pour passer le temps…

Adieu, Alain…SNCeF

Les incnnus font la graiveIl y a quelques jours, une petite aventure super marrante m’est arrivée. Une aventure qui m’a forcé à repenser un peu à mon expérience des voyages.

Ça ne fait que trois ans (à la louche) que j’ai fait connaissance avec la SNCF. Je n’y vais que pour mes vacances d’étudiant. Et pourtant, nombre accidents et mauvaises surprises m’ont déjà ennuyés. Ne parlons pas (1) des petits retards des 30 minutes qui sont monnaie courante, (2) des correspondances ratées remplacées par des bus où je me sens encore plus malade, (3) des trains qui arrivent 5 minutes juste après le passage du dernier autobus (super les horaires) ou (4) des vibrations du train qui, comme ce n’est pas indiqué, bouzillent les secteurs de surface du disque dur interne neuf de votre laptop de façon à vous griller votre système patiemment configuré il y a un mois.

  • Il y a eu cette fois avec la grève, où on ne m’avait pas prévenu que ma correspondance allait sauter. On m’a fait monter dans un train quand même, et je me suis retrouvé à dix heures du soir avec une valise lourde comme moi, en novembre, dans une ville que je ne connaissais pas, à 150km de ma destinaton. On m’a promis le départ prochain d’un bus que j’ai attendu jusqu’à minuit. Enfin, on m’a hébergé dans un train (super, droit de dormir sur les banquettes !) avec un fumeur insomniaque. J’ai fini, avec plus de 12 heures de retard, le trajet dans un bus (T____T), sur des routes de montagne, à côté d’un gars qui humait son cigare à chaque escale (du coup j’avais peur de sortir prendre l’air, et quand il revenait je changeais encore de couleur).
  • Oh, et cette autre fois, absolument sympathique, où, en période de fête, il n’y avait pas 1cm² d’espace libre sur le sol. En fait, je crois qu’il y avait deux couches de valises, dont émergeaient çà et là des voyageurs. Et ils osent appeler ce genre de choses une « place » ?
  • Pour les vacances de Noël, je me suis retrouvé une fois à voyager (à nouveau en montagne) dans un petit train de deux wagons, en forme de suppositoire géant, dont on se demandait s’il allait tenir jusqu’au bout. Il n’a pas tenu. Deux stations après le départ, les moteurs ont lâché. Un peu après, les radiateurs ont suivi. Les fumeurs n’ont plus eu le droit de sortir, car il faisait froid (hé oui, en plus c’était en montagne). Après 2…3…4…5 heures d’attente ! (contre 2,5 initialement annoncées), on s’est fait remorquer jusqu’à la gare d’où on était partis (chouette, on aurait pas pu se faire remorquer dans l’autre sens ?), où on nous a entassés dans un bus (j’ai déjà dit à quel point j’aimais les bus ?) et distribué les salades en boite les plus infectes que j’aie jamais mangés (et attention, en termes de plats en boite, j’ai de l’expérience !)

Tout ça sur fond de lente augmentation des prix. En fait, je crois bien être passé de 17 à 24 euros à 24 à 27 pour mon trajet simple habituel (mais faut dire que leur système de prix est si compliqué et incompréhensible, avec les zones bleues, blanches et rouges, les différentes correspondances possibles, les réductions diverses et variées en fonction de la date d’achat du billet et de l’utilisation d’Internet…d’ailleurs, c’est bien simple : d’un trajet à l’autre, ça fluctue énormément)
Enfin, n’en reste pas moins que j’ai fait une grosse bêtise. J’ai acheté la carte de réduction 12-25 (oui, je révèle une information personnelle sur le net :s). Il me semble que comme elle coûte quelques dizaines d’euros, il serait difficile de la rentabiliser (elle réduit de 50% quand ça coûte pas cher, et de 30% quand ça coûte cher).
Hé bien, vous allez voir le beau calcul.

À quoi sert une carte de réduction, initialement ? Vous me direz : à obtenir des réductions d’un côté, et à fidéliser les clients de l’autre. Mais mon aventure concernant un trajet à 20 euros environ, que je n’ai payé que 10 à cause de ma carte de réduction, j’aimerais avant de vous raconter ma dernière histoire vous demander : comment la SNCF peut-elle se permettre de faire des réductions pareilles aux jeunes gens (ou aux vieux, allez savoir pourquoi) ?
Ça veut dire qu’elle vend à perte aux jeunes ? (pas d’après l’agent SNCF Stéphane Leroy, en tout cas : « je suis désolé de vous dire ça jennifer mais la sncf ne peut vous vendre des billets a perte faut être logique. ») Mais ça n’engage que lui.
Ça veut dire qu’elle prend la moitié du billet en pur bénéfice chez les autres voyageurs ?…ah, c’est peut-être ça…

Bon, donc, allons-y avec mon histoire. Je devais faire un bref aller-retour, rester une heure et demie avec une personne que je voulais voir en gare, et revenir fissa pour me pointer en cours. Coût de l’opération : 50%x40€=20€ (en gros). L’aller va bien. Mon rendez-vous arrive avec 30 minutes de retard (pour 20€ la séance je me sens floué). Et trois minutes après les séparations larmoyantes, c’est le retour.

Je suis las, je pense pas à composter mon billet (allez savoir, quand il reste moins de 5 minutes avant le départ du train vous avez envie d’aller tout de suite sur le quai), et donc, quand je monte dans le train avec le contrôleur, je me dis : « Tant pis, je lui dirai que j’ai pas pensé à composter, il comprendra, ils ont l’habitude ».
D’ailleurs, j’aimerais râler un coup contre ce terme hideux : c’est quoi, ça, « composter » ? Qui a eu cette idée dégueulasse de transformer un billet en « compost » (=tas de matières végétales en décomposition) ? Beuârk ! Du « compost »…c’est franchement dégeu. En fait, le terme est tellement ridicule que ça donne pas envie de composter.
Ensuite, virez-moi ces putains de machines ! À l’endroit ? À l’envers ? Non, dans l’autre sens. Ben, essayons la 4ème possibilité. Tiens, ça marche toujours pas ? Il n’y a pourtant pas 36 solutions…on enfonce à fond, alors…ben dans l’autre sens…Et après une demi-heure de tentatives infructueuses, on revient à la première position et la machine émet un son dégueulasse charmant « KKRIRRK ! », qui me fait penser à tout sauf à un tas de gazon tondu à 80° abritant une colonie de bactéries.
Et puis vous savez quoi ? Vos machines de merde, elles sont JAUNES.
Et on est obligés de composter les billets dans la gare. Ce serait si simple de redescendre sur le quai une fois qu’on a posé ses bagages, mais noooon, il faut être dans la gare, avec la grosse valise sur le pied, les gens, le bruit, la maman et sa fille qui font la queue pendant que tu cherches un troisième côté pour composter ton billet, et cette insupportable petite musique (do – sol – lami) suivie de cette voix à la Gattaca qui t’annonce que « Le train TER numéro – 18339 – à destination de – Illier-Combray – initialement prévu à – 12 heures 25… »
Bon, de toute façon, le contrôleur m’a sèchement demandé si le compostage c’était pour les chiens, et il a laissé passer.

Sauf que…voilà, y’a de ces jours, on aurait mieux fait de pas se lever. En cherchant la carte 12-25, machinalement, je me suis rendu compte que la carte 12-25 était chez moi. Hé hé…bon, comment fait-on ?
Surtout, surtout, n’oubliez JAMAIS votre carte de réduction dans un train.
Dans ce cas, vous payerez plein tarif, mais en présentant le billet et la carte au guichet, vous pourrez vous faire rembourser ; en revanche, vous aurez casqué pour 10€ de « frais de dossier ».
Sur le coup, je ne me suis pas énervé, mais à la réflexion, je me demande…10€ de frais de dossier ? 10€ ? Sur un trajet que je paye 10€ ? Autrement dit, le fait que j’aie oublié ma carte vous coûte aussi cher que d’organiser mon voyage, vérifier les payements, administrer votre truc, entretenir vos lignes et matériels, employer vos conducteurs sur près de 100km ? 10 € de frais de dossier pour que le contrôleur dise : « Il disait avoir la carte » à la compta ? À l’heure de l’informatique ? Ho, je prétends pas remettre en question votre vision de la gestion administrative, mais si ça se répercute sur mon portefeuille, si, je le fais. Et d’ailleurs, je pense que 9,78€ aurait été un prix plus normal. Non, parce que 10€ pil poil de frais de dossier, ça se vend pas très bien, on a comme l’impression que ce sont 5,01€ savamment arrondis vers la dizaine supérieure.

Mais je ne suis pas du genre à râler pour 10€, et d’ailleurs, ça n’aurait rien changé. Sauf que voilà. J’ai voulu payer par carte. Maestro.
Le contrôleur a grimacé. Il a mis la maestro dans son bidule. Il a patienté. J’ai tapé le code.
La carte a été refusée.
Bon, ils refusent un moyen de paiement relativement standard, soit. Qu’à cela ne tienne, il me demande si j’ai du liquide. J’en ai pas.
Pfiouuuuu…ne peut pas payer dans le train ? Alors voilà, j’ai un conseil vital : si vous croyez que se promener avec une carte de crédit, une carte bancaire, une carte vitale et une carte d’identité sur soi en permanence vous permet de faire face à la plupart des problèmes dans la vie, n’allez JAMAIS en train sans votre carte de réduction, ou sans une centaine d’euros en liquide ! Sinon, voici ce qui vous arrivera.
Mon amende est passée de 10 euros tout rond à…65,20€ ! (à payer dans les prochains mois, sans quoi les frais de dossier augmenteraient de façon exponentielle. Comprendre : ne prends pas le risque de comprendre comment ça fonctionne, paye le plus vite possible). Quoi ? 53€ de frais de dossier pour que le contrôleur dise : « Il disait avoir la carte » au guichet et à la compta, et que le guichet dise « Il avait bien la carte » à la compta ? Mais c’est du vrai foutage de gueule !!!
D’ailleurs, au guichet, on ne m’a pas reversé ma réduction.

En tout, donc, le trajet est revenu à environ 75,40€. Soit, si on arrondit vers le supérieur avec autant de talent que la SNCF quand elle cherche à mesurer ses frais de dossier, quatre fois le prix du voyage sans la réduction. Huit fois le prix intial. Parce que j’avais pas de liquide.
Euh…vous pouvez me rappeler à quoi ça sert de payer une carte de réduction ? À avoir des réductions ? À fidéliser les clients ?
Non. La carte de réduction est un véritable piège à clients. La plupart des étudiants économes qui pensent grapiller ainsi quelques euros ne prennent pas en compte le fait qu’un jour, ils oublieront leur carte de réduction, et devront payer 10€ qui feront la différence. Voire 65€. Ou plus.

Faire payer un gars parce qu’il file pas du liquide, j’appelle ça du racket.

*****

Résultat des courses, j’ai annulé le trajet du surlendemain, pour rentrer en famille. Sur 27€, la SNCF en a gardé 3. Je peux comprendre. Des frais de dossier.
Sur covoiturage.fr, le trajet coûte entre 11€ et 20€ en moyenne. Il prend deux heures de moins.

Adieu, Alain Sncef, et merci pour ton aide, comme disaient les Inconnus. Ce fut bref, mais très instructif.
Tu n’as pas seulement perdu un client. Tu t’en es fait un ennemi. Sur le long terme, tu as donc perdu plusieurs clients. Pour qu’un contrôleur complète son quota d’amendes du jour.

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