pour passer le temps…

Archives de janvier, 2013

« They NEED structure. I said. »

« Nazi Germany had a good thing going in that regards. Forget freedom, we want structure ! »
Un commentaire

Un seul mot : beûrk.

« IDEAS WORTH SPREADING » ? Sans rire !

Pour ne pas faire celui qui se contente de partager, je vais quand même citer un peu :
« So people think I’m being unkind to this kid. No, we’re having a little fun. And the thing about it, I’ve done this for years, the younger they are, the more fun it is.
When I get six- and seven-year-olds in a group, I have to figure out how to keep them quiet. You know that they’ll always start yakking. And so I play a little game with them before I make them stand at attention.
I say, « Now listen. In the army, when we want you to pay attention, we have a command. It’s called ‘at ease.’ It means everybody be quiet and pay attention. Listen up. Do you understand? »
« Uh-huh, uh-huh, uh-huh. » « Let’s practice. Everybody start chatting. » And I let them go for about 10 seconds, then I go, « At ease! »
« Huh! » (Laughter)
« Yes, General. Yes, General. »
Try it with your kids. See if it works. » I don’t think so !
C’est beau, quand même, cette Amérique qui apprend aux enfants, à travers le jeu, que l’armée et son système hiérarchique rigide, degré suprême de l’aliénation de sa propre liberté, de sa propre volonté, c’est quelque chose de rigolo ! Vive les jeunesses américaines !

« But you’d be amazed at what you can do with them once you put them in that structure. In 18 weeks, they have a skill. They are mature. And you know what, they come to admire the drill sergeant and they never forget the drill sergeant. They come to respect him. And so we need more of this kind of structure and respect in the lives of our children. »
Ce jeu d’enfants devient un système d’adultes, il fallait s’y attendre. On prend un homme, on lui martèle dans le crâne qu’il est nul et informe et doit devenir un être plus fort, un vrai mec, avec des couilles en acier et un cœur…non, pas de cœur, pas de vie, une machine, ça vaut mieux. On le force à s’humilier comme de la merde sous les beuglantes d’un beugleur professionnel, on lui ôte le contrôle de son propre corps, l’exercice de sa libre parole (réduite à 3 mots : « Yessir Nosir Noexcusesir »), de son esprit…
Et quand il ressemble à ce qu’on veut, à tel point que sa volonté même est aliénée, et qu’il en vient à aimer le carcan dans lequel on l’a enfermé, on appelle cela : du respect. Car oui, un esprit brisé et soumis peut ressentir du respect !
Conclusion : brisons les esprits de tous nos enfants. Ça les rendra efficaces. Mais qu’est-ce qu’on veut faire d’eux, au juste ?

« [The learning process] begins the first time a child in a mother’s arms looks up at the mother and says, « Oh, this must be my mother. (…) It’s her language I will learn. » And at that moment they shut out all the other languages that they could be learning at that age, but by three months, that’s her. »
Il est sûr de lui, là ?

« And we are having difficulties in so many of our communities and so many of our schools where kids are coming to first grade and their eyes are blazing, they’ve got their little knapsack on and they’re ready to go »
Vraiment ? Ce serait pas un poil idéalisé, comme peinture du premier jour d’école ?
« and then they realize they’re not like the other first graders who know books, have been read to, can do their alphabet. »
Mais dans quelle maternelle il est allé, lui ?
« And by the third grade, the kids who didn’t have that structure and minding in the beginning start to realize they’re behind, and what do they do? They act it out. They act it out, and they’re on their way to jail or they’re on their way to being dropouts. It’s predictable. »
Comme il y va, là ! N’importe quel enseignant te dira un grand nombre de cas surprenants où il a observé des changements de parcours, des renversements inattendus, un changement personnel face à l’institution scolaire ! Mais bon, monsieur est général, pas éducateur de mômes…

« So, I tell young people everywhere, it ain’t where you start in life, it’s what you do with life that determines where you end up in life, and you are blessed to be living in a country that, no matter where you start, you have opportunities so long as you believe in yourself, you believe in the society and the country, and you believe that you can self-improve and educate yourself as you go along. And that’s the key to success. »
Et que se passera-t-il le jour où ils apprendront que l’ascenseur social de leur glorious society est en panne ? Je déteste l’American Dream
Est-ce vraiment là le success qu’il convient de faire espérer aux gens ?

Je vous épargne l’extase religieuse sur our amazing nation, which touches every nation, oh Lord, it amazes me every time I lead my eyes to look at it !

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Ce qu’il y a d’étrange, dans cette affirmation que les enfants ont besoin de cadres, voire les demandent, c’est qu’elle m’a également été dite par un enseignant (qui n’a pas été général, mais a fait l’armée, âge oblige).

En fait, pour un prof de collège, veiler à ce qu’une classe fonctionne à peu près autour de l’apprentissage, ce n’est pas facile. Car certes, les gamins ont envie d’apprendre, mais certains, depuis plusieurs années déjà, réagissent très mal aux cadres, contraintes, jugements, de l’institution scolaire.
En outre, de plus en plus, les gamins développent une vie complexe, des relations, une sous-culture propre « à côté » de l’école, quelque chose qui soit de leur génération (dans les deux sens du terme), leur forge une identité, les définisse en tant que groupe. Et c’est bien nécessaire : on leur a toujours dit « Vous êtes un groupe, vous êtes les enfants, nous sommes les adultes / nous sommes les plus grands, les plus petits veulent ressembler aux plus grands parce que les plus grands ont plus de savoir, plus de pouvoir, plus de maturité (quoique ce mot puisse bien vouloir signifier…) », il est temps qu’ils s’approprient à leur avantage ces idées-là, qu’ils aient à leur tour leurs mystères, que les adultes sont trop grands pour connaître.

Le professeur doit donc instaurer une différence entre le « temps social », séculaire, mondain ; et le temps de l’apprentissage, la classe, où on écoute le prêcheur, intermédiaire entre eux et le Savoir (ou, selon quelques théologiens récents, le « guide », qui va éclairer leur relation intime avec le Savoir, leur montrer et leur faire arpenter le chemin, les accompagner en les poussants à devenir leurs propres maîtres, dans la paix du Savoir).
Cet autre temps, ce « temps de la classe », le prof doit l’instituer via tout un tas de petits rituels, pour lui permettre d’obtenir le pouvoir de faire régner la volonté de l’École au sein de son école.

Ayant grandi avec ces cadres, ces structures, les enfants y sont habitués. Ils connaissent cet environnement. Ils savent apprendre là-dedans.
Par contre, lachez-les, vous le verrez : ils ne sont pas autonomes. Parce qu’on les a privés d’autonomie. Parce qu’on a voulu s’assurer de ce qu’ils devaient connaître. Et quand ils n’ont pas ces cadres, ils sont perdus, tout devient un peu inintelligible, le temps social est mêlé au temps de la classe : ce n’est pas normal, c’est inconnu, c’est mal rangé, c’est dérangeant. Ils n’aiment pas.
Pas étonnant, dans ces conditions, que les enfants réels réclament des structures. Mais en ont-ils besoin ?

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Copyright 3 – Tout travail mérite salaire

On nous dit que tout travail mérite salaire.
Que l’État veille donc au paiement des tueurs à gage !

Si l’État s’y refuse, quand il ne cesse d’affirmer qu’inconditionnellement, une activité considérée comme un « travail » « mérite » une rénumération régulière définie par un contrat, alors de deux choses l’une :

  • ou bien : tout travail considéré comme légitime mérite un salaire ;
  • ou bien : cette phrase se base sur des présupposés idéologiques afin de se faire passer pour une évidence, de façon à paraître un argument indéniable.

Vous aurez remarqué que, dans les deux cas, l’État nous prend pour des cons.

Salaire
Mérite
Les artistes
Conclusion

Salaire

Salariat
Si tout travail mérite salaire, alors tout travail mérite le salariat.
Le salariat, cet esclavage moderne. Une condition qui se compose de deux choses : la subsistance, et, depuis peu, le surplus.

  • La subsistance : une aliénation nécessaire à la survie : pour boire, manger, avoir accès à un logement, à des soins médicaux – bref, conserver son intégrité physique – il faut travailler. « Gagner sa vie » – ce qui signifie que la vie n’est pas un droit, mais un « mérite », voire une « chance »…
  • Le surplus : une aliénation qui fait de vous un acteur économique particulier : le consommateur. Manipulé, s’encombrant de choses dont il n’a pas besoin, d’objets qui l’empêchent de vivre ; tel est la condition des peuples des pays développés. Je suppose que mon lectorat n’a pas besoin que je revienne en détail sur l’anti-consumérisme.

Est-ce vraiment une récompense enviable ?

Récompense
On peut aussi comprendre le « salaire » comme un gain économique non salarial. Mais même là, est-ce vraiment ce que le travail devrait faire gagner ?
Peut-être ne devrait-on plus avoir à travailler pour survivre. Ces derniers siècles, une idée nouvelle est apparue : que le travail pouvait être source de plaisir, d’épanouissement personnel, de bien-être individuel et collectif. Pourtant, le travail est toujours obligatoire, nécessaire, inévitable et aliénant. Subi, et on est censés le désirer ? C’est du foutage de gueule. Du bourrage de crâne idéologique. Du taylorisme de bas étage.
Si vous croyiez un tant soit peu en cette idée que le travail est bénéfique à la personne qui travaille, vous n’imagineriez même pas le salaire comme un bienfait ou une nécessité.
La récompense et le moteur de tout travail, ce doit être le plaisir. Ce doit être le bonheur. L’épanouissement personnel. L’espoir d’être utile aux autres, individus ou communauté. La rencontre. La création. L’amélioration vers un monde meilleur. Tout travail qui n’est pas motivé ou récompensé par cela, je n’ai aucune envie de le subventionner !

Le salaire est une aliénation économique qui nuit à la liberté de l’individu, et à sa conception du travail ; dans une société idéale, le salariat ne saurait exister. Le salaire est une sanction nocive du travail.

Mérite

Mériter, c’est vite dit. Il ne faut pas confondre conséquence usuelle et droit moral.

« Je mérite »
La méritocratie, déjà…Qu’est-ce que le mérite d’un individu ? Sa réussite ? Sa détermination ? Son travail ? Ses facultés naturelles ? Sa soumission, son intégration réussie à une institution, ou à un groupe ? Les valeurs dont l’a doté son groupe d’origine sociale ? Son esprit d’analyse ?
Peut-on « mériter » l’échec ? « Mériter » la souffrance ? « Mériter » de perdre un bras, parce qu’on a imité ses amis en se droguant ? « Mériter » d’être violée, parce qu’on s’est habillée léger, et qu’on est née femme ? « Mériter » un moins bon travail, parce qu’on est né dans une classe moins privilégiée ? « Mériter » une insulte ? « Mériter » le racisme ?
Tout ceci, il faut l’admettre, si on suppose qu’on peut « mériter » la réussite, la santé, la sécurité, le bonheur, le respect. À moins que le mérite soit seulement ce à quoi j’ai droit par essence, par droit naturel, par contrat social. Auquel cas, il me semble avoir déjà montré que personne ne mérite une condition aussi peu enviable que le salariat.

Mérite et jugement de valeur
« X mérite Y. »
Cet énoncé ne décrit pas une définition, une conséquence, une cause, une nécessité, une possibilité, une construction intellectuelle {propriété intrinsèque, classement catégoriel}. La relation qu’il établit entre X et Y est d’un genre tout particulier, qu’il est nécessaire de mettre en avant.

  • Si X est un bien, Y est toujours un bien. (Toute vie mérite d’être sauvée.)
  • Si X est un mal, Y est toujours un mal. (Tout meurtre mérite la mort.)

[Des phrases comme « Tout criminel mérite jugement » sont plus ambigües : en réalité, « mérite » n’exprime pas ici une idée de mérite intrinsèque, mais de droit. Pour dire simplement, ce n’est pas vraiment qu’il mérite un jugement parce qu’il est criminel, c’est plutôt qu’il y a droit parce qu’il appartient à la catégorie des hommes. Aussi, j’excluerai ce type de relations, où la notion de « mérite » n’est plus vraiment en question.]
Dire d’une chose qu’elle en mérite une autre, c’est avant tout juger de l’éthique d’une chose, et de l’autre. Cela marche pour les actes, les comportements, les auteurs de ces actes ou comportements, les idées, les discours, les systèmes politiques, les idéologies…
Tout jugement d’ordre éthique est nécessairement inscrit dans un système axiologique relatif au cadre culturel, ou à la classe de celui qui l’énonce. Nous avons ici un énoncé idéologiquement situé, qui tente de se faire passer pour une vérité universelle, mathématique.

Pourquoi « tente de se faire passer pour une vérité mathématique » ? Ma foi, par la forme ; mais en réalité, bien plus : pour une évidence. J’en veux pour preuve le lien conceptuel récurrent entre X et Y. Conséquence [fréquente] (Tout travail mérite salaire, Les drogués méritent leur dépendance, Il mérite ce qui lui arrive), lien sémantique prononcé (Tout meurtre mérite la mort, Tout délit mérite une punition, Celui qui cuisine mérite de manger), voire les deux (dans notre contexte culturel : Toute femme mérite d’être aimée (sic))

Les artistes

Dans le cas qui nous intéresse, l’énoncé « Tout travail mérite salaire », deux choses sont supposées : que le salaire est un bien, et que le travail (en particulier, le travail des artistes) est un bien, que l’État doit garantir, protéger.
QUI a dit que le travail des artistes était un bien, et POURQUOI ?

Le Bien Public et l’État
La première chose qu’il faudra remarquer, c’est que le seul bien que l’État soit habilité à garantir est le bien commun. Le bien public. Ici, la majorité de la population est en désaccord avec les politiques gouvernementales sur le copyright, et pas seulement parce que leur intérêt est directement concerné, mais aussi : parce qu’elles nuisent à la neutralité du net, parce qu’elles ne favorisent pas les artistes qui en ont besoin mais les grandes maisons d’édition, parce qu’elles défendent un modèle économique dépassé basé sur une distribution régulée de biens immatériels. Il convient donc de se demander si le gouvernement protège vraiment le bien commun.

Le Progrès
Les artistes sont censés mettre en avant une forme de Progrès moral depuis les Lumières. Notamment une forme de progrès moral à l’encontre du pouvoir en place. Les subventionner officiellement me paraît d’emblée discutable, si l’on veut instaurer un débat fertile qui illumine la population, quand l’intérêt de l’autorité légitime est la manipulation idéologique du peuple.
En outre, la notion de « progrès moral », en vogue aux XVIIIème et XIXème siècle, est datée (le relativisme a fait des merveilles, au XXème siècle) – aussi les lois qui s’appuient un tant soit peu dessus devraient être revues.
Enfin, contrairement aux écrivains du XIXème siècle, les artistes de nos jours ne sont plus habilités à créer du savoir et de la réflexion, mais au mieux, à célébrer les idées des autres (sociologues, scientifiques, journalistes) tout autant que l’obscurantisme (écoutez un peu de techno, vous perdrez mille neurones par seconde, na !)

Le nouveau
L’autre caractéristique attribuée à la Création Artistique est l’innovation. La « nouvelle » esthétique, – l’originalité, l’expression de l’être, la célébration humaniste de l’âme humaine. Cette « nouvelle » esthétique a bien vieilli depuis le XIXème siècle, et le « poète inspiré » n’est plus qu’un mythe vieillot bon à enflammer les vieux débris romantiques. Ceux-là mêmes qui ne supportaient pas la sécheresse des générations précédentes furent décrits comme de « vieux squelettes » par Rimbaud, et ainsi de suite.
Cette prétendue « originalité » d’un artiste n’est que la rupture adolescente d’un courant esthétique avec son prédécesseur direct. « La vérité est que la querelle des Anciens et des Modernes est permanente. » (François le Lionnais, LA LIPO) Un roulement de la mode, qui se fera avec ou sans salaire – car comme la mode, il suffit à occuper ceux qui s’en piquent.

L’Art pour l’Art
« Travaillez pour la gloire, et qu’un sordide gain
Ne soit jamais l’objet d’un illustre écrivain. » – Boileau (que j’aime pas)
Il ne saurait y avoir d’art qui ne soit pas pour l’art.
Un vrai travail n’est pas travail alimentaire.


(Que proposes-tu alors ? Ma foi, un mélange entre le don spontanné, et les subventions étatiques.)

Tout travail mérite salaire.
Voilà comment on justifie le
Le copyright ©

Copyright 2

Webgobbler _ flife
F Life, créé par sebsauvage avec son programme d’art génératif, webgobbler [le titre est de moi].

KyleLandry (+, +, +, +, +, +, +, +,…), Taylor Davis (+, +), Lara6683 (+), Lindsey Stirling (+, +), Albert Chang (+), Zorsy (+), etc, etc, etc
Et les détournements « musicaux ».
Et les let’s play, qui sont tout un art.

Il se trouve que de nos jours, tout le monde utilise des images en provenance de n’importe où sur le web, sans en vérifier les droits. Et de fait, les vérifier, c’est anti-productif.

Un mot contre ça ?

Le copyright ©

Copyright 1

« Tout texte est un intertexte ; d’autres textes sont présents en lui, à des niveaux varibales. L’intertextualité, condition de tout texte, quel qu’il soit, est un champ général de formules anonymes, de citations inconscientes ou automatiques données sans guillemets – selon une dissémination par le langage, qui assure au texte le statut non d’une reproduction, mais d’une production.

Roland Barthes, article « Texte (Théorie du) », Encyclopedia Universalis 1973

« Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur qu vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article. Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire. »

Tristan Tzara, « Pour faire un poème dadaïste », Manifeste sur l’amour faible et l’amour amer, 1920

Un mot contre ça ?

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De retour en Belgique…

C’est quand même quelque chose…Boarf, pas tant la nostalgie, puis j’étais trop jeune pour m’intéresser à ce genre de choses…mais…

Que je serai grand, tu les laisseras...casser ma gueule de PD ?

Quand je serai grande, tu les laisseras...me traiter de sale pute ?

Je sais pas pour vous, mais moi, en voyant ça à la sortie d’un supermarché, au lieu d’une pub pour un truc, je sais pas…une bouffée d’air frais, sans doute…Très frais, vu le climat…
En faisant ce post, j’ai regardé la photo de la petite fille et j’ai eu la gorge très serrée. Pareil pour le gamin, même s’il a vraiment l’air con et qu’il a une chemise horrible.
Je regrette de ne pas avoir vu celle contre le racisme affichée.

Ce n’est pas tout. Non seulement les radios belges sont, musicalement, nettement plus appréciables que les françaises (et d’une meilleure qualité, mais bon, ils ont un tout petit pays, aussi, et la pluie est pour eux la condition normale de la vie…), mais en plus, les deux principaux sujets de communication étaient remarquables :

– Le Maire d’Anvers, et ses déboires avec les chambres bilingues/unilingues qui conditionnaient son élection, ou un truc comme ça. Incompréhensible, c’est de la politique belge...
– Les violences conjugales ! Oui, vous avez bien entendu. Des campagnes contre la violence conjugale, à la radio, à la place de pubs !

Campagne d’images, plus actions pour libérer la parole. Ça fait plaisir.

Comme j’aime bien pinallier, j’aimerais faire quelques remarques.
La fille qui pose contre le sexisme a un vêtement rose. Des pincettes roses dans les cheveux. Des lèvres roses. Un visage rose. Combo Kirby.

Plus profondément, sur le concept d’homophobie…j’avoue ne pas avoir vraiment étudié le problème, mais je me pose une question : parler d’homosexualité, en soi, n’est-ce pas de l’hétérocentrisme ?J’aime à songer qu’il n’existe pas d’« homos » ou d’« hétéros ». Que les gens sont soit attirés par les hommes, soit attirés par les femmes, (soit attirés par des trans, aussi, ou des trav, ou par des enfants – tout problématique que ce soit -, ou par des personnes plus ou moins âgées, ou par des noir(e)s, ou par des asiatiques, ou par des caucasien(ne)s, ou par des obèses, ou par la pratique anale, ou de la violence sexuelle, ou de la masturbation devant un porno, ou du jeu de rôles SM, ou de l’exhibition solitaire ou partagée, etc…). Ou encore, attiré par deux sexes (bissexualité), ou par des personnes (pansexualité).
Bref, que la sexualité est une question de corps, de personnes et de pratiques avant tout, et que les étiquettes qu’on colle là-dessus glorifient une sexualité dite « normale », « naturelle[ment indispensable pour la surpopulation reproduction] » (c’est-à-dire hétéronormée), et tolèrent certaines déviances qu’on n’ose plus nommer perversions (homosexualité), tout en interdisant d’autres (exemple : nécrophilie), et en en ignorant certaines (comme la sexualité de l’enfant, qui à mon avis, est puissamment niée).
Sans rien affirmer, je pars de cette vision de choses pour poser la question : l’usage du mot « homophobie » est-il hétéronormatif, et par là, dans une certaine mesure, homophobe ?
Oui, je sais, il y a des gouffres que je n’ai pas explorés dans cette question, mais c’est un sentiment que j’ai.

Troisième point de pinaillement : les enfants. Les petits neeeenfaaaants !
Si cette affiche joue sur le pathos, elle joue aussi sur l’idée que ces enfants sont innocents, qu’ils ne méritent pas ces insultes, ces violences, qui leur arriveront.
Je reparlerai sans doute de la notion de « mériter » une autre fois ; mais l’enfant innocent ? Sa Majesté des Mouches, la grande fierté de notre Nation, n’est en rien, comme le croyait Rousseau, vierge de tout endoctrinement, de tout crime. Ces enfants ont le sang d’animaux sur les mains, et ils restent enfants tant qu’ils consomment de la viande ; ces enfants commettent tous les jours des injustices les uns envers les autres, et ils restent enfants tant qu’ils n’arrivent pas à (non pas contrôler, canaliser, mais à) anihiler leurs pulsions et désirs égoïstes (ce que je ne crois pas, personnellement, avoir réussi à faire…) Ces enfants se traitent de PD, de sale pute, tous les jours, sans savoir ce que ça veut dire, ou plutôt, sans y songer quand ils le disent (beaucoup de jurons sont ainsi désémantisé : qui n’a jamais dit « putain », « gros lard », « connard », « enculé », « chieur », sans même penser à d’où venaient ces mots ?) – et même adultes, les trois quarts du temps, ils le feront. Ces enfants veulent devenir une chanteuse riche et célèbre, un cosmonaute qui repousse les frontières, une maman, un sportif, un banquier – et encore adultes, quand prennent-ils conscience que leurs propres désirs étaient dès le départ déterminés, génrés, égoïstes, capitalistes – et qu’ils déterminent à leur tour ceux des enfants ?
Les enfants ne sont pas innocents. Ce « quand je serai grande », ce sourire du « Maintenant, je suis mignon, après ce sera la merde », « Je n’ai pas idée de ce qui m’attend » ; cette période de l’enfance heureuse…quand il n’y a rien d’aussi conservateur que l’enfant (à part ceux qui retombent en enfance, mais là, je parle avec la verve de mon âge)…

Tortionnellement

Ceux qui luttent contre la torture devraient se demander s’ils ne seraient pas prêts à laisser leurs principes de côté si on les payait, disons, 6 millions de dollars pour dix minutes. On peut imaginer que certains des militants les plus acharnés seraient prêts à se trahir pour une telle somme – fût-ce pour financer les associations qui luttent contre la torture. Et si à cette prestation à 6 millions leur en était proposées d’autres au même tarif, ces militants regarderaient la suggestion comme un miracle comparable au fait de gagner au loto. Il est fort probable que, même pour un million, ils seraient aussi contents. C’est pourquoi – même si beaucoup d’entre eux l’ignorent – ce qui les dérange dans la torture n’est pas que ce soit de la violence monnayée, mais qu’elle soit trop bon marché. Si, au lieu de prôner l’arrêt de la torture, ils étaient capables d’assumer cette terrible vérité, ils feraient en sorte d’en augmenter les tarifs. Ils détermineraient le prix minimal à partir duquel ce métier, loin d’être une aliénation, deviendrait un privilège enviable afin de punir ceux qui vendent ou ceux qui achètent des services de tortionnaires moins chers. La première tâche des associations antitorture serait de montrer à ceux qui bradent leurs services pendant les guerres qu’ils se nuisent à eux-mêmes. Et ce, non pas parce qu’ils torturent mais parce qu’ils pourraient toucher des sommes considérables s’ils se syndicalisaient pour réclamer un cadre légal de travail. Ce changement dans les politiques de la torture pourrait être le début d’une nouvelle ère dans les rapports de guerre. Une ère où le massacre des masses paraîtrait à la conscience collective comme une injustice aussi désuète que l’esclavage ou les harems.

Donc là, je trolle un article absolument ahurissant du libé : Prostitutionnellement [découvert via l’elfe, sur spermufle].
Sérieux ? 0_0 C’est pas une parodie d’argumentation pro-prostitution ?

Réfléchissons deux secondes : d’abord une longue diatribe qui nous apprend deux choses :
– Une femme (Nafissato Diallo) qui a porté plainte pour viol est certainement une pute, bien que cela ne corresponde pas, je crois, à ce qu’aient jamais dit ni l’une ni l’autre des parties ;
– Si une personne, qui dit qu’une chose est un mal, est prête à faire une exception en échange de quelques millions de dollars (voire milliards), même de façon purement désintéressée, alors c’est que cette chose n’est pas un mal, et qu’on devrait la légaliser. Ça marche pour la prostitution, le viol, le meurtre, le sexisme volontaire, la consommation de viande, la pollution, Windows, les violences conjugales, les centrales nuccléaires, les propos racistes et blagues sur les juifs, les romans à l’eau de rose, les braquages de banque, l’usage des armes à feu, la dissuasion nuccléaire, regarder toutes les fins du plus grand cabaret du monde d’affilée, conduire à contresens sur l’autoroute, faire de la téléréalité, insulter des homosexuels/transsexuelles (et transexuels aussi d’ailleurs), chanter Friday de Rebecca Black en boucle dans une rue la nuit, censurer le Net, kidnapper et séquestrer un enfant, jouer à Call of Duty, brûler une voiture, jeter un chat d’un building de New-York et danser sur de la techno. Ou même sur Nyan Cat.

Ton argument a des dommages collatéraux. Ou alors, c’est une manne pour les psychopathes auxquels cette énumération aura donné des idées.

Mais ça ne s’arrête pas là. Non, non, non. La prestigieuse journaliste, sommet de l’intellect français, élabore ensuite un modèle social in-fail-lible, qui explique que si on paye cher les putes, tout le monde (enfin, toutes les femmes, ça marche pas avec les mecs, les mecs font pas pute, eux : il faut bien des clients) deviendra pute, et gagnera beaucoup d’argent.
Ça ne s’arrête pas là, mais je fais une pause.
Si les prix augmentent….
L’OFFRE ET LA DEMANDE, TU CONNAIS, PÉTASSE ?
Pardon de parler en connard, mais j’en avais besoin.
Comme si la prostitution n’était pas un marché assez compétitif comme ça ! Comme si ça n’avait, par ailleurs, aucune composante culturelle ou sociale. On devient prostituée comme on devient boulangère, ou comme on change de chemise, voyons : si les prix dictent, alors, par magie, les prix restent, et tout le monde montre son cul ! Logique ! Et tout le monde gagne encore plein d’argent en montrant son cul ! Logique !

En tout cas, si toutes les femmes deviennent des putes cantonnées à leur rôle sexuel, alors elles ne sont plus des épouses.
Vaste progrès !

Paraît qu’en plus, elles tiendraient les hommes dans un « esclavage aberrant »…Parce que les hommes, à 10 000€ la prestation, ne seraient pas capables de se passer de sexe, ou de considérer le sexe comme une relation non hétéro-normalisée (sauf les pauvres) ?
Suit une description totalement ahurissante d’un monde dominé par la tyrannie « des femmes », une putocratie où les politiciens, menés par les putes, protègent les hauts prix pratiqués par celles-ci en interdisant l’onanisme, où le viol est puni de mort par une exécution publique, et où la pute qui ne pratique pas de prestation passe son temps à tenter les pauvres hommes qui ne savent plus où donner de la tête (« Oui, comme le disait Spinoza…oh, regarde ! Porte-jarretelles, porte-jarretelles, porte-jarretelles, porte-jarretelles… »), afin de conserver son pouvoir sexuel de diablesse…
Et c’est censé être bien ?

Cet avilissement d’humains, ce renforcement de la valence différentielle des sexes, cette réaffirmation patriarcale de la femme tentatrice, sexuelle, rusée et dominatrice, cet assujettissement d’une moitié de l’humanité à l’autre, c’est un rêve qu’on est sensé espérer ?
On me donnerait le monde pour vivre la vie des femmes qu’elle décrit, que je n’en voudrais pas. D’abord, parce que j’aurais le sentiment de faire quelque chose d’injuste. Mais même, avant ça, parce que je sais que cette théorie hétérocentrée, c’est de la pure bullshit.

La conclusion ? L’autrice ne manque pas de recommander chaleureusement ce modèle social totalement fantaisiste et apocalyptique aux « féministes du gouvernement », qui seraient ravies de transformer les femmes en putes et les hommes en chiens.

****

Vous savez quoi ? C’est incroyable qu’un média accepte de publier ça. Article de blog, ça serait passé : elle est chez elle, elle dit ce qu’elle veut, et les gens en pensent de même. Mais là, des gens ont sciemment laissé passé un tel amas de conneries, de sophismes, d’élucubrations insensées, comme image du « féminisme » !
Pardon encore de ma violence verbale, mais…c’est juste un tel torchon…

Raisonnement végétarien basique

  1. Manger de la viande, est-ce nécessaire ?
  2. Manger de la viande, est-ce bénéfique/utile pour l’être humain ?
  3. Manger de la viande, est-ce potentiellement nocif pour quelqu’un ?

1.

Pour répondre « Oui, manger de la viande, c’est nécessaire » à quelqu’un qui, visiblement, vit, et sans manger de la viande, c’est inimaginablement stupide.

Respirer (au niveau cellulaire, s’entend), c’est nécessaire. L’eau, c’est nécessaire. Évacuer les déchets organiques, c’est nécessaire.
Manger de la viande, non.

Partant de ce constat, la consommation de viande étant facultative, elle devient, comme toute chose non-nécessaire, c’est-à-dire remplaçable, objet d’éthique.

2.

Demander si la viande est utile à l’être humain avant de demander si elle est juste, ça fait pas très antispéciste comme manière de procéder. Toutefois, c’est par ce raisonnement que toute personne non-antispéciste est amenée à considérer la question du bien-être des animaux, et, par extension, du spécisme.
Le fait est que la frontière entre « strictement nécessaire » et « fortement utile » est parfois floue. Ainsi, pour vivre, il n’est pas « nécessaire » d’avoir 2 reins, ou un cerveau en état de marche, ou un corps capable de se mouvoir. Il n’en reste pas moins que c’est fortement utile. De même, il n’est pas nécessaire, pour vivre, d’avoir un environnement à radioactivité normale ; néanmoins, c’est préférable, dans la mesure où ça peut augmenter la durée de vie de plusieurs décennies.

C’est là-dessus, en vérité, que porte souvent le débat. Mais avant de nous lancer là-dedans, afin de bien percevoir les enjeux de la question, formulons deux hypothèses :

Soit la consommation de viande est utile (que ce soit sur le plan nutritionnel, économique et social, écologique,…), soit elle ne l’est pas.

Dans le premier cas, le débat peut ou non continuer selon le degré d’utilité de la viande. En effet, s’il s’agit de trouver facilement des nutriments, que l’on pourrait remplacer, disons, à un coût économique légèrement supérieur, la question morale conserve toute son importance ; en revanche, si vivre sans viande implique d’avoir une espérance de vie à la naissance de 35 ans ou moins, le problème est plus complexe.

L’avis des végétariens est, le plus souvent, que la viande n’est pas utile. Considérons ce cas de figure.

3.

Pour les animaux, être privés de leur liberté, exécutés (dans la souffrance, et même, dans le monde des bisounours où vivent nos omnivores occidentaux, sans souffrance) à une date déterminée avant leur naissance, traqués, piégés, pêchés (alors qu’ils sentent la douleur comme nous), gavés, traités comme des vaches à lait, entassés dans des cages trop petites, dopés aux hormones de croissance, amputés douloureusement de becs/oreilles/cornes/queues – toutes les conditions de l’élevage industriel, et autres composantes intrinsèque à l’élevage – ; ce n’est certainement pas un bien. C’est même, fort probablement, un mal.
À quoi s’ajoutent les 18,5% de gaz à effets de serre dûs à l’élevage (chiffres de la FAO), le gaspillage net des ressources en eau et terres arables, les taux plus élevés d’hostéoporose, de cancers, de maladies cardio-vasculaires, d’AVC, de fractures du bassin,..

RÉSUMÉ

  1. Manger de la viande, ce n’est pas nécessaire.
  2. Hypothèse : manger de la viande n’est en rien bénéfique pour l’être humain.
  3. Manger de la viande, c’est probablement mal pour les animaux.

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Le point de débat récurrent, c’est le second problème.

Initiation à un peu d’antispécisme

Déjà, nous noterons sa pertinence relative. En effet, est-il logique que l’intérêt des humains soit considéré avant celui des animaux ? Beaucoup de gens répondront oui. L’intérêt mineur des humains serait donc une raison suffisante pour sacrifier sans mesure l’intérêt ultime des animaux ? La question est : pourquoi ?
Supériorité ? Langage ? Intelligence ? Conscience (comme si les animaux, sous prétexte qu’ils ne parlent pas, n’étaient pas conscients) ? Capacité à produire de l’Art (ne riez pas, on me l’a sortie comme motif de meurtre d’animaux) ? Le rire ? Les latrines ? Le savon ?
Toute raison apparaît superbement insignifiante devant la Mort, sauf une seule : l’Âme.
Ma foi, si j’avais une âme immortelle, je ne vois pas pourquoi les autres n’en auraient pas.

De l’intérêt de la viande.

Intérêt nutritionnel ?
La viande, c’est des protéines, du fer, des acides gras saturés (avec du bon choléstérol dedans) et des toxines cancérigènes. Pas beaucoup de vitamines.
Tout ceci est aisément remplaçable par des sources végétales ou bactériennes. Et quand je dis « aisément », j’entends des règles pas plus compliquées que « Deux portions de viande par semaine maximum », « Un verre de vin par jour, c’est bon pour la santé », « Pensez à manger des lentilles de temps en temps ». Même plus simples que « Pensez à ne pas manger trop salé », faut pas demander !
De nombreux conseils sont dispensés sur le site de l’Association Végétarienne de France ; mais il faut aussi savoir que de nombreux médecins non-végétariens prennent prosition pour ce régime.

Valeur magique de la viande
Histoire de se faire de vrais muscles. De ne pas être un végétarien pâle et maigre et faiblichon, qui se casse la jambe et boude tout le temps. D’être viril, d’avoir de la libido. De profiter de la vie, d’avoir du goût, de la consistance dans la bouche. N’est-ce pas ?
La viande, c’est un aliment qui a un goût, une texture, une cuisson. Et beaucoup de propriétés magiques. On ne le sent jamais mieux que quand on devient végétarien : il existe un véritable culte de ce produit.

Je vais vous raconter une histoire. Une histoire qui date de ce Noël.
Après plusieurs heures de route de montagne (je suis malade en voiture), on arrive à destination. Curieux, j’essaye de me bricoler des petits toasts aux pois chiches, avec du basilic, du poivre noir et de l’huile d’olive.
Le basilic n’a pas beaucoup de goût. Qu’à cela ne tienne, j’en mets la blinde.
Toute la soirée, c’est huitres, morceaux d’animaux, odeurs de mort, gâteaux.
Le lendemain, je suis malade. Ma première indigestion depuis plus d’un an que je suis végétalien (si l’on excepte les troubles digestifs de la période de transition, où j’y étais allé à la brutale). Je suppose que si le basilic n’avait pas beaucoup de goût, c’est que la maison n’y avait pas touché depuis quelques années, et qu’il était un peu périmé.
Savez-vous ce qu’on m’a dit ?
« Ah ben en même temps, si tu mangeais comme tout le monde… »
Medames, Messieurs !
La viande protège des maladies ! La viande protège des maux de ventre ! Vive la viande, tuons la Bête ! La viande est votre amie ! La viande participe à la chaleur de Noël, surtout pour les dindes ! La viande vous guérit ! La viande protège des indigestions ! Jamais vous ne digérerez mal vos excès de viande avariée ! La viande est votre amie ! La viande est conviviale ! La viande est votre meilleure amie ! La viande, c’est vivre ! Mmmmmmmmhhhh – Herta
Et merde.