pour passer le temps…

Archives de avril, 2012

Chacun fait comme il veut

Un bref billet pour mettre sur…papier une pensée qui vient d’arriver à maturité.

La pierre angulaire, la raison pour laquelle les végétariens passent pour d’odieux extrêmistes auprès des omnivores…

C’est l’argument du « Au fond, chacun fait comme il veut. »

L’omnivore qui dit ça s’avoue vaincu. Il ne trouve pas absurde qu’on soit végétarien. Il respecte. Mais il ne veut pas être influencé, c’est un peu sur le vif là, j’ai pas eu le temps d’y réfléchir. Il pense donc nous faire plaisir en reconnaissant notre position sur un pied d’égalité avec la sienne.
Même, à ma première soirée Omnis vs Végé, le maître de maison, voyant que la discussion louvoyait, tentait de concilier en répétant « Chacun fait comme il veut, et voilà. »

Or, cet argument que les omnis perçoivent comme une conclusion, c’est jeter de l’huile sur le feu. Le végétarien est incapable d’entendre une phrase comme ça sans réagir. Pour lui, c’est précisément la preuve que les omnivores n’ont rien compris. Ils n’ont pas compris comment on peut être Végé.
Résultat, le végé s’enflamme.

Pour l’omnivore, « chacun son choix » signifie « Personne ne devrait restreindre les libertés de personnes : je reconnais ta liberté d’être végétarien, à toi de reconnaître la mienne » ; mais pour le végétarien, la phrase est la plus butée de toutes les idées omnivores de la conversation. Loin de ressembler à une conclusion, elle la relance : elle présuppose que « Les animaux ne sont pas des personnes sur le plan moral, éthique ou sensible. Leur liberté ne compte pas dans le calcul. » Or, c’est bien à la liberté des animaux, à leurs droits inaliénables bafoués, que pense le végétarien quand il entend cette phrase – pas au sien ; et c’est ce qu’il veut faire comprendre à l’omnivore.

L’omnivore pense faire un grand pas en avant et terminer une conversation qui le gonfle. Le végé ne voit pas la différence avec les arguments précédents, et renchérit d’une façon que l’omnivore ne cherche même plus à s’expliquer (il est déjà sorti de la conversation, je vous dis).
Le végétarien est un extrémiste agressif. L’omnivore est un crétin borné. Le dialogue est un échec.

Il faudra que je tente de garder ça en tête la prochaine fois qu’un omnivore me dira cette phrase. Histoire de ne pas m’énerver, et de laisser ce que j’ai dit décanter (tout en expliquant pourquoi je ne suis pas d’accord avec cet argument, sinon il oublierait).

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La pensée de l’informe

Encore un titre bobo…

Intro
1.La forme surgit de l’informe
2.Tic-tac
3. »La déconstruction est l’attitude intellectuelle la plus fertile qui soit. »

Intro

Ça fait un moment que je cogite ça. Avec ma manie de déconstruire tout ce que je touche, de casser des mythes avec des grilles d’interprétation, de casser des grilles d’interprétation avec l’indicible du réel, je sens qu’une conception me vient de plus en plus à cœur : la pensée de l’informe.
Le nom fait trèsbobo-bouddhiste (dont je ne veux pas dans mon article), mais mettez-le dans la bouche de Schopy, il prendra tout de suite une teinte plus philosophique.

Rappelons mes derniers « exploits » :

  • Devenu végétarien, rapidement attiré par l’antispécisme, je commence à songer que l’espèce est, au-delà d’un concept scientifique formalisé (critère de la reproduction), la validation arbitraire par la biologie d’une croyance populaire, c’est-à-dire que l’individu, ses droits, son statut, sa conscience, son caractère, sont subordonnés à l’espèce (sauf chez l’humain) ;
  • J’envoie chier l’idée de Dieu, et je décrète que Dieu, en fait, c’est un autre nom pour l’Univers et le Grand Tout (vite fait) ;
  • Je me demande si la distinction de deux sexes, et la distinction entre sexe et genre, sont pertinentes ;
  • Je hurle que l’Amour n’existe pas.
  • Et quantités d’embryons de pensée dans d’autres domaines, non formulés mais qui vont dans le même sens (en particulier, ma conception de l’épistémologie).

Le dénominateur commun ? La perception du monde via le langage. C’est un vieux troll dans les milieux littéraires, et pour les sciences humaines, mais voilà : ce qui est nommé est défini, ce qui est défini est représenté, ce qui est représenté est imaginé. Et vas penser un truc sans nom ! Le langage construit la notion et oppose les obstacles de ses catégorisations à la pensée.

1. La forme surgit de l’informe

Comment percevons-nous le monde, spontanément ? En l’interprétant. Illustration.

Screen de Minecraft

- Que vois-tu ? - Un champ, une colline, un bras de mer et des colonnes de temple. - Non, tu ne vois pas ça. Tu vois des cubes...et encore !

Ce que moi je verrais (ou voudrais voir) ? Pour moi, qu’est-ce que le monde ? Encore, non, le monde,ça sous-entend ce qui est extérieur à nous, le « réel » par opposition à l' »esprit » et à l' »imaginaire » : disons, pour moi, qu’est-ce que ÇA ? Qu’est-CE ?
Hé bien, disons que dans ça, je regroupe l’ensemble des perceptions, internes, externes, fictives, réelles, sensorielles, spirituelles…et non seulement les perceptions, mais aussi les actions. Bref, tout ce qu’on se charge de nommer, classer, catégoriser. Prenez tout ça, tout, et mélangez-le, malaxez-le, enlevez les barrières, et vous avez la chose.
Du coup, on se sent pas beaucoup plus clair que dans le cerveau d’un bébé de trois jours. Concevez : dans ce qu’on voit, on ne délimite pas l’espace, ni haut ni bas, ni diversité des matières, ni objets – le canapé se confond avec le tapis, tout cela ne forme qu’une seule essence ; et si ce n’était que ce qu’on voit ! Il n’y a plus de différence entre :

  • la perception du stylo posé sur le canapé par le sujet,
  • la pensée qu’il formule en lui « Tiens, je dessinerais bien une BD »
  • et la bouchée de spaghettis qu’il sent dans sa bouche.

Tout cela participe d’un même informe, confus, mêlé, indéfini, qu’on pourrait redécouper en regroupant la bouchée de spaghettis et la réflexion intime sur la BD d’une part, et la perception du stylo sur le canapé avec le mouvement de la mâchoire qui malaxe les spaghettis (ne me demandez pas comment on ferait, je n’ai pas vocation à inventer une langue non plus). Plus qu’indicible, la chose est inconcevable, impensable.

Redécouper, regrouper la chose, justement. Pour construire une pensée, une communication, et même, une perception utile, permettant la survie, peut-être l’animal a-t-il évolué pour isoler les objets qu’il voit et les identifier : un requin est un signal différent du reste de la mer, l’algue est ce qui se mange et ce qu’il y a autour est ce qui ne se mange pas.

Songez donc ! considérer un tout indivisible, c’est abolir l’évidence de la distinction entre l’essence du Sujet (celui qui regarde, qui dit Je, qui pense) et l’Objet. Pas considérer simplement que l’objet est dans le sujet, qu’il est construit par le sujet, ou que le sujet est influencé par l’objet (comme en sociologie, dire que le sociologue est lui-même inclus dans la société qu’il analyse et ne peut jamais être neutre)…c’est rappeler que nommer Sujet et Objet, c’est inventer deux concepts, les créer de toute pièce, et les caler sur un tout indicible pour le faire rentrer dans des cases qui tiennent plus ou moins bien.
En fait, le mot « ça », « ce » que j’ai utilisé au début de cette sous-partie ne me plaît toujours pas, parce que ce mot est un déictique, correspondant au geste de monstration : il implique un sujet qui montre un objet défini extérieur, souvent réel. Cette idée d’essence définie, extérieure, actuelle, se retrouve dans des notions comme « la chose », « l’univers », « l’être » ; quant à « Dieu », le mot est si pollué que je n’y penserai même pas.

2. Tic-tac

Deux horloges

Tic Tac, condition nécessaire pour le cerveau humain

Franck Kermode The sense of an Ending, studies in the Theory of Fiction
Prenons un exemple très simple : le bruit d’une horloge. Si nous nous demandons ce qu’il « dit », nous sommes d’accord pour dire qu’il dit tic-tac. À travers cette fiction, nous l’humanisons, nous le faisons parler notre langage. Évidemment, c’est nous qui introduisons la différence fictive entre les deux sons : tic est notre mot pour un commencement physique, tac notre mot pour une fin. Nous disons qu’ils diffèrent. Ce qui permet de les distinguer, c’est la particularité de la phase intermédiaire. Nous ne percevons une durée que quand elle est organisée. On peut montrer expérimentalement que des sujets qui écoutent des structures rythmiques comme tic-tac, répétées à l’identique, « peuvent reproduire avec précision les intervalles à l’intérieur d’une structure, mais ne peuvent pas précisément saisir les intervalles entre des groupes rythmiques », c’est-à-dire entre tac et tic, même si ceux-ci sont constants. Le premier intervalle est organisé et limité, le second ne l’est pas. Selon Paul Fraisse, le trou entre tac et tic a un rôle analogue au « fond » dans la perception de l’espace.

La suite concerne des histoires de ressorts le long d’un récit, d’annonces du tac final. De fait, j’ai découvert ce texte dans le cadre de mes études, un cours de problématique littéraire. Moins intéressant à mes yeux.
Non, ce qui me parle vraiment dans ce texte, c’est la considération métaphysique d’où part cette réflexion. Par une image dans le domaine temporel, il nous montre comment notre cerveau humanise, transforme la chose, en l’organisant, afin de pouvoir la saisir, la percevoir.

Il n’existe d’abord que l’informe. Même pas une ligne, un écoulement, une durée, rien : le Temps. Inconcevable.
Le cerveau va sectionner une partie de cette chose. Délimiter. Avec tout l’arbitraire d’une horloge. Il va l’isoler du reste, et dire : ceci est un objet. Ceci, je comprends. Je le garde, je le mémorise, et je le reconnais. Je le nomme « tic-tac », je le nomme « seconde ». Je connais son rythme, je connais sa durée – la limite tic, et la limite tac.
Or, dans la « réalité », cette seconde n’est pas différente du reste de l’objet temps. Elle partage la même essence. Pourtant, elle est perçue différemment. Ou plutôt, nous la construisons différemment.
Voilà ce que me fait sentir ce texte.

Bien sûr, dans ma réflexion, distinguer le temps comme lieu de la réflexion, c’est déjà reconnaître les limites et l’organisation de l’objet temps, par opposition à l’objet espace. C’est déjà l’humaniser, lui fournir un tic-tac pour l’organiser. En faire une sous-catégorie du monde, reconnaître le monde, le différencier de soi.
Ces limites, il peut être marrant de les abolir. Pas nécessairement instructif ni même possible. Mais marrant.

3. « La déconstruction est l’attitude intellectuelle la plus fertile qui soit. »

Je crois avoir dit ça une fois, dans un commentaire chez IV. Je reconnais tout le caractère enflammé et chauvin de cette phrase grandiloquente, et à vrai dire je ne crois pas qu’elle soit toujours vraie. La déconstruction a ses limites – notamment, une fois qu’on a bien déconstruit le monde (organisé en espace, temps, sujet, objets) en un informe gluant, le fait qu’on se retrouve incapable de reconstruire autrement qu’en distinguant le temps, le monde, le moi (probablement parce qu’on les a distingués toute notre vie, et qu’on ne saurait plus penser comme un nourrisson). Cette limite en fait un jeu. Mais un jeu utile.

La pensée de l’informe, c’est, je pense, un état d’ouverture d’esprit. Je veux dire par là : de véritable ouverture d’esprit.
Être ouvert d’esprit, ce n’est pas ne pas avoir de préjugés, d’impressions négatives sur les homosexuels, de sentiment inquiet devant l’idée qu’on n’envoie pas ses enfants à l’école, d’idées arrêtées sur la divination, etc. Ça, tout le monde y est sujet a priori. Et même les homosexuels et les gens qui n’envoient pas leurs enfants à l’école ont eu à une époque des préjugés dont ils ont eu à se défaire pour se lancer dans la vie.
Hé, même les plus extrémistes des végans. 😉
Il n’y a pas des gens « ouverts d’esprit » ; on n’est pas élevé « ouvert d’esprit ». Ceux qui sont nés dans les idées des gens (véritablement) « ouverts d’esprit » sont à peu près complètement fermés au racisme, et ils n’arrivent pas à le comprendre, à le sentir comme le sent un raciste. Ils n’osent même pas essayer de se mettre à la place du raciste, ce serait quitter leurs plus profondes croyances, remettre en question leurs sacro-saints principes, régresser. Ils sont fermés d’esprit. Tant mieux, ça fera quelques racistes de moins.
Non, à mon avis, être ouvert d’esprit, c’est quelque chose de « ponctuel », qui arrive à peu près à tout le monde, à certains moments, à des degrés variés (tôt le matin ou tard le soir, ça peut aider. L’alcool, quelquefois et selon les gens et les domaines). Je demeure convaincu que tout le monde est doté de la capacité de remettre en question ce qu’il pense (ou « croit », accepte comme une évidence, comme c’est souvent le cas). Oui, même après avoir parlé à ce vieux royaliste qui pensait tout haut (et je peux vous dire que des fois, on aimerait mieux ne pas savoir ce qui se passe dans l’esprit des gens quand on essaye de leur parler, mazette !)

En quoi l’ouverture d’esprit passe par la pensée de l’informe, me direz-vous ? Je crois que c’est une question d’humilité. L’idée qu’il y a l’insaisissable, et nos paroles. Que nos paroles sont héritées de notre société, de notre esprit d’humain, et qu’elle l’ont façonné. Que même si nous nous libérons d’un carcan, nous rentrerons dans un autre. Que nous aurons choisi librement (nous ne sommes pas tout à fait des machines), voire même contribué à construire, mais que nous ne pourrons jamais détruire tout à fait – qui repose sur des considérations figées. Je pense que la pensée de l’informe, cette idée vague, sous-tend tout acte de déconstruction, toute ouverture d’esprit, tout changement majeur dans la vie intellectuelle d’un individu.

Que toute Vérité vous soit provisoire.
L’individu est un palimpseste d’expériences. N’attendons pas, enrichissons-nous ! 😉

Les mendiants qui ne disent pas merci

MendiantTout à l’heure, je sortais d’un Franprix, un melon dans une main, mon tiquet de caisse dans l’autre. Trois jeunes mendiants (à peu près mon âge, un peu moins de vingt ans à vue de nez) m’attendaient en embuscade.
« S’t’plaît, 50 centimes tu me donnes, pour manger et les enfants » me dit le garçon. Dans sa main, une pièce de deux euros. Logique. Il y a déjà de l’argent, on peut en mettre là. Derrière lui, les deux filles. Jupes plutôt neuves, mais grossières. Proprement coiffées, pas l’air vraiment misérables. Yeux discrètement agrandis. Gitans.

J’aimerais que les gitans aient une meilleure réputation en France. Mal logés, pas le droit de travailler, réduits à mendier. Notre minorité la plus pauvre.
Il y a une main devant moi.

Je le sais parce que je me suis déjà forcé à le penser : donner de l’argent ne changera rien à la situation. Ça ne fera pas de moi, d’eux, des politiciens, de meilleures personnes. Ça ne soulagera la misère de personne.

Il répète. Je me suis arrêté. Difficile de faire mine de ne pas comprendre.
Si je fuis, je suis un lâche. La pensée ne m’effleure même plus. Je les ai déjà fait répéter.
Hé, je leur ai demandé de parler ! Si après ça, je ne leur donne rien, je suis bien un connard…Moi qui cherchais juste à gagner du temps pour savoir comment tourner ça, je me suis mis dans une position d’où je ne pouvais plus repartir sans que mon amour-propre en prenne un coup.
Ces pensées ne m’effleurent même plus. Je connais la chanson. Je donnerai.
Oh, il y a toujours le coup de l’absence de monnaie. Souvent vrai, parfois faux, il permet de s’en sortir honorablement dans ce genre de cas. Si on pense bien à avoir l’air désolé. À ne pas partir avant de le dire. À regarder la personne. À faire semblant de chercher dans les poches. Et de façon convaincante. Mais je ne me sens pas d’humeur

« Steuplé, pour manger, les enfants… »
J’ai un melon dans les mains. Manger. Honnorable. Il y a une pièce de 2€ dans sa main. De l’argent à compléter. 2+0,5. 2,5€. Mon melon en coûte un peu plus. Je pense à lui donner mon melon. C’est absurde ; je comptais le manger maintenant, il faudrait que je retourne dans le magasin pour en racheter un. Et que je ressorte parmi les gitans.

Un élan de bonté me saisit. Ou une envie. Comme dans le supermarché, devant le rayon ; je ne savais pas trop quoi acheter. Il n’y avait pasz de pommes jazz. Il y en avait quelques autres. Des nectarines. Il y avait des melons. Cela fait longtemps que je n’ai pas mangé de melons, je compte les années, je prends un melon.
Je donne les cinquante centimes.

Et il s’en alla, seul dans la nuit noire, heureux comme un homme qui a donné son manteau à un autre qui avait froid…
Hé ben non !

Pas un merci, pas un sourire, rien. J’ai fouillé dans mes poches, compté cinq petites pièces. Je les ai disposées dans la main.
La main reste ouverte. Beaucoup de pièces y brillent à présent.
Les jeunes filles n’ont pas dit un mot.
Le garçon répond « Steuplé, pour manger, les enfants. »
Oui. Manger les enfants. Quelle idée super.

Je ne fais pas mine de ne pas comprendre : je ne comprends pas.
La main reste ouverte.
Elle ne se referme pas.
Il continue. « Les enfants, faut donner. »
J’attends un « merci ». J’attends qu’il referme sa main. Je ne comprends pas, je fais comme si je faisais mine de ne pas comprendre, je le fais répéter.

Il répète. Les filles le répètent. Je suis dans une position d’où je ne peux plus reculer.
Il veut échanger cinquante centimes contre une pièce de deux euros.
Hé ! cette machine à mendier est puissante, mais pas au point de me flouer une deuxième fois. Je me sens frustré. Il n’a pas refermé sa main. Il n’a pas dit merci.

Il n’en a pas le droit.

À mon sens, la mendicité est un marché. Ce n’est pas un don, ce n’est pas un transfert à sens unique, et jamais la charité n’a été cela. Une personne qui donne à un mendiant lui achète quelque chose. Elle lui achète quelque chose que seul le mendiant peut lui donner. Elle lui achète le fait d’avoir donné à un mendiant.
Elle lui achète une bonne conscience. Plutôt qu’une occasion à se remémorer (« une fois, j’ai donné à un mendiant, il était vieux et sale, il n’avait pas de dents »), elle lui achète ce moment de soulagement, comme un rétablissement de l’équilibre du monde, qui avait été bouleversé quand le mendiant l’avait abordé.
Une bonne conscience provisoire. Instantanée. Pour combler un besoin que le mendiant vient de créer.

Il y a plusieurs types de produits qui circulent sur le marché de la mendicité. Le SDF, le chômeur du métro, le gitan, la mère islamiste, le petit local du tiers monde…Il y a aussi le musicien de rue, quoiqu’on ne puisse pas vraiment l’appeler mendiant : ce serait comme d’appeler « acteur » une star de musique : ils partagent la scène, mais n’y font pas les mêmes métiers.

Je lui ai donné de l’argent. Il devait me dire « merci ». Ses yeux auraient dû briller. Sa main se refermer.
Il ne l’a pas fait.
Ce mendiant m’a volé.

Volé.
Je le sais, je l’ai compris. Si je n’avais pas donné en toute conscience, je n’aurais même pas osé le penser. Je l’aurais juste senti. Mais là, je le savais.
Il refusait de me donner ce que je voulais. Il refusait de me donner ce pour quoi je l’avais payé. Ils étaient trois à refuser. Pas un sourire. Pas un merci. Rien.

J’ai quand même parlé. Je lui ai dit qu’il ne faisait pas ce qu’on attendait de lui. Oui, j’ai osé dire à un mendiant qu’il est censé dire merci. Il n’est pas con, le mendiant, il le sait. Mais je lui ai dit que je trouvais ça dommage. Qu’il donnait une mauvaise image.
Raisonnement trop complexe. Il ne formulait pas des phrases complètes. Il s’était ménagé le droit de ne pas écouter.
Il m’avait volé. Il continuait à mendier. Il voulait échanger ses nouveaux 50 centimes contre une deuxième pièce de deux euros. Sans m’avoir rien donné.
Quel culot.

Je suis parti sans rien donner.
Je lui en suis reconnaissant. Le mendiant qui n’a pas joué la comédie. Le mendiant qui n’a pas dit merci.
Le mendiant qui m’a rappelé sans fard ce qu’était la mendicité.

Méliphagie et engagement végétalien sont-ils inconciliables ?

"Ceci n'est pas une rose"

Bon, voilà, il faut que je vous fasse un aveu : je ne suis pas une VRAIE végétalienne. En effet, je continue à consommer du miel. Celui-ci étant un produit d’origine animale, en consommer n’est pas très végétalien… Bon, quand on va sur l’association végétarienne de France consulter l’article proposant de devenir végétalien, ils ne parlent pas de supprimer le miel. Souvent, c’est dans les articles à propos des végans qu’on parle de refus de consommer du miel. Toutefois, suite à la lecture de l’article de PandaVG sur la sémantique et une remarque d’une connaissance virtuelle, je me résous à corriger l’étiquette que je me donne en « sympathisante végétalienne » ( j’aurais pu dire végétarienne à tendance végétalienne mais je trouve ça plus moche ).

Pourquoi je continue à consommer du miel ? Parce que je n’ai pas encore été convaincue qu’il implique une exploitation des abeilles inacceptable…

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La viande, c’est trop bon et alii

Alii

(Disclaimer : pour cause de snobisme, cet article commence en anglais. Aussi, ceux à qui la lointaine descendante de la langue de Shakespeare donne des boutons seraient bien inspirés de sauter les trois prochains paragraphes.)

Hi, it’s been a while.

Well, you know how it is, when you have a blog, and you have a tremendous desire to say lots of things, and you think about it all day, repeating « Oh, I could say that in my blog » or « Oh, I could quote that guy in my article » or « I have to share that with my readers », and then you don’t.
And suddently, one day, you begin to actually do something, during a few hours, and then, you realize it’s
done.

This is precisely what happened to Venus Envy (or so I guess), a fantastic WebComic, the subject of which is…transexuality.
I discovered it through Nickie’s blog (fr). Yeah, it also explains why I didn’t produce much last mounth, actually… ;p

Alii

Bon, sinon à part ça, comme je suis retourné chez mon père pour les vacances, j’ai eu l’occasion de découvrir quelques humoristes que je ne connaissais pas (ou mal), et dont j’explorerai les chaînes YouTube en temps de calme plat :

  • Joyeux Noël les enfants, avec Max Boublil. Pour le reste de son boulot ? Trop d’électro. Pis j’hésite à voir dans ses chansons et clips du sexisme ou du segond degré (des fois il s’en éloigne un peu trop pour qu’on y croie). Mais en tout cas, celle-ci, elle déchire.
    « Sais-tu pourquoi cette année,
    Maman est aussi sympa ?
    C’est qu’elle a pris la moitié
    de tout c’qu’avait Papa ! »
  • Une recette de crêpes par Pierre Repp. Remarquez, amis végétaliens, qu’elle est presque végane : les trois œufs mentionnés dans la liste des ingrédients ne sont pas utilisés, le lait est probablement végétal, et les enfants ne sont mis au four que par accident.
  • Encore un truc débile : des tas de vieux trucs par les frères ennemis.
  • La distinguée Élizabeth Buffet pète un câble en revenant d’un dîner de chez des gens qui ne boivent pas. Je me sens coupable.

La viande, c’est bon !

Et sinon…juste parce que ça revient pas mal dans mes conversations avec les omnis ces derniers temps…

- J'lui ai dit : La VIANDE, c'est trop BON ! D'ailleurs, c'est quoi ce truc que tu nous avais fait l'autre fois ? - Du seitan ! - Encore une barbaque inconnue à découvrir...

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Dites, vous trouvez pas que je m’améliore, hein ? Enfin, pas pour le dessin, mais pour ce qui est du reste, j’ai quand même réussi à éviter quelques erreurs basiques (fierté immense)