical et social seront étroitement liés, et le soi-disant « neutre masculin » ne sera qu’un mensonge.

      – « la Commission générale de terminologie et de néologie (…) avait remis à celui-ci un rapport dans lequel elle déconseillait formellement la féminisation des noms de titres, grades et fonctions, par distinction avec les noms de métiers, dont le féminin découle de l’usage même » – WTF N°2 ! Déjà, qui est cette commission, qui en est membre (combien de femmes ou de linguistes féministes en 1984 ?), et surtout, sur quelle base distingue-t-elle les titres des métiers (des fois que compte/comptesse, marquis/marquise, président/présidente n’existeraient pas de même que les « noms de métiers découlant de l’usage »)

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