pour passer le temps…

  1. Manger de la viande, est-ce nécessaire ?
  2. Manger de la viande, est-ce bénéfique/utile pour l’être humain ?
  3. Manger de la viande, est-ce potentiellement nocif pour quelqu’un ?

1.

Pour répondre « Oui, manger de la viande, c’est nécessaire » à quelqu’un qui, visiblement, vit, et sans manger de la viande, c’est inimaginablement stupide.

Respirer (au niveau cellulaire, s’entend), c’est nécessaire. L’eau, c’est nécessaire. Évacuer les déchets organiques, c’est nécessaire.
Manger de la viande, non.

Partant de ce constat, la consommation de viande étant facultative, elle devient, comme toute chose non-nécessaire, c’est-à-dire remplaçable, objet d’éthique.

2.

Demander si la viande est utile à l’être humain avant de demander si elle est juste, ça fait pas très antispéciste comme manière de procéder. Toutefois, c’est par ce raisonnement que toute personne non-antispéciste est amenée à considérer la question du bien-être des animaux, et, par extension, du spécisme.
Le fait est que la frontière entre « strictement nécessaire » et « fortement utile » est parfois floue. Ainsi, pour vivre, il n’est pas « nécessaire » d’avoir 2 reins, ou un cerveau en état de marche, ou un corps capable de se mouvoir. Il n’en reste pas moins que c’est fortement utile. De même, il n’est pas nécessaire, pour vivre, d’avoir un environnement à radioactivité normale ; néanmoins, c’est préférable, dans la mesure où ça peut augmenter la durée de vie de plusieurs décennies.

C’est là-dessus, en vérité, que porte souvent le débat. Mais avant de nous lancer là-dedans, afin de bien percevoir les enjeux de la question, formulons deux hypothèses :

Soit la consommation de viande est utile (que ce soit sur le plan nutritionnel, économique et social, écologique,…), soit elle ne l’est pas.

Dans le premier cas, le débat peut ou non continuer selon le degré d’utilité de la viande. En effet, s’il s’agit de trouver facilement des nutriments, que l’on pourrait remplacer, disons, à un coût économique légèrement supérieur, la question morale conserve toute son importance ; en revanche, si vivre sans viande implique d’avoir une espérance de vie à la naissance de 35 ans ou moins, le problème est plus complexe.

L’avis des végétariens est, le plus souvent, que la viande n’est pas utile. Considérons ce cas de figure.

3.

Pour les animaux, être privés de leur liberté, exécutés (dans la souffrance, et même, dans le monde des bisounours où vivent nos omnivores occidentaux, sans souffrance) à une date déterminée avant leur naissance, traqués, piégés, pêchés (alors qu’ils sentent la douleur comme nous), gavés, traités comme des vaches à lait, entassés dans des cages trop petites, dopés aux hormones de croissance, amputés douloureusement de becs/oreilles/cornes/queues – toutes les conditions de l’élevage industriel, et autres composantes intrinsèque à l’élevage – ; ce n’est certainement pas un bien. C’est même, fort probablement, un mal.
À quoi s’ajoutent les 18,5% de gaz à effets de serre dûs à l’élevage (chiffres de la FAO), le gaspillage net des ressources en eau et terres arables, les taux plus élevés d’hostéoporose, de cancers, de maladies cardio-vasculaires, d’AVC, de fractures du bassin,..

RÉSUMÉ

  1. Manger de la viande, ce n’est pas nécessaire.
  2. Hypothèse : manger de la viande n’est en rien bénéfique pour l’être humain.
  3. Manger de la viande, c’est probablement mal pour les animaux.

***************************************

Le point de débat récurrent, c’est le second problème.

Initiation à un peu d’antispécisme

Déjà, nous noterons sa pertinence relative. En effet, est-il logique que l’intérêt des humains soit considéré avant celui des animaux ? Beaucoup de gens répondront oui. L’intérêt mineur des humains serait donc une raison suffisante pour sacrifier sans mesure l’intérêt ultime des animaux ? La question est : pourquoi ?
Supériorité ? Langage ? Intelligence ? Conscience (comme si les animaux, sous prétexte qu’ils ne parlent pas, n’étaient pas conscients) ? Capacité à produire de l’Art (ne riez pas, on me l’a sortie comme motif de meurtre d’animaux) ? Le rire ? Les latrines ? Le savon ?
Toute raison apparaît superbement insignifiante devant la Mort, sauf une seule : l’Âme.
Ma foi, si j’avais une âme immortelle, je ne vois pas pourquoi les autres n’en auraient pas.

De l’intérêt de la viande.

Intérêt nutritionnel ?
La viande, c’est des protéines, du fer, des acides gras saturés (avec du bon choléstérol dedans) et des toxines cancérigènes. Pas beaucoup de vitamines.
Tout ceci est aisément remplaçable par des sources végétales ou bactériennes. Et quand je dis « aisément », j’entends des règles pas plus compliquées que « Deux portions de viande par semaine maximum », « Un verre de vin par jour, c’est bon pour la santé », « Pensez à manger des lentilles de temps en temps ». Même plus simples que « Pensez à ne pas manger trop salé », faut pas demander !
De nombreux conseils sont dispensés sur le site de l’Association Végétarienne de France ; mais il faut aussi savoir que de nombreux médecins non-végétariens prennent prosition pour ce régime.

Valeur magique de la viande
Histoire de se faire de vrais muscles. De ne pas être un végétarien pâle et maigre et faiblichon, qui se casse la jambe et boude tout le temps. D’être viril, d’avoir de la libido. De profiter de la vie, d’avoir du goût, de la consistance dans la bouche. N’est-ce pas ?
La viande, c’est un aliment qui a un goût, une texture, une cuisson. Et beaucoup de propriétés magiques. On ne le sent jamais mieux que quand on devient végétarien : il existe un véritable culte de ce produit.

Je vais vous raconter une histoire. Une histoire qui date de ce Noël.
Après plusieurs heures de route de montagne (je suis malade en voiture), on arrive à destination. Curieux, j’essaye de me bricoler des petits toasts aux pois chiches, avec du basilic, du poivre noir et de l’huile d’olive.
Le basilic n’a pas beaucoup de goût. Qu’à cela ne tienne, j’en mets la blinde.
Toute la soirée, c’est huitres, morceaux d’animaux, odeurs de mort, gâteaux.
Le lendemain, je suis malade. Ma première indigestion depuis plus d’un an que je suis végétalien (si l’on excepte les troubles digestifs de la période de transition, où j’y étais allé à la brutale). Je suppose que si le basilic n’avait pas beaucoup de goût, c’est que la maison n’y avait pas touché depuis quelques années, et qu’il était un peu périmé.
Savez-vous ce qu’on m’a dit ?
« Ah ben en même temps, si tu mangeais comme tout le monde… »
Medames, Messieurs !
La viande protège des maladies ! La viande protège des maux de ventre ! Vive la viande, tuons la Bête ! La viande est votre amie ! La viande participe à la chaleur de Noël, surtout pour les dindes ! La viande vous guérit ! La viande protège des indigestions ! Jamais vous ne digérerez mal vos excès de viande avariée ! La viande est votre amie ! La viande est conviviale ! La viande est votre meilleure amie ! La viande, c’est vivre ! Mmmmmmmmhhhh – Herta
Et merde.

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