pour passer le temps…

Archives de juin, 2012

Quand on vous réduit au silence…

À propos de silence, ça fait un moment que je n’ai pas posté (et j’ai encore des commentaires auxquels je dois répondre **sifflote**)…

1.Bad Buzz
2.Think Different – GNU/Linux (là, je dérive du fait divers, pour prêcher à mon école…)
3.On va quand même pas passer à Linux ? O_o

Bad buzz

Je rebondis sur un petit sujet d’actualité : une grande entreprise a décidé de faire chier une fillette handicapée (via le Hollandais Volant). Comment ? C’est simple ! en lui fourguant un bâillon dans le bouche. Heureusement que ses parents, eux, sont capables de parler…

C’est bien triste, mais moi, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ?
Qu’est-ce que vous pouvez ne pas faire, plutôt ! On va jouer à un jeu : et si on faisait le consommateur responsable ?
Avez-vous acheté un iPod dans votre vie ? Un iPad, un Mac ou un iPhone ou un de ces trucs innombrables qui font baver les mi-geeks…Hé ben, je n’hésite pas à le dire, c’est à cause de vous que Maya n’a plus de langue !
Quelle merveilleuse invention que le boycott, quand même. Ça vous explique qu’il y a deux types de consommateurs : les con-sommateurs d’une part, et d’autre part, les consommateurs responsables, qui se renseignent sur le produit, son origine, les principes de l’entreprise qui le vend…bref, qui savent :
– ce qu’ils achètent ;
– à quoi ils apportent leur soutien financier.
Bien sûr, on est toujours un peu « con-sommateur » On ne peut pas tout savoir sur tout. Par exemple, je ne sais absolument pas en quel alliage est fabriquée la conserve de mes petits pois ; pendant toute l’année, j’ai fait mes courses chez SuperU sans savoir qu’ils se vantaient de subventionner les élevages laitiers…Mais on en apprend toujours un petit peu plus ; et quand il s’agit de maltraiter et tuer des centaines d’animaux, ou d’empêcher des petites filles de parler, j’estime que ça vaut le coup de réfléchir, de se forger des principes ou des préférences, et de s’y tenir.
Aussi, même si vous vous en foutez, de l’informatique, vous pouvez aisément prendre position sur l’affaire. Imaginez une seconde que c’est un fabriquant de béquilles ou de pacemakers qui menace de rappeler une gamme de produits : ne pas savoir poser un pacemaker vous empêcherait-il de signer la pétition d’un grand médecin ?

Ouais, en attendant, sans Apple, elle ne l’aurait pas eue, de toute façon, son application…
Que ce soit clair : sans Apple&Co, on ne sait pas à quoi le monde ressemblerait. Mais à mon avis, si certains logiciels n’avaient pas été développés par des boîtes propriétaires (Windows, MicrosoftOffice, MediaPlayer, IE), leurs alternatives libres auraient comblé le vide (dans les cas où il y avait un vide, sinon on aurait peut-être vu d’autres genres de projets se développer…) Je préfère un investissement venant des utilisateurs ou d’organisations (à la Wikipédia) à une entreprise privée.

Think different – GNU/Linux

Si Framablog (le lien qui raconte l’histoire de la petite Maya)  vous « [épargne] le couplet affirmant péremptoirement qu’avec un logiciel libre sur plateforme libre cela ne se serait pas produit »,c’est parce qu’ils savent que c’est l’avis de leurs lecteurs.
Ce n’est pas mon cas **twisted**

Si je comprends bien, le couplet idéologique, on va y avoir droit…
J’y compte bien ! Et quand il s’agit de GNU, dites plutôt « sectaire » : on a un Gourou (Richard Stallman <3). Maintenant, préparez-vous à découvrir l’Affreuse Vérité…

Vous n’êtes pas propriétaire de votre ordinateur.
Voilà. Vous savez tout.
Vous croyez que quand on vous vend un ordinateur, on vous vend aussi tout ce qu’il y a dans la boîte et tout ce qu’il y a d’installé dessus ?
Vous croyez que ces composants et logiciels sont là pour vous servir, vous ?
Vous croyez que quand vous vous inscrivez sur facebook, une entreprise cool vous propose gratuitement de nouvelles fonctionnalités ?
Que le DD de votre console de jeu est votre propriété (Sony, PS3, ordinateur personnel, ça vous dit quelque chose ?), et non celle de votre fabriquant ?
Que quand vous achetez un téléphone, une loi empêche que Nokia enregistre vos conversations pendant qu’il traîne éteint, dans votre poche ?
Que les CDs de musique / exécutables téléchargés n’importe où, ne piratent pas votre ordinateur ?
Erreur !
Quand vous achetez Windows, vous vendez votre vie à Microsoft. (Oui, je suis extrémiste :p)
Vous ne savez pas ce qui se passe sur votre ordinateur. Vous ne pouvez pas le savoir. Vous n’avez pas le droit de le savoir.

Je ne dis pas qu’on doit tous devenir Super-Nerd et connaître le nombre exact et l’emplacement des bascules de son processeur, ou démonter des ordis dans des magasins pour scruter les circuits du BIOS, des fois que le fabriquant y aurait caché unebackdoor ; mais qu’on ait au moins le droit de savoir. Le droit de vérifier. Un droit de regard sur ce qui se passe dans des machines autour desquelles nous conversons, qui lisent nos mails, enregistrent nos goûts, conservent nos documents professionnels.
Ça fait peut-être un peu théorie du complot, mais rien qu’à lire scout123, sebsauvage et le Hollandais Volant (+ Korben occasionnellement), j’ai déjà de quoi constituer un dossier complet de liens qui répertorient des histoires à faire froid dans le dos sur le monde de l’informatique. Enfin, non, loin d’être complet, vu l’immensité du sujet…

Ok, Microsoft, Apple, Google et Oracle, c’est plus pourri que Retour vers le Futur III sur MasterSystem…et on a quoi en face ?
En face, on a ce qu’on appelle le logiciel libre. Libre (« free » en anglais), cela signifie deux choses : 1° gratuit (« free » en anglais), 2° le code source (c’est-à-dire ce qu’écrit le programmeur : la recette de fabrication du programme, qui décrit comment il est constitué, ce qu’il fait) peut être lu, repris, modifié, redistribué par tout le monde (« free » en anglais).
Des « logiciels libres », vous en connaissez des tas. Firefox, Mozilla Thunderbird, VLC mediaplayer, the GIMP (GNU Image Manipulation Project, justement…oui, GNU est central dans le monde du logiciel libre), Urban Terror, zsnes ou pcsx pour les fans de jeux vidéos, OpenOffice, audacity, 7-Zip…et rien qu’en ce moment, sachez que vous utilisez sûrement des serveurs hébergés sur des serveurs qui tournent sous Linux ou un UNIX libre…

Ces logiciels sont gratuits, compétitifs et sources d’innovation (on l’a bien vu avec firefox), n’importe qui peut (et certains ne s’en privent pas !) vérifier ce qu’ils font et l’améliorer ; leur unique objectif est consécutivement de servir l’utilisateur, de respecter sa vie privée (encore que firefox soit un peu trop « grand public » pour vraiment ennuyer les gens avec ça…), de servir sa sécurité…

[EDIT du 25/7/12 : Ok, excusez-moi, j’ai dit une bêtise. Ce que je décris là, cela correspond plus ou moins au mouvement de l’open source. Dérivé pour des raisons sémantiques en anglais du mouvement du Locigiel Libre (free software : free beer ou freedom of speech ?), le mouvement qui consiste à simplement publier le code source (open source) en est venu à préconiser plutôt une méthodologie de développement du programme, permettant une meilleure qualité et une plus grande efficacité.
Or, le logiciel libre est avant tout une question de liberté, de droit de l’utilisateur. « Un logiciel ne sert les utilisateurs que s’il sert leur liberté. » Autrement dit, garantir les libertés d’utilisation/étude/modification/redistribution du programme prime sur l’efficacité et la puissance du logiciel. Ce n’est souvent qu’une différence dans l’ordre de priorité des développeurs ; mais souvent, cela peut avoir un impact sur le programme. Imaginez un programme open source qui vous réclame un mot de passe payant pour avoir accès à certaines fonctionnalités ? Un exemple ?…oh, je sais pas, moi, WordPress.com **sifflotte (en espérant ne pas dire une autre bourde)**…]

Ça revient pas à afficher les failles de sécurité aux pirates ?
Aux pirates, oui, mais aussi à tous les autres, aux développeurs, contributeurs amateurs, usagers…ce qui fait que les failles de sécurité sont repérées, contrées, (et corrigées, surtout) beaucoup plus vite !
Sur son blog, Sebsauvage déclare « Aussi étonnant que cela puisse paraître au profane, en matière de sécurité informatique il est important de diffuser rapidement les failles de sécurité découvertes (« full disclosure« ), sans quoi il est impossible de prendre des contre-mesures. » Ce n’est qu’un avis, mais le manque de transparence dangereux des entreprises, leur morgue déraisonnable, me donnent trop de boutons pour me laisser penser plus avant.

De toute façon, si Linux est plus sûr que Windows, c’est pas simplement parce que Linux est moins visé. Ça tient à la façon même de distribuer les logiciels.

On va quand même pas passer à Linux ? O_o

C’est bien beau, de reprocher aux entreprises leur côté pourri, mais tu veux quand même pas qu’on…
Et pourquoi pas ? Vous avez bien téléchargé VLC, firefox, thunderbird, parfois OpenOffice ? Au fond, GNU/Linux (grosso modo, désigne un ordinateur où la couche logicielle est libre), c’est pas bien différent.
Attention, je ne dis pas que tout est parfait dans le monde du libre. C’est juste que comme j’y suis pas depuis si longtemps…enfin, j’ai quand même connu une distro sans Unity, alors Natty et suivantes m’ont fait un peu mal

Mais Linux c’est trop compliqué…
Alors là, je vous arrête. J’ai découvert (et je continue de découvrir) Linux grâce au Site du Zéro, et la première chose que dit Mathieu Nebra, c’est :
« Linux n’est pas compliqué, et je vais vous le prouver. »
Vous savez quoi ? il a raison. Linux, c’était peut-être un peu compliqué en 2005. C’est peut-être un peu compliqué à installer maintenant, si on veut garder Windows à côté (je me souviendrai toute ma vie de gparted qui m’annonce fièrement « Disque dur formaté avec succès » à ma première installation XD…tout ça pour dire : le partitionnement, faites-le depuis Windows, en prenant des gants, après un bon back-up, ou avec un ami expérimenté pour vous guider !) Mais sinon, de nos jours, à la base, Linux, c’est user-friendly, c’est simple, c’est accessible (et pas seulement financièrement).
En fait, passer sous Linux, c’est comme de manger végétarien : on n’a pas à s’inquiéter d’où on va trouver des protéines pour éviter les carences, de qu’est-ce qu’on va manger demain matin, de comment faire un gâteau. On prend de nouveaux repères (mariage céréales-légumineuses, fruits secs, huiles végétales), de nouvelles habitudes (épicerie bio, lecture des étiquettes…en fait, quand on passe à Linux, on a justement un système de « distribution des programmes » mieux foutu et plus sécurisé, et avec le temps, on se rend compte que les windowsiens qui ne lisent pas leurs étiquettes sont complètement fous de ne pas le faire) ; on a une petite période d’adaptation (sans rentrer dans les détails, même si je mangeais peu de viande à la base, augmenter les fibres, digestivement parlant, ça n’a pas été que des bons souvenirs…), mais tous les végétariens et linuxiens vous diront qu’on n’a aucun mal à « se passer de Windows »…

Pour continuer à mettre végétarisme et logiciel libre dans le même panier, j’ajouterai ceci : tout comme les viandard, les windowsiens n’ont aucune idée de ce qu’on gagne à changer de régime informatique. Convictions militantes, confort d’utilisation (quand je tape « sudo apt-g[Tab] i[Tab] hddtemp » = « sudo apt-get install hddtemp » en console, je jouis en pensant aux crétins qui foncent sur Google télécharger cinq programmes différents, au hasard des 10 premiers résultats, pour voir à quelle température tourne leur disque dur…et galèrent parce qu’il leur manque le fichier C:\\windows\system\bidule.dll ! et je ne parle pas des raccourcis clavier pour ouvrir mes applications favorites, du choix de mon environnement de bureau, de l’imprimante dont on a paumé le CD d’installation, et qui s’est autoinstallée aussi simplement qu’une clé USB chez moi – en fait, je me retrouvais baisé, car ma sœur m’envoyait tout dès qu’elle avait besoin d’imprimer :p), sécurité, accès au savoir informatique…

Justement, tu vas pas me faire avaler que ça, c’est pas un truc de Nerd !
La console !
Un « truc de Nerd », naaaaan ^_^ À la rigueur, un « truque de giiiiik », oui. Si vous avez déjà vu une console UNIX, vous savez que cette capture d’écran, c’est à peine différent de ça (mais en plus classe) :

Explorateur de fichiers Windows

Le type a tapé 5 commandes (les mots derrière « ubuntu@ubuntu:~/Bidule/ ») :
– ls (« list segments » je crois, mais on s’en fout), qui demande à l’ordinateur : « affiche-moi ce qu’il y a dans le dossier où je suis » ;
– cd (« change directory »), qui dit : « je double-clique sur ce dossier-là » ;
-ls (mon Dieu, que c’est compliqué !)
– pwd (« print working directory »), qui demande : « où je suis, là ? » (affiche le contenu de la « barre d’adresses »…vous noterez que linux le fait par défaut chaque fois qu’il te demande de taper une commande de toute façon)
– w (« who »), une sorte de « qui fait quoi ? » basique dont je ne me sers jamais (ce n’est utile que quand on veut travailler à plusieurs sur un seul et même PC, comme un serveur web…)
Hé ben vous savez quoi ? De nos jours, un utilisateur d’ubuntu peut installer et utiliser ubuntu toute sa vie tranquille SANS JAMAIS VOIR LA CONSOLE !
Et s’il doit l’ouvrir pour régler des problèmes (on peut faire les choses beauuuucoup plus facilement en console qu’avec une interface graphique), en général il sera guidé par quelqu’un pour qui ces mots barbares que sont « pwd » ou « sudo su » sont simples comme « Salut, tu vas bien ? » (et parfois même beaucoup plus simples XD), et il aura juste à recopier sans rien comprendre les instructions qu’on lui conseillera d’exécuter.
Le slogan d’ubuntu, c’est « Linux pour les êtres humains » C’est pas pour rien 😉

Le truc, c’est que si je dois vous montrer les choses horribles qu’on peut faire sous Windows (comme une capture d’écran de code source réalisé avec Visual C++, programme de Microsoft), vous ne me sortirez pas que Windows c’est compliqué…

En revanche (parce que, bon, j’ai beau dire, la console ça fait quand même peur), Linux est, à mon avis, du plus haut intérêt pour les nerds, (vrais) geeks, et technophiles autodidactes (humble catégorie dans laquelle je me range, que je tiens à séparer des « technophiles usagers », repaire des Apple-Addicts…) Même pour l’utilisateur un peu curieux, passer à Linux et y rester, insensiblement, amène à en apprendre plus sur le fonctionnement de son système, voire, de son matériel, que de rester sur Windows. Et ceci pour une raison simple : dans Linux, tout est ouvert. C’est un monde transparent, où l’architecture se dévoile à n’importe qui, avec des guides qui aident à comprendre. On voyage dans Linux comme dans une bibliothèque où on peut ouvrir tous les livres. Et il n’est pas rare de croiser un passionné, de tomber par hasard sur une page intéressante, de chercher un moyen d’améliorer son expérience d’utilisateur et de tomber au passage sur un conseil qui vous profite, une explication qui vous pousse à vous poser de nouvelles questions. Conséquences ? Si vous avez un problème, vous êtes plus apte à y faire face, à le comprendre, à l’identifier, à l’expliquer surtout ; et d’autre part, vous êtes sûr de trouver quelqu’un qui, ayant compris vos explications, et ayant plus d’expérience / étant plus intéressé que vous, vous expliquera la marche a suivre. C’est la beauté de la communauté !
En comparaison, Windows, c’est une bibliothèque, mais dont les portes (et les…fenêtres…) sont fermées à clé, où personne ne sait vraiment ce qui se passe dans les tréfonds, et où vous galérez au premier pépin un peu sensible.