pour passer le temps…

« Nazi Germany had a good thing going in that regards. Forget freedom, we want structure ! »
Un commentaire

Un seul mot : beûrk.

« IDEAS WORTH SPREADING » ? Sans rire !

Pour ne pas faire celui qui se contente de partager, je vais quand même citer un peu :
« So people think I’m being unkind to this kid. No, we’re having a little fun. And the thing about it, I’ve done this for years, the younger they are, the more fun it is.
When I get six- and seven-year-olds in a group, I have to figure out how to keep them quiet. You know that they’ll always start yakking. And so I play a little game with them before I make them stand at attention.
I say, « Now listen. In the army, when we want you to pay attention, we have a command. It’s called ‘at ease.’ It means everybody be quiet and pay attention. Listen up. Do you understand? »
« Uh-huh, uh-huh, uh-huh. » « Let’s practice. Everybody start chatting. » And I let them go for about 10 seconds, then I go, « At ease! »
« Huh! » (Laughter)
« Yes, General. Yes, General. »
Try it with your kids. See if it works. » I don’t think so !
C’est beau, quand même, cette Amérique qui apprend aux enfants, à travers le jeu, que l’armée et son système hiérarchique rigide, degré suprême de l’aliénation de sa propre liberté, de sa propre volonté, c’est quelque chose de rigolo ! Vive les jeunesses américaines !

« But you’d be amazed at what you can do with them once you put them in that structure. In 18 weeks, they have a skill. They are mature. And you know what, they come to admire the drill sergeant and they never forget the drill sergeant. They come to respect him. And so we need more of this kind of structure and respect in the lives of our children. »
Ce jeu d’enfants devient un système d’adultes, il fallait s’y attendre. On prend un homme, on lui martèle dans le crâne qu’il est nul et informe et doit devenir un être plus fort, un vrai mec, avec des couilles en acier et un cœur…non, pas de cœur, pas de vie, une machine, ça vaut mieux. On le force à s’humilier comme de la merde sous les beuglantes d’un beugleur professionnel, on lui ôte le contrôle de son propre corps, l’exercice de sa libre parole (réduite à 3 mots : « Yessir Nosir Noexcusesir »), de son esprit…
Et quand il ressemble à ce qu’on veut, à tel point que sa volonté même est aliénée, et qu’il en vient à aimer le carcan dans lequel on l’a enfermé, on appelle cela : du respect. Car oui, un esprit brisé et soumis peut ressentir du respect !
Conclusion : brisons les esprits de tous nos enfants. Ça les rendra efficaces. Mais qu’est-ce qu’on veut faire d’eux, au juste ?

« [The learning process] begins the first time a child in a mother’s arms looks up at the mother and says, « Oh, this must be my mother. (…) It’s her language I will learn. » And at that moment they shut out all the other languages that they could be learning at that age, but by three months, that’s her. »
Il est sûr de lui, là ?

« And we are having difficulties in so many of our communities and so many of our schools where kids are coming to first grade and their eyes are blazing, they’ve got their little knapsack on and they’re ready to go »
Vraiment ? Ce serait pas un poil idéalisé, comme peinture du premier jour d’école ?
« and then they realize they’re not like the other first graders who know books, have been read to, can do their alphabet. »
Mais dans quelle maternelle il est allé, lui ?
« And by the third grade, the kids who didn’t have that structure and minding in the beginning start to realize they’re behind, and what do they do? They act it out. They act it out, and they’re on their way to jail or they’re on their way to being dropouts. It’s predictable. »
Comme il y va, là ! N’importe quel enseignant te dira un grand nombre de cas surprenants où il a observé des changements de parcours, des renversements inattendus, un changement personnel face à l’institution scolaire ! Mais bon, monsieur est général, pas éducateur de mômes…

« So, I tell young people everywhere, it ain’t where you start in life, it’s what you do with life that determines where you end up in life, and you are blessed to be living in a country that, no matter where you start, you have opportunities so long as you believe in yourself, you believe in the society and the country, and you believe that you can self-improve and educate yourself as you go along. And that’s the key to success. »
Et que se passera-t-il le jour où ils apprendront que l’ascenseur social de leur glorious society est en panne ? Je déteste l’American Dream
Est-ce vraiment là le success qu’il convient de faire espérer aux gens ?

Je vous épargne l’extase religieuse sur our amazing nation, which touches every nation, oh Lord, it amazes me every time I lead my eyes to look at it !

*****************************************************

Ce qu’il y a d’étrange, dans cette affirmation que les enfants ont besoin de cadres, voire les demandent, c’est qu’elle m’a également été dite par un enseignant (qui n’a pas été général, mais a fait l’armée, âge oblige).

En fait, pour un prof de collège, veiler à ce qu’une classe fonctionne à peu près autour de l’apprentissage, ce n’est pas facile. Car certes, les gamins ont envie d’apprendre, mais certains, depuis plusieurs années déjà, réagissent très mal aux cadres, contraintes, jugements, de l’institution scolaire.
En outre, de plus en plus, les gamins développent une vie complexe, des relations, une sous-culture propre « à côté » de l’école, quelque chose qui soit de leur génération (dans les deux sens du terme), leur forge une identité, les définisse en tant que groupe. Et c’est bien nécessaire : on leur a toujours dit « Vous êtes un groupe, vous êtes les enfants, nous sommes les adultes / nous sommes les plus grands, les plus petits veulent ressembler aux plus grands parce que les plus grands ont plus de savoir, plus de pouvoir, plus de maturité (quoique ce mot puisse bien vouloir signifier…) », il est temps qu’ils s’approprient à leur avantage ces idées-là, qu’ils aient à leur tour leurs mystères, que les adultes sont trop grands pour connaître.

Le professeur doit donc instaurer une différence entre le « temps social », séculaire, mondain ; et le temps de l’apprentissage, la classe, où on écoute le prêcheur, intermédiaire entre eux et le Savoir (ou, selon quelques théologiens récents, le « guide », qui va éclairer leur relation intime avec le Savoir, leur montrer et leur faire arpenter le chemin, les accompagner en les poussants à devenir leurs propres maîtres, dans la paix du Savoir).
Cet autre temps, ce « temps de la classe », le prof doit l’instituer via tout un tas de petits rituels, pour lui permettre d’obtenir le pouvoir de faire régner la volonté de l’École au sein de son école.

Ayant grandi avec ces cadres, ces structures, les enfants y sont habitués. Ils connaissent cet environnement. Ils savent apprendre là-dedans.
Par contre, lachez-les, vous le verrez : ils ne sont pas autonomes. Parce qu’on les a privés d’autonomie. Parce qu’on a voulu s’assurer de ce qu’ils devaient connaître. Et quand ils n’ont pas ces cadres, ils sont perdus, tout devient un peu inintelligible, le temps social est mêlé au temps de la classe : ce n’est pas normal, c’est inconnu, c’est mal rangé, c’est dérangeant. Ils n’aiment pas.
Pas étonnant, dans ces conditions, que les enfants réels réclament des structures. Mais en ont-ils besoin ?

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Commentaires sur: "« They NEED structure. I said. »" (1)

  1. Karine a dit:

    Quelle horreur!

    ça me rappelle quelque chose, cette histoire de « cadres » qu’on nous impose et dont ensuite, effectivement, on ne peut plus se passer ; dans l’université où je suis (enfin dans certaines filières seulement), on a une relative « liberté » dans le choix des cours, en gros il n’y a pas de cours de niveau : les L1, L2 et L3 ont accès aux mêmes cours, et peuvent donc choisir en fonction de ce qui les intéresse le plus. Eh bien, un jour, un prof demande aux étudiant-es : « qu’est-ce que vous en pensez de ça, vous trouvez ça bien ou ça pose problème quand même? » (bon il attendait clairement des plaintes). Un étudiant prend la parole et répond (je regrette de pas avoir enregistré tellement c’était mythique, mais je retranscris au mieux) : « ben moi je me sens perdu, avant on nous disait où aller, quoi faire, il suffisait d’apprendre telle chose et hop, on passait un niveau, c’était clair, on savait où on en était, et maintenant… comment on fait pour choisir?? je veux dire, il y a tellement de choses, je ne sais pas où aller, c’est terrible, je pense qu’on devrait être un peu mieux ENCADRES quand même! »
    J’étais soufflée.
    Je veux dire, pouvoir choisir entre un peu plus de cours différents, c’est pas si révolutionnaire que ça, faut pas déconner. Ben même ça, ça déstabilise tellement les étudiants qu’ils viennent râler que leur chaîne est trop longue!
    Tout cela pour dire, oui, le système scolaire prive de toute autonomie et c’est assez désastreux.

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