pour passer le temps…

(J’ai peu posté en mars, faut que je me rattrape ! ^^)

Intro
1.Amour hétérosexuel, amour sexiste
2.La pupuce à l’oreille
3.Penser sans amour

Intro

Je crois avoir déjà traumatisé tous mes amis avec ça, mais…il fallait bien que j’essaye un jour de disserter proprement là-dessus.
L’Amour, ça n’existe pas !
Ouf, ça fait du bien de le crier un bon coup. Voyons voir les commentaires.

Commentaire N°1
Frustré de la vie

Commentaire N°2
G un chagrin d’amour sur le

Commentaire N°3
Si d’ailleurs moi je t’aime

Commentaire N°4
Sociopathe

Commentaire N°5
Sans amour, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

Commentaire N°6
Pauvre de toi, tu dois avoir une vie trop triste et pas épanouie sexuellement tu sais c’est pas très facile sans amour…

Commentaire N°7
Les chercheurs ont mis en évidence des facteurs biologiques d’attirance mutuelle. Renseigne-toi, l’homme est fait pour vivre à 2.

Commentaire N°8
Je conçois bien qu’on puisse ne pas apprécier le côté nunuche de l’amour. Mais la réalité, ce n’est pas à ça que ça ressemble. Sur le long terme, il s’agit de partager sa vie avec quelqu’un, de lui parler vraiment, d’être sûr qu’il va vous comprendre et que vous le comprenez, mais en sachant se ménager un jardin secret. Bref, de l’équilibre quoi. Moi, avec mon chéri, ça fait trois ans qu’on se parle et qu’on partge et (…)

Vous remarquerez que d’un coup, les gens qui laissent des commentaires sur mon site sont de plus en plus nombreux ^^
La première chose qui me pousse à affirmer que l’amour n’existe pas, c’est ce matraquage que la société impose aux individus, pour leur affirmer encore et encore l’idée d’amour. Ça va des pubs hypersexualisées au cadre familial canon (idéal de socialisation et de vie adulte), en passant par les fêtes cruches, les débats sur le mariage homosexuel, et même, la caution, par le discours scientifique, du dimorphisme de l’espèce humaine (ça fait un peu Ying et Yang : s’il y a deux, c’est pour faire un, n’est-ce pas ?)
L’amour, et en particulier, l’amour hétérosexuel (dont l’amour homosexuel n’est qu’un calque qui, Dieu merci, va dans le sens de la modernité) est un construit socio-historique au nœud de notre univers social, et dont seules les siences sociales (oui, je fais assez peu confiance à la psychologie en matière de théorie :P) peuvent chercher à expliquer les facteurs et l’histoire. Je lui nie purement et simplement son statut d’émotion, et, au XXIème siècle, j’en exclus tout ce qui relève uniquement du sexe, de l’attirance biologique et physique.

1.Amour hétérosexuel, amour sexiste

Anna Karénine VS Kitty Lévine

Je ne me qualifie pas comme un historien de l’amour ; mais ce qu’on finit par retenir, à force de lire des saloperies du genre de la Princesse de Clèves (franchement, je vois pas pourquoi on a reproché à Sarkozy de qualifier ce livre de « chiant » : encore, je le trouvais gentil !), Manon Lescaut ou Phèdre de Racine (plusieurs fois ^^), c’est que l’Amour, au départ, c’était le fauteur de troubles, la passion qui vient foutre le bordel, brise les mariages, fait tomber des têtes royales (voir Les Rois maudits). Le mythe du cavalier noir qui vient enlever la jeune fille à sa famille. Le déshonneur, la folie, la grosse merde quoi.

La vision du mariage traditionnel, comme fruit et garant de l’amour durable, historiquement plus proche de nous, si elle est déjà présente dans les comédies de Molière, ne s’est véritablement affirmée comme norme qu’au XIXème siècle. Dans Tolstoï, Kitty réussit un mariage d’amour là où Anna échoue son mariage convenu. L’amour continue d’être une force, qui emporte tout, mais il devient le centre, les cœur du mariage, du noyau conjugal.

Blanche-Neige et les sept nains

Ayant récemment revu le premier Classique de Disney (dont, à 2-3 ans, j’étais un fan inconditionnel…je connaissais par cœur toutes les répliques de Cochné, comme, allez savoir pourquoi, je l’avais surnommée), j’avais envie de faire un article pour râler, montrer à quel point c’était sexiste, demander comment mes parents avaient pu me laisser regarder ça – ce que je vais un peu faire ici -, mais comme le féminisme n’est pas tout à fait ma tasse de thé et que je suppose que ça a déjà été fait, je vais intégrer ce coup de gueule dans mon article sur l’Amouuur.

Ce qui frappe un adulte qui revoir Blanche-Neige, c’est à quel point l’œuvre est anti-moderne. L’esprit des années 30 ne pardonne pas : Blanche-Neige se félicite de faire la cuisine, le ménage, l’éducation des nombreux petits nains qu’elle envoie au bain, et bien entendu, une fois sa formation de femme au foyer accomplie, de se faire tirer de sa demi-vie de Mademoiselle, par un prince nécrophile à la gueule de benêt. Mais les tâches ménagères, mieux que de s’en féliciter, elle en fait un plaisir, un besoin.
Première chose qu’elle fait, après être entrée dans la maison des Sept Nains : constater que c’est sale, s’appitoyer sur le balai qui prend la poussière, puis, révoltée, s’en saisir (non sans gronder comme des gamins les animaux qui nettoient de façon dégueulasse), et chantonner en passant la serpillère. Même, d’ailleurs, la première fois qu’on la voit, c’est toute heureuse d’astiquer les marches du jardin, chantant doucement comme Cendrillon.

Blanche-Neige gronde les nanimaux qui lèchent les assiettes

Armée de son super balai, Blanche-Neige explique aux animaux de la forêt qu'il ne faut pas lécher les assiettes. Puis elle retourne balayer en chantonnant.

Les nains, de leur côté, sont des figures assez étonnantes. À l’exception de Simplet, dont l’âge semble conforme à la taille, ils ont tous l’air d’avoir 60 ans (70 pour pépé Prof et papy Grincheux) : à la fois enfants et vieillards, ils ont parfois été analysés comme des hommes déficients (des semi-hommes, quoi). Crados, courtois, fêtards, leur principale caractéristique n’en reste pas moins d’être des hommes.
Avant l’arrivée de Blanche-Neige (après laquelle, ne pouvant être amants [« déficients, on vous dit, c’est comme ça qu’on voyait les nains avant Velasquez ! »], ils deviennent enfants-bouffons), nos 7 nains solitaires travaillent à la mine, récoltant des montagnes de richesses, examinant les diamants avec science, maniant virilement la pioche, poussant de lourdes charges et marchant au pas, au rythme de chansons rythmées, grégaires, criées en chœur (tandis que Blanche-Neige ornementait ses arpèges de chants d’oiseaux). À la menace d’un ennemi, si Blanche-Neige fuit, les nains frappent, prenant leur courage à deux mains, s’encourageant mutuellement (oui, tout déficients qu’ils sont, ils n’en finissent pas moins par se résoudre à affronter « le monstre »). Protecteurs, artisans, ils oscillent entre fierté et courtoisie, mais évitent soigneusement d’aborder le moindre signe de virilité : ce sont des sous-hommes, des prolétaires, la Princesse n’est pas pour eux.

Le Prince, enfin. On a beaucoup parlé de la figure du Prince dans Blanche-Neige, à l’époque : petite apparition au début, conclusion de l’histoire, le Prince n’est au fond qu’un symbole. Pour la figure de l’Homme, il a un bien petit rôle dans cette histoire. Et puis, comment l’Amour saurait-il être sincère avec moins de 10 minutes à l’écran ?
La chose était sentie comme un défaut. Artistiquement, c’est vrai, mais le fait qu’on le sente et qu’on le dise est très intéressant. L’Amour n’est pas une récompense : il se forge dans les épreuves partagées. Contrainte artistique mal respectée, tant mieux d’ailleurs, j’ai peur de ce qu’ils auraient fait comme scène cruche…

Bon, donc, pour revenir à mon propos, que dire sur Blanche-Neige ? Parcours initiatique d’une demoiselle qui s’apprête à devenir femme, Blanche-Neige présente les deux genres dans leurs rôles sociaux bien cloisonnés, jusqu’à ce que la situation atteigne son paroxysme : la pauvre héroïne devient la passivité incarnée, exposée dans une vitrine en tant que Beauté qui ne s’admet pas comme telle. Blanche-Neige est alors mûre pour être cueillie, et les nains cèdent la place au séducteur, au Prince. Plus de jeux de recul effrayé, de « peut-être » : ayant gardé intacts ses boucles noires, sa peau blanche et ses lèvres rouges (comment ça, « obsédé » ?) tandis que son Prince courait probablement la guidoune, la princesse suit son prince, monte pudiquement sur le destrier, symbole traditionnel, chez le chevalier, du désir et du corporel, et ils vont s’installer en banlieue dans un château 5 étoiles.
Le Couple sexiste, L’Amour en récompense, Lômme et Lafâme, parce que, comme le dit la formule consacrée, on ne peut vivre heureux qu’à deux, et en ayant beaucoup d’enfants.

Par bonheur, si le sexisme insidieux demeure encore assez prégnant dans la réalité du couple (n’allez pas me dire que ce n’est pas le cas, sinon Disney aurait honteusement désavoué Blanche-Neige comme si c’était une œuvre pro-Nazis, et je ne l’aurais jamais vu étant petit), il a disparu de la notion d’Amour (ou en tout cas, c’est bien épuré). Je crois que la libération des discours et des mœurs des années 70 ont aidé à distinguer Amour, sexe et mariage.
C’est bien.
En revanche, la notion d’Amour existe toujours, pure, avec des petits oiseaux et des cœurs roses.
C’est mal.

2.La pupuce à l’oreille

L’Amour, on en parle partout. Tout le temps. Sur tout. Trop. Érotique, Platonique, impossible. Centre des chansons commerciales, des clips, des films à grand public, cœur du pathétique au théâtre et dans les romans à l’eau de boudin. « L’Amour triomphera » nous enseignait la Belle au Bois Dormant.

Cupidon

Pour commencer, l'amour c'est NUNUCHE !
Bon, le site des gens qui ont fait ça l'est un peu moins, mais...

L’Amour, c’est le Bien. Amour salvateur, amour christique (le Chevalier de la Charette), l’Amour défie le Mal (Beren et Lucien, par Tolkien), défie la Guerre (Pocahontas), défie les conventions et l’étroitesse d’esprit (Edouard Mains d’Argent), défie tout ce qui peut se défier. L’Amour est excitation et aventure (Madame Bovary), l’Amour est force, l’Amour est plaisir, l’Amour est danger. Et l’Amour est repos, pleinitude, accomplissement de soi, épanouissement.

Pocahontas sauve John Smith

Chaque année, dans le monde, l'Amour entraîne la mort accidentelle de 500 jeunes filles, qui se jettent sous la massue de leur père pour tenter de sauver leur amant.

L’Amour, c’est la Vérité. C’est la Vie.
Il s’impose à nous au moment où on l’attend le moins.

L’Amour, ça ne s’explique pas. Mais ça s’explique. Psychologie, Freud, psychologie de magazine, cartographie, crisallisation et désillusion, biologie moléculaire, cerveau, hormones, magnétisme (^^), goût de la salive, karmas divers et variés, goûts communs…les sciences les plus dures s’évertuent à affirmer qu’elles percent des secrets de l’Amour, comme si elles avançaient sur une terre interdite, dérangeante…
Hé bien scoop ! l’Amour n’a qu’un seul secret : c’est de ne pas exister ! Et toc !

En un mot, l’Amour est né-ces-sai-re. Transgression ultime, l’Amour se construit contre ; création d’individus, l’Amour se construit pour ; socle de la société, l’Amour se contruit dans. L’Amour est l’objectif, le rachat, la RAISON de tout, Dieu et univers, passé avenir et carpe diem.
Bref, l’Amour, vous n’y échapperez pas.

« Quoi que je fââsseu,
Oooù que je sois,
Rien-hein ne t’effââceu,
Je pense à toi… »

Ça m’a mis la pupuce à l’oreille. Y’aurait pas comme un gros vieux MYTHE derrière tout ça ? Vous savez, un peu comme l’idée de Perfection, la Démocratie, le Progrès, le Bonheur…

3.Penser sans amour

« Ooooooohhhh, mais quelle vie triste ce serait ! »
-_-‘ Last thing I wanna hear…

On va encore me traiter de frustré de la vie, me dire que dans 5 ans j’aurai changé d’avis (ce n’est d’ailleurs pas impossible, encore que ça ne prouve rien), mais pour le moment, je suis célibataire endurci et je compte bien le rester !
Et si ça change, y’a fort à parier que ça remettra pas en question ma désapprobation de l’idéologie amoureuse, sur le plan intellectuel, de toute façon. Et puis, j’en suis probablement pas à une contradiction près.

On peut très bien vivre sans amour. Très tranquille. Comme on veut. Sans être obligé de se caser dans les images stéréotypées du gars qui sort avec ses potes, ou du type bizarre qui collectionne les jouets. Moi, pour ma part, je rêve entre autres de dormir dans un hamac, d’écouter des OST de films et de FF (oui, c’est assez merdique pour ne pouvoir être fait qu’en l’absence de tout être vivant), de vivre la nuit, de ne pas avoir de meubles, de laisser tout le temps des papiers épars sur le sol et d’avoir deux rates. Rester un « célibataire » sur le plan du ménage, aussi XD
Ben à deux, c’est la merde. Y’a pas à faire de compromis : ce genre de fantasmes, ça s’envisage même pas, et on les garde pour soi ! La moindre petite excentricité se mue en problème insoluble. Les loisirs se font bouffer. Tout, tout, tout ce que vous faites chez vous est surveillé. Je n’ai jamais été en couple, mais même si je suppose que c’est une expérience assez agréable (dans la mesure où c’est quand même une personne qu’on aime), le principe me fait dégueuler.
Bon, ça c’était pour la séquence liberté du célibataire. Mais ce que je veux dire, c’est que je ne sais pas s’il « manque » vraiment quelque chose au célibataire. S’il n’y a pas d’autres facteurs d’intégration sociale qu’il puisse trouver.

Aaaaah, un autre sujet qui m’énerve dès que j’ouvre un magazine féminin. La sexualité. Ce terme, qui semble tout droit sorti d’un manuel de biologie sur les comportements des vertébrés (oui, ça fait moins bandant, si on le pense comme ça), a été le socle sur lequel s’est construit la légende qu’il était :

  • nécessaire : Pas de vie sexuelle ? Vous ne serez jamais heureux. D’ailleurs, les bourgeois de la fin du XIXè étaient frustrés, c’est pour ça qu’on leur a coupé la tête qu’ils exploitaient les pauvres…
  • épanouissante : Quelle partie ? Celle qui consiste à se frotter les gonades ? À se regarder dans les yeux en papillotant ? À se demander si on assure ? Ou à ne pas avoir d’orgasme ? Activité névrotique, oui !
  • amour : si vous aimez pas la personne avec laquelle vous baisez, vous êtes une pute. Non, faut bien différencier sexe et sexualité. Le sexe, c’est purement corporel. La sexualité, en théorie, c’est les pratiques sexuelles, en pratique, c’est l’intimité de la copulation Amoûûreuse. Quand on parle sexualité et épanouissement, c’est un échange qui unit bien plus que deux corps, c’est la fusion de deux esprits (voir Rencontre avec Joe Black…)
    Enfin, c’est sans penser aux idées parasites qui viennent nous déranger tout du long pendant l’acte…

Cette « sexualité de couple », de la fidélité, du bonheur dans les bras l’un de l’autre, c’est à mon avis la survivance moderne (et remise en question de façon assez marginale au sein du couple) du modèle de la famille chrétienne traditionnelle.
Mais ce que je reproche le plus au « devoir conjugal », c’est son aspect contraignant. Clair, d’ailleurs, qu’on n’est pas un vrai couple, une vraie union, si on baise pas ensemble. On ne peut pas être amoureux et vivre ensemble, sans partager ses désirs, bien sûr. Ça ne se conçoit pas.
Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus que les discours construisent la notion d’amour comme un Mythe, relisez bien ces deux dernières phrases, et gravez ces mots dans votre tête : « Ça ne se conçoit pas. »

(Dernière chose : les enfants. Considérations en mode utopique 😛 Comment penser les enfants dans un monde sans l’Amoûûr, et donc, sans couple ? Ma foi, pour éviter le sexisme, on peut rapeller que peu importe qui passe 9 mois à fabriquer le moutard (activité dont la nécessité ne me convainc pas plus que ça de nos jours), les deux parents doivent arrêter de travailler, les deux parents doivent s’occuper de lui et le prendre en charge financièrement.
En ce qui me concerne, dans un monde sans couples, je crois que les réseaux sociaux suffiraient à mettre en relation les gens de chaque sexe (encore que…) qui voudraient avoir un enfant, lesquels pourraient alors faire connaissance, voir s’ils s’entendent sur les questions d’éducation, se considèrent l’un et l’autre assez stables pour êtres liés durablement par un lien juridique qu’est la parenté, et paf ! ça fait des chocapic !)

Et puis merde, y’a quantité de choses à faire sans s’enticher de la première paire d’yeux venus ! Lire, bavarder, intellect, art, amitié, engagement, transformer son boulot en plaisir, se faire un jeu vidéo, sortir…
L’elfe demandait un jour si le Bonheur était dans l’assiette. Après avoir promis qu’elle chercherait à définir le Bonheur, elle a oublié l’affaire. Moi, je demanderai pour aujourd’hui : le Bonheur est-il vraiment dans le lit ?
En fait, la réponse à cette question, c’est oui…mais seulement parce que le seul bonheur qu’un être puisse espérer, c’est de ne plus être ! 😛

EDIT du 4/5/2012 : Je ne suis pas tout seul ! 😀 Une amie m’a envoyé un lien vers une interview anti-amur. Apparemment, y’a toute une culture célibataire out there. Un jour, je penserai à sortir de chez moi ^^

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Commentaires sur: "Un jour, mon prince viendra…" (16)

  1. hébé a dit:

    « Je suis pour l’abolition de la notion de sexe. Qu’on ne considère même plus comme “naturel” que le vagin, l’utérus, les seins d’un côté, et le pénis, la pilosité faciale, la voix grave, aillent ensemble dans deux groupes distincts et établissent un clivage éternel entre une partie de l’humanité et l’autre. Que les caractères sexuels, qu’ils soient secondaires ou même primaires, ne soient plus considérés comme des choses plus importantes que d’avoir les yeux bleus ou les cheveux roux, de porter la barbe, d’avoir la peau brune ou d’avoir un sixième orteil (enfin, le dernier cas est quand même une particularité assez cool en soi pour que les gens s’en émerveillent 😛 ) »

    mais je suis tout à fait en phase avec toi, mais là encore c’est de la culture. Si on était né asexué, y-aurait pas de souci. Quand je te parle de génétique, je parle aussi de l’évolution, on n’y échappe pas, ça n’a rien à voir avec le gène de la violence, ça c’est de la foutaise idéologique.

    Pour la génétique, j’ai lu en partie « le hasard et la nécessité » de Jacques Monod (il date de 70, il y a eu des progrès depuis, mais c’est une ouvrage de haute teneur, et Jacques Monod, son humilité, ça me parle.
    Pour les conférences: http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/la_notion_d_evolution.1287

    et pi, ya un type que j’adore, c’est Jean-Claude Ameisen: http://www.youtube.com/watch?v=UFExJ7hXXIk&feature=relmfu

    passe une belle journée, par chez moi, ya du soleil.

  2. hébé a dit:

    Je crois que tu n’as pas compris mon propos, la génétique n’a pas de morale, donc pas de doctrine, donc pas de -isme comme féminisme, ça c’est de la culture.
    Je me suis battue pour l’égalité des femmes et je continue, alors mes propos seraient « machistes »?
    Mon parcours, ma recherche personnelles m’incitent à penser que nous sommes déterminés par nos gènes.
    Peu d’espace donc pour ce cher libre arbitre sartrien.
    Si tu écoutes et lis un peu les généticiens, tu t’aperçois vite que tu fonctionnes sur un modèle de transmission de gènes et que tu développes des stratégies pour transmettre les tiens. Peut-être ne faut-il pas appeler amour maternel cette disposition à protéger les petits. Je ne sais pas. C’est difficile à admettre culturellement l’idée de machine. Cela n’a rien à voir avec la culture.
    La culture on la transmet aussi, avec les légendes qui vont avec, et forcément elle s’inscrit dans nos comportements.
    Maintenant pour surmonter tout ça il nous reste la connaissance, apprendre comment ça fonctionne un humain, il nous reste ce que tu fais: accéder à un maximum de savoirs qui nous font réfléchir et progresser. La biologie, la génétique donnent un certain nombre de réponses. Perso, je ne pige pas tout, mais je prends quelques distances avec toutes les idéologies par questionnement personnel. La guerre, la cruauté, tout comme l’amour font partie de l’humain. Tu vois, je continue à chercher à comprendre. Et je trouve plus de réponses dans la génétique que chez les philosophes, quoique Spinoza avait déjà émis cette idée dérangeante de déterminisme, ce qui lui a valu l’exclusion et la solitude.

    En résumé, je suis déterminée biologiquement et culturellement, le peu d’espace qui me reste avant le bonheur absolu de n’être plus, c’est d’apprendre encore, ce qui n’empêche pas de continuer la bagarre partout où je peux pour l’égalité, l’écologie, les animaux.

    J’ai pas été maman câlins non plus, mes compagnons à poils en reçoivent sûrement mille fois plus que mes fils en ont eu, mais je les aime tous! merde! C’est pathétique! 🙂

    • J’ai dit sexisme, pas machisme. 🙂 Pour moi, l’idée que les différences génétiques et hormonales entre hommes et femmes ont une influence sur les comportements participe pleinement de la prééminence du sexe sur l’individu dans la perception des êtres humains. C’est la racine de la discrimination.
      Je suis pour l’abolition de la notion de sexe. Qu’on ne considère même plus comme « naturel » que le vagin, l’utérus, les seins d’un côté, et le pénis, la pilosité faciale, la voix grave, aillent ensemble dans deux groupes distincts et établissent un clivage éternel entre une partie de l’humanité et l’autre. Que les caractères sexuels, qu’ils soient secondaires ou même primaires, ne soient plus considérés comme des choses plus importantes que d’avoir les yeux bleus ou les cheveux roux, de porter la barbe, d’avoir la peau brune ou d’avoir un sixième orteil (enfin, le dernier cas est quand même une particularité assez cool en soi pour que les gens s’en émerveillent 😛 )
      Je ne fais pas confiance aux généticiens. J’ai dans l’idée que nos connaissances sont très limitées dans ce domaine, et que dès qu’un type essaye de soulever l’idée d’un gène de {prédisposition à} la violence, des crétins comme moi ou ses collègues pudibonds lui tombent dessus, et démontrent le contraire. Si tu as des liens, des conférences Youtube, je suis néanmoins intéressé (dans un état d' »ouverture d’esprit », cela s’entend)

      Je dois t’avouer que je n’ai pas lu Sartre.
      Mmmh j’ai peut-être été un peu au-delà de mon esprit dans ma réponse. Dire d’un bébé qu’il devient « un être humain autodéterminé », c’est peut-être plus que ce que je ne pense. Le psychisme est autodéterminé selon moi ; mais pour le reste, effectivement, les facteurs extérieurs sont extrêmement contraignants…suffit par exemple d’essayer de penser sans les mots : c’est juste pas possible ! Mais selon moi, tout là-dedans n’est que culture.
      Il n’y a pas de « réponses » à chercher. J’espère aussi peu en la philosophie pour me parler de cela ; je me nourris plus facilement en pensant sociologie, en observant et jugeant des petits faits de tous les jours.

      Apprendre. Si la connaissance a un rôle salvateur, ce n’est pas dans le Progrès des Savoirs humains vers la Vérité. Je pense que c’est en ce qu’elle nous permet de nous tailler un chemin dans le monde que nous aurons choisi, de nous construire nous-mêmes comme des êtres de conviction : un rôle bénéfique pour le seul individu, donc, en soi.

  3. hébé a dit:

    As-tu pensé que le mot amour a le même radical que maman? âme? ami?
    Je ne sais pas si ta mère t’a aimé, mais tu sembles très équilibré, alors je pense que tu as baigné dans cet amour qui est incontrôlable pour une femme, à l’exception de quelques-unes, je ne connais pas de maman qui n’est craqué devant la morve incomplète qu’on lui a mis dans les bras. C’est surement génétique, enfin je crois. Les petites machines que nous sommes recherchent parfois le doux bruissement des odeurs de maman. Un réconfort dans ce monde malodorant.
    Moi, c’est l’idée de bonheur qui me débecte, c’est du consommable, de l’illusion, il aurait tendance à me faire fuir. Je lui préfère les petites joies qu’on glane à droite à gauche, regarder une vache par exemple, ya pas plus apaisant.

     » le seul bonheur qu’un être puisse espérer, c’est de ne plus être ! », ben oui. 🙂

    • (Content de te revoir ^^)
      On est d’accord sur le bonheur, globalement. Enfin, y’a quand même plus de joies à gauche qu’à droite…
      ——–>[]
      Cependant, on risque de se becqueter méchamment sur l’amour maternel ^^
      Sur la question du radical, le radical est un morphème (comme une pièce de puzzle de mot) hérité (par évolution phonétique) du latin, ou emprunté à une langue. Il forme une seule et même unité. Ainsi, mama (qui semble être un cas à part d’après le wikitionnaire), amicum et amorem ont donné, à raison trois radicaux complètement différents. De même qu’entre neuf, beuf, œuf, les similitudes phonétiques de ces mots ne sont qu’un accident, et jamais un argument.

      « cet amour qui est incontrôlable pour une femme (…) C’est surement génétique, enfin je crois. »
      Houlah ! tu as de la chance que je ne sois pas une vraie féministe, je crois que ça m’aurait mis en colère. En fait, ça m’énerve un peu, déjà :p
      J’aime pas la notion d’instinct. Elle manque de science. Et l’instinct maternel !…La femme et les enfants, unis dans la domination qu’ils subissent, ne sont pas liés par nature : la maternité n’est pas une condition différente de la paternité, la femme n’est pas plus sensible, elle n’a pas d’émotions « naturelles » envers les enfants. Pas de chemin neurologique dans le cerveau qui lui dise : « tu aimeras les enfants, tu aimeras la cuisine, tu feras le ménage, tu changeras les couches du bébé »
      Et j’insiste bien là-dessus : au-delà des premiers mois, je ne crois pas du tout à l’existence d’un quelconque instinct chez l’homme. Ni chez les mammifères dans l’ensemble. Nous sommes des êtres sociaux. Notre psychisme se construit dans nos comportements, nos comportements dans la société. Notre boot loader, c’est la curiosité et l’essai de son corps, de ses sens, du monde ; une fois que le bébé comprend deux mots de langage, il est devenu ce qu’il sera toute sa vie : un être humain autodéterminé, qui se nourrit de l’environnement social qui l’entoure.

      Donc, pas de pulsion maman dans les gènes. Je perçois cela comme du sexisme de bas étage.
      Maintenant, imagine ce qu’une féministe t’aurait mis 😀

      Et si tu te demandes, si ma maman m’a toujours beaucoup aimé. Mais on n’a pas les rapports les plus harmonieux depuis l’adolescence 😉 Et puis, elle n’avait pas le gène du câlin, ça a peut-être joué aussi.

  4. AudVoo a dit:

    J’ai adoré cet article qui m’a fait mourrir de rire par le ton! Merci 🙂

    • Tiens, la page « Feel Free to Comment » a porté un fruit ^^ Bref, ne faisant pas avancer le shmilblick (dont on ne sait pas à quoi il sert de toute façon), il m’a néanmoins causé un immense plaisir (et pas seulement de vanité).
      Prends exemple sur AudVoo, visiteur anonyme ! (faites pas semblant, je vous vois !)

      Je l’avais bien dit : « Vous remarquerez que d’un coup, les gens qui laissent des commentaires sur mon site sont de plus en plus nombreux ^^ »

  5. « La première chose qui me pousse à affirmer que l’amour n’existe pas, c’est ce matraquage que la société impose aux individus, pour leur affirmer encore et encore l’idée d’amour »

    Pourquoi est ce que ce serait forcément tout ou rien ?

    Pourquoi passer directement de :  » L’amour, (…) est un construit socio-historique » à « Je lui nie purement et simplement son statut d’émotion » ?

    Il ne me semble pas totalement inconcevable que ces deux aspects (pour ne garder qu’eux ) soient mêlés, voire intriqués, et je vois pas pourquoi l’un devrait exclure l’autre.

    Après je suis d’accord avec toi sur le côté normatif de la chose (une image de l' »Amoûur idéal » qu’il faudrait à tout pris respecter, et le fait que « célibataire » soit forcément associé à « solitude », « frustration », etc…. ), qui n’est pas forcément génial.

    Mais pour autant je pense pas que ça doivent vider de tout son sens ce truc qu’on appelle « l’amour ».

    • Ah, un commentaire orienté débat 😀
      Quand je dis « La première chose qui me pousse à affirmer que l’amour n’existe pas, c’est ce matraquage », il faut prendre « me pousser à » au premier degré en fait. Dans le fond, c’est une concession, une forme d’honnêteté intellectuelle qui n’a pas vraiment envie de trop s’afficher. J’avoue : je réagis contre, émotionnellement.

      « Je lui nie purement et simplement son statut d’émotion »
      C’est une question d’opinion personnelle, mais j’en ai tellement marre d’entendre cette explication « naturalisante » du phénomène que je réagis contre.
      En fait, on pourrait rédiger plusieurs centaines de commentaires polémiques et constructifs, sans redite, pour chercher à définir ce qu’est une émotion, et si l’amour en fait partie. Mais ce que je veux dire avec cette phrase, c’est que le sujet n’est pas passif face à l’Amour : c’est un état d’esprit qu’il construit lui-même activement, plus ou moins inconsciemment, par associations, l’aménage progressivement de rêveries, d’impressions, redessine les traits de l’être à aimer, souvent pour des raisons complètement étrangères aux simples stimuli réels qu’il reçoit de cette personne. On choisit de « tomber » amoureux, on maîtrise tout sans jamais se l’avouer (on ne se force jamais à être amoureux, c’est dans la Définition de l’Amour).
      L’idéologie amoureuse, incorporée par celui qui se fait amoureux, préside à la création de cet état d’esprit, dans lequel, se remettant à volonté, même – et surtout – en l’absence de la chose-aimée, il décide de trouver une « émotion unique »
      En gros, le fait que ce soit un construit socio-historique n’annule pas l’émotion : il la crée et lui donne un nom.

      Enfin, voilà mon impression.

      • Et je rajouterais, pour ma part, que ce qui me dérange c’est cette distinction qui est faite entre l’Amour, le seul, l’unique, de l’Être aimé et les autres amours, pour les amis, la famille… Pour moi c’est un seul et même sentiment, seule la relation change et l’intensité.

      • C’est marrant, on n’est pas tout à fait d’accord. Pour ma part, je trouve intéressant de séparer l’Amoûr des autres « formes » d’amour, ne serait-ce que parce qu’il se définit lui-même comme quelque chose à part…comme unequête en fait.
        Après, dans sa vie de tous les jours, considérer l’Amour comme une sorte d’amour renforcée, c’est bourrer un peu dans le mythe du Prince Charmant, alors je ne suis pas contre 😉

  6. l'elfe a dit:

    Coucou Belgland. Je n’ai pas oublié l’affaire, disons que c’est sur pause! Mais je compte y revenir. C’est vrai que la majorité des gens placent leurs espoirs de bonheur dans une éventuelle rencontre avec une éventuelle personne qui leur ferait vivre une éventuelle relation. C’est triste. On le voit bien dans blanche-neige ou d’autres: le prince charmant est celui qui vient de sortir de ton merdier et t’emmener dans un grand château. C’est une éducation qui nous encourage (surtout les femmes, mais les hommes aussi dans une certaine mesure) à accepter d’être malheureux parce qu’on pense que c’est à cause de l’absence de notre prince ou princesse, et que cette situation a nécessairement une fin. Au final c’est aussi illusoire que de croire à la petite souris. Sur ce coup, nous ne sommes pas tellement moins crédibles que les gosses de 4 ans. Et ça nous rend malheureux, parce que c’est déjà assez difficile de trouver le bonheur en le cherchant là ou il est (c’est à dire en soi), alors en cherchant là où il n’est pas… Après tout, quand on est pas heureux seul, quand on attend d’un Autre qu’il comble nos lacunes, qu’il comble tous nos désirs, qu’il corresponde à nos fantasmes et nos idéaux, qu’il efface nos défauts, qu’il nous transforme en quelque chose… Quand on attend tout ça d’une personne avant même de la connaître, peut-on être heureux en couple? Est-ce qu’on ne doit pas justement apprendre à être heureux AVANT de se mettre en couple (si tant est qu’on doive se mettre en couple…), est-ce que ce n’est pas nécessaire d’être un minimum épanoui pour avoir une bonne relation avec quelqu’un?

    • J’étais sûr que tu viendrais ^^
      En effet, on sent l’article sur le bonheur en germe. Je suis impatient de le lire ^^ Après, on sait bien que nos idées ne vont pas nécessairement dans les mêmes directions, mais je doute que je puisse considérer ce que tu dis comme faux.
      Les mythes de l’amour, et même peut-être, l’idée même d’amour, au cœur d’une définition erronnée du bonheur…y’a pas à dire, ça me parle !

  7. Vi, vi, j’ai bien noté ^^ C’est aussi cette idée qui me dérange et non la forme, en fait c’est bien ce que tu dis, on nous dresse à l’idée qu’il faut trouver l’amour pour être complet, après ça se décline en plusieurs gammes – amour passion, amour aventure, amour fleur bleue, etc. Mais toujours l’idée qu’il faut avoir besoin de l’autre, que l’autre nous est nécessaire, que, que, que… ( toujours la fatigue ^^ ) Et du coup, bien souvent on se plie à une relation, on s’y oublie ( sauf que je ne l’entends pas au sens positif ), et on se retrouve à ne plus être soi-même mais c’est pas grave parce qu’on a trouvé l’amour… Mouais, pas terrible comme projet de vie…

  8. J’ai beau être mariée et heureuse de l’être, je suis plutôt ( tout à fait, en fait ) d’accord avec toi. Je pense que c’est un des pires diktats que la société nous impose parce qu’il est tellement bien présenté, tellement bien rabâché que tout le monde l’a intégré et donc personne ne pense à le remettre en question. Mais j’espère que ça viendra car c’est vraiment un boulet dans la construction de la personnalité et du parcours d’un individu. ( rholala, je suis fatiguée, je sais pas si mes phrases sont compréhensibles )

    • Phrases très compréhensibles en dépit de l’heure, et j’en pleure de joie ^^
      Note que ce que je remets en question, c’est pas juste la forme (ce qui se voit le plus – ça, tout le monde le fait plus ou moins à sa sauce), c’est bien le fond, l’idée d’amour.

      L’important, au point où on n’en est, ce n’est pas de vivre en ermite frustré, c’est d’affirmer que peut-être le sentiment amoureux n’est qu’un gros mensonge qu’on se fait à soi-même.

      « un boulet dans la construction de la personnalité » : ça aurait bien mérité une sous-partie, ça ^^

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