pour passer le temps…

Suite à un commentaire sur l’excellent article du blog de l’elfe, « souffrir pour être belle », j’ai eu envie de m’attaquer à un des plus beaux bourbiers du monde moderne : la condition féminine. Plein de jolis paradoxes.
ÉDIT du 6/2 : Je précise bien, je ne suis pas un spécialiste en féminisme. J’ai une faible culture féministe. Cet article est le résultat bourré de fautes d’une pensée qui se cherche et ne sait pas encore trop bien s’exprimer.

La femme n’est plus une Femme.
Soyons clairs. Une femme, c’est une épouse et une mère. Ça se marie, ça a des enfants, ça tient son foyer.
C’est sensible, bon en société (ça a de la conversation), éventuellement en art. Le standing d’un homme se mesure à sa femme.
Une femme, c’est beau. C’est poétique. On en est amoureux. On la courtise, et elle est maîtresse.
BULLSHIT !
Viol conjugal, IVG, femmes au travail, réclamant le droit de vote. La femme n’est pas une propriété, la femme est un individu, elle peut penser, ne pas être poétique, ne pas être casée, ne pas vouloir être belle.
En quelques décennies, les femmes sont passées, dans les discours, d’objet corporels à des sujets pensants. De nouveaux problèmes et champs d’action ont été reconnus par le champ politique. Il fallait chercher l’égalité des sexes.

La Femme n’existe plus.
Le féminisme, c’est la fin de l’identité* de genre. La femme n’est plus ce pauvre truc soumis et dominé ; que l’homme ne soit plus ce dominant sûr de son pouvoir et inconscient de sa cruauté.
L’idéal de ce mouvement (encore que toutes les femmes qui l’aient lancé n’aient pas toujours toutes eu ce sentiment), c’est une égalité parfaite des individus. Que le sexe biologique ne soit plus une variable sociale. Mêmes droits en termes juridiques, mêmes fonctions dans la société (partage équitable des tâches ménagères) et sur le marché du travail (égalité des salaires).
Eh bien, l’idée est bien rentrée dans les discours ! Les gens n’arrêtent pas de chercher des solutions contre les disciminations. Les petits jeunes ne diraient jamais que c’est dans les gènes de la femme de faire la cuisine ou le ménage. Et encore moins qu’elle est naturellement inférieure à l’homme.

*NB : Qu’est-ce que l’identité de genre ? O_o
Non, ce n’est pas S:M/F sur la carte d’identité. L’identité de genre, c’est comme l’identité européenne, c’est le sentiment d’appartenance à un groupe. À une culture. À ne histoire commune. Le partage de pratiques, de valeurs, et même plus que ça, l’impression qu’on parle la même langue, qu’on pense de la même façon.

ÉDIT du 6/2 La Mouette m’a rappelé que le féminisme ce n’est pas initialement la destruction de l’identité de genre. C’est surtout une question d’égalité. Personnellement, je pense que ça passe par la fin de la définition de la femme comme un « autre » ; c’est pourquoi j’ai un peu tendance à restreindre le combat à cette vision.

La femme est encore une Femme
De nos jours, quand on écoute les féministes, on a l’impression que tout a déjà été fait. Tout a été dit. Les hommes ont compris, ils sont eux aussi féministes.
Pourtant, comme le rappelait l’elfe (cf. lien au début de l’article), « il faut souffrir pour être belle ». Il faut plaire à l’inconnu. Il faut plaire à « son homme » pour le garder. On modèle son corps. Enfin, les filles, il vous paraît normal que vous vous souciiez plus de votre poids que les hommes ? (Et pour celles et ceux qui en douteraient, petit test intemporel). Et puis, il y a le sexe. Le sexe, c’est le domaine de la femme.

Allez, le sujet me plaît. « C’est que les hommes sont des cochons », comme disait la chanson. Alors, je vais OSER m’attarder dessus. Parlons des femmes et du porno !

  • Mon coup de gueule perso : la fellation…si c’est pas moche, ça, la fellation. Je n’ai rien contre l’idée de se donner du plaisir d’un l’autre par voie orale. Simplement, dans toutes les productions, la fellation apparaît comme un rituel incontournable. Et quand je dis incontournable, c’est vraiment quelque chose qu’on ne passe jamais. On peut sauter le déshabillement, le baiser, les seins, le cunni, la pénétration vaginale – jamais la fellation. Même pour les films lesbiens, on hésite à l’enlever. Or, qu’est-ce que la fellation ? C’est la femme accroupie devant un homme debout, en adoration devant ce que mon dernier lien désignait comme un « joy-stick ». Heureuse, inlassable, poussant des cris ou gémissant de plaisir au simple contact de cette chose. Se faisant un devoir d’aspirer, de nettoyer. Elle s’active, l’homme (réduit à sa plus simple expression) profite, immobile, sans visage. Et le devoir de cette femme soumise est de regarder l’homme, avec un visage toujours aussi inexpressif.
  • La femme reste l’objet de l’œuvre. Si la fellation, ouverture ou du moins préliminaire invariable (voire conclusion), l’affirme, rien que la présentation le laisse présentir. Allons faire un tour sur dorcelvision ! Le 29/1 :
    Nouveautés : « Je loue une pute pour mon mec et moi » « Décibelle et ses amies » « Luxure et décadence » « Caméra Privée : 19 ans et Pucelles » « Gang Bang de femmes fontaines » « Pournochic 22 – Femmes Fatales » « On a échangé nos mères 2 »
    Promos : « Écolos mais lubriques » « Une envoyée très spéXiale et très salope » « Initiation sexuelle pour jeunes étudiantes » « L’inspectrice est une nympho »
    Onglet actrices…
    Donc, sur 13 titres, 9 citent directement la femme. Quant aux couvertures, il y a dessus 25 hommes (dont 11 sur la couverture de l’inspectrice) et 42 femmes. En sachant que les nudités des femmes sont plus visibles.
    Pas convaincu ? Sur pornoxo, les titres sont croustillants : « Mikayla has many ways to get a guy off », « Busty blonde ass stuffed deep », « These girls show waht they have », « Sandra cant get enough anal sex »…Mais QUI est-ce qui encule Sandra ? Vous ne trouverez jamais un titre du genre « Raoul loves older women », mais plutôt « Melissa MILS likes younger cock »
    Quand on achète un film porno, on achète la femme. Non, même pas la femme. On achète un « Busty blonde ass »
  • Le porno féminin. Plutôt difficile de trouver des offres gratuites. Et on qualifie un peut tout et n’impore quoi de pf. On dit que c’est scénarisé, esthétisant, romanesque…moi, je considère que tout ça c’est surfait. Un vrai porno féminin, c’est un porno comme les autres, un porno comme les femmes regardent maintenant – mais sans pipe, où on filme également les hommes que les femmes, où les pornstar sont aussi des mecs, et où l’éjaculation n’est pas la fin du film.

Les petites filles jouent à la poupée. Ou à la corde à sauter. On habille les bébés en rose. On laisse pousser leurs cheveux. Elles sont moins bonnes en maths. Les secrétaires sont des filles, les infirmières aussi. Les techniciens de surface sont des femmes de ménage. La femme est encore Femme.

Et maintenant ?
Récapitulons. Le féminisme voulait tuer non seulement l’inégalité de la condition des hommes et des femmes, mais aussi l’identité de genre. Et il a pas trop mal réussi, en ce qui regarde l’inégalité. Enfin, y’a du mieux.
Quant à l’identité, ma foi, le discours a bien marché. On peut en être sûr, quand on songe que la phrase de Simone de Beauvoir « on ne naît pas femme, on le devient » avait à l’époque étonné les gens.
Pourtant, l’ouragan des années 70 est passé, et le travail n’est qu’à demi achevé. On laisse des femmes avec une demi-identité, un statut légal plus raisonnable, des ouvertures économiques…Et plein de contradictions, comme toujours, avec les femmes ^^

  • Les femmes sont meilleures à l’école, mais elles ont de moins bons salaires.
  • Deux copies de maths à un même devoir, identiques, notées l’une au nom d’une fille, l’autre au nom d’un garçon, sont notées différemment, de sorte que la fille est moins bonne en maths que le garçon (source : F.Dubet, L’expérience sociologique)
  • Les garçons jouent au foot et aux jeux vidéos.
  • La jeune fille aime mieux danser. C’est pourquoi elle n’invite jamais.
  • Une inférieure hiérarchique et une jeune fille vierge sont appelées de la même manière. Une femme mariée et une supérieure partagent également leur titre. Et les français ne comprennent pas que c’est grave (en).

Un renouveau du féminisme ?
On peut toujours espérer. Mais entre celles qui considèrent que refaire un féminisme, c’est refaire une identité sexiste (autrement dit, revenir en arrière vers le rôle de la mère et de la ménagère) ; que les femmes doivent devenir des sortes de cyborg super-queer ; qu’il faut l’égalité des salaires, mais qu’il est normal que les femmes soient toutes fashion-victimes, pintades et compagnie ; que la femme doit à la fois se réaliser en tant que libertine, maman, professionnelle, ménagère…Et celles qui savent que ce n’est pas possible !
Je dois dire que je suis pas vraiment au point sur le féminisme actuel, le post-féminisme, l’anti-féminisme et autres ultra-féminismes. Si vous avez des liens, je suis preneur en comm.

Femme actuelle
Quel est le modèle actuel de la femme ?
ÉDIT du 6/2 : Il est bien question dans cette liste de représentations. Toutefois, elle a été dressée un peu…au petit bonheur 😛 Ce que je voulais avant tout rappeler, c’est qu’une femme, de nos jours, est vue comme une personne qui doit faire face à un nombre incroyable de problèmes, des contradictions, jouer à l’équilibriste et faire quantité de choix dans son mode de vie, pour ce Graal féminin, l’épanouissement.
Cette conception de la femme qui fait tout, qui veut tout, qui gère tout, n’est pas sans rapports avec la légende urbaine de la capacité de la femme à accomplir plusieurs tâches en même temps.

Fière d’être femme (sinon elle serait pas féministe)
Indépendante.
ÉPANOUIE. (Que veut dire « épanouie » ? C’est pas pour dire, mais je suis tombé sur une phrase comme « Plus je passe de temps avec mes enfants, plus je suis épanouie. » Ah, ça, oui, intellectuellement, ça épanouit !)
Travaille (patronne).
Aime les centres commerciaux.
Citadine.
Ne cuisine pas.
Heureuse en amour.
Désordonnée.
Cherche un homme. Ou une femme.
A des enfants. (Trois.)
Romantique, mais pas fleur bleue.
Bonne au pieu.
Ne fait jamais le ménage.
A un appartement propre.
Bien habillée, voire fashion-victim.
Douce, sensible et généreuse en amour.
Pas soumise à « son homme ».
Pas très scientifique. (corollaire : les femmes scientifiques ne sont pas de vraies femmes.)
A un petit boulot stable.
SEXY !!!
Sort en boite de nuit.
Aime danser.
Intelligente.
Aime la poésie.
Formidable. Et ça, c’est possible. Y’a qu’à voir Sex and the City. Mais au fait, comment ça se fait ? Comment se fait-il que la femme ait autant d’objectifs à remplir ? Rien qu’avoir des enfants et travailler, dit-on, c’est pas simple…si, vous savez, le « vie professionnelle »/ »vie privée »
Il paraît (j’ai déjà lu cette rumeur un peu partout) que les femmes ont un cerveau qui leur permet de faire plusieurs choses à la fois, tandis que les hommes préfèrent se concentrer sur une et une seule tâche. N’importe quoi !
Ce type d’idées est du même acabit que les légendes qui veulent que la femme soit guidée par ses hormones, l’homme par son sexe. Un héritage freudien, voilà tout.
« Je veux tout », je peux tout ; la femme ne sait pas choisir, la pintade a un comportement d’enfant gâté.
Ahlàlà, les femmes, c’est compliqué…

Tout ça pour ça…
Ce que je peux dire, c’est que le mot féministe est devenu une sorte d’étiquette du « socialement éthique« , du politiquement correct. Les femmes ont si bien imposé leur combat que personne n’oserait s’y opposer. Or, un combat sans opposant, ce n’est plus un combat.
Franchement, les féministes, en France, de nos jours, qu’ont-elles à combattre ? Le Madame/Mademoiselle, les métiers dans les manuels scolaires, le porno féminin ? Ma foi, c’est pas ça qui changera quelque chose au fait que les femmes sont moins payées « parce qu’elles tombent en cloque » ! ÉDIT : je précise qu’il y a ironie.

Commentaires sur: "Le Mythe de la Femme Polyvalente" (3)

  1. La Mouette a dit:

    Un deuxième (et dernier) commentaire.
    Ta transposition n’a aucun sens. (Même si je ne défends pas cette théorie). Lis sur le « dilemme de Wollstonecraft » si ça t’aide à mieux comprendre.

    « Déjà, non, je ne confonds pas les faits et les représentations sociales. Si je parle de faits, c’est uniquement comme miroirs des discours. Comme stéréotypes. Et selon moi, bon nombre de ces stéréotypes, chamboulés par une nouvelle condition féminine, sont encore valables. Or (c’est un biais fréquent chez moi) je considère que ce sont les représentations sociales, le premier théâtre des grands problèmes d’une société. »
    Le problème dans ce que tu écris est que les stéréotypes sont peu présents dans les discours (tout du moins dans les discours émanant des institutions). Le sexisme est bien plus insidieux que cela. C’est tenir un discours sur l’égalité et l’absence de discriminations alors qu’on constate qu’il n’en est rien -ça permet habilement de rendre les femmes responsables de leur situation, en passant. Les faits NE sont PAS le miroir des discours. Sinon, les combats féministes seraient bien plus simples…
    Et les représentations sociales relèvent d’un ordre encore différent de la réalité.
    Il y a l’ordre des faits (pratiques)/ des représentations (pensées consciences ou inconscientes)/ du discours. L’analyse des discours peut permettre de connaitre les représentations sociales, mais pas toujours.
    Même le plus mauvais des sociologues t’indiquerait qu’il y a toujours des représentations collectives (ou sociales mais la phrase est trop moche avec!) dans une société. Ce qui ne vaut pas dire qu’elles ne peuvent/doivent pas être critiquées ou dénoncées.

    Tu peux porter un regard critique sur l’hypersexualisation de la société dans laquelle nous vivons mais cela ne renvoie pas uniquement au porno, mais bien davantage aux publicités, à une certaine mode (magasins épinglés pour proposer des strings en taille 8 ans) qui imprègne davantage les représentations -et qui n’est pas évitable.
    Cherche des statistiques sur qui regarde des films pornos… Cela te permettrait de nuancer tes propos.

    Je ne vois pas quel est le problème avec le terme « épanouissement ». Et oui, je l’utiliserais pour un homme, une femme, un enfant. Littré nous indique gentiment que « s’épanouir » a un sens figuré: Être joyeux, radieux. Avec des exemples comme « Le cœur de ce chrétien s’épanouissait en parlant de son épouse ». [Chateaubriand, Les martyrs, ou Le triomphe de la religion chrétienne] (OK, l’utiliser comme renvoyant à un être humain est sans doute incorrect pour Littré et a des relents de psychologie-en-vogue-actuellement, mais je ne pense pas qu’il soit sexiste.) Je ne suis pas sûre qu’être heureux/se soit un impératif asséné particulièrement aux femmes… Les hommes aussi peuvent être en quête d’épanouissement, ce sont des êtres sensibles également, capables d’éprouver peines et joies et qui sont aussi confrontés à des contradictions. Vois le combat de certains pères divorcés pour obtenir la garde de leurs enfants, et concilier cela avec une vie professionnelle.
    Je trouve réducteur que tu ne prennes pas en compte les variations individuelles. Il y a des femmes qui ne veulent pas d’enfants, qui ne s’habillent pas bien, qui aiment faire le ménage, qui n’aiment pas les centres commerciaux… De même chez les hommes. Les représentations sociales varient selon les milieux et les individus peuvent prendre (plus ou moins largement) de la distance par rapport à celles-ci. Tu utilise le terme « la femme actuelle ». Mais quelle femme actuelle? Les hommes n’ont pas de modèle, ou alors ils sont autonomes par rapport au modèle, eux?
    En fait, plus je lis ton texte, plus je le trouve normatif et encore pétri de stéréotypes.

    Je finirai en rappelant que ta définition de l’identité de genre est toujours aussi fausse. « L’identité de genre, c’est comme l’identité européenne, c’est le sentiment d’appartenance à un groupe. À une culture. À ne histoire commune. Le partage de pratiques, de valeurs, et même plus que ça, l’impression qu’on parle la même langue, qu’on pense de la même façon. » ça voudrait dire que le genre est une variable pertinente pour comprendre les sentiments d’appartenance… Tu dois vraiment considérer que les femmes sont toutes LA même femme actuelle. J’ai failli renoncer à te montrer l’absurdité de ta définition, mais un petit exemple mais venu à l’esprit. L’identité de genre, c’est le fait qu’une personne se sente femme, homme ou autre. Je suis d’accord que les représentations sociales du genre jouent un rôle mais pas uniquement… Regarde les transsexuelLEs.
    Tiens, imagine: une personne dont le sexe chromosomique est masculin et qui se sent femme. Peut être qu’elle aspire à une vie de famille. Peut être qu’elle est antinataliste. Peut être qu’elle aime un homme ou une femme. Peut être qu’elle votera FN. Peut être qu’elle votera Front de Gauche. Ou Bayrou. Peut être qu’elle est végétalienne. Peut être qu’elle pense que la viande, c’est bon. Peut être qu’elle est croyante.
    Penses-tu qu’elle se sentira appartenir au même groupe qu’une mère de famille catholique pratiquante? Qu’une directrice de banque? Que la guitariste d’un groupe punk d’avant garde? Qu’une chercheuse en mathématiques?… Quelles partageront toutes les mêmes valeurs, auront les mêmes pratiques, penseront de la même façon? Et pourtant, toutes sont susceptibles de se considérer comme des femmes.

    Je m’arrête là.

  2. Yey, one comment ! ^^ Je sais ce qu’il t’a coûté, alors je l’ai bien lu.
    À la réflexion, d’ailleurs, je trouve aussi mon article contestable ^^ D’ailleurs, il y a un an, je crois que j’en aurais jouri. Mais tant mieux, c’est en se trompant qu’on se rectifie.

    Par exemple, je ne concevais pas assez le féminisme comme la simple demande d’égalité, et je mettais tellement l’accent sur le remodelage de l’identité de genre que je finissais par déplacer le problème. Ce qui était assez ennuyeux de la part d’un type qui voulait refaire un bref et imprécis rappel de l’histoire du féminisme.
    Ceci dit, je pense, moi, que l’égalité n’est possible qu’à la condition que le genre soit détruit. C’est vrai que c’est une conviction personnelle ; mais je ne crois pas au « différent mais égaux ». En effet, je n’ai pas lu énormément, comme tu le soulignes.
    Pour ce qui est de ton exemple, « accorder des droits et une reconnaissance égale au travail domestique et au travail salarié pourrait être un modèle de citoyenneté qui annule les inégalités » – que dirais-tu de le transposer dans un autre domaine en disant « accorder des droits et une reconnaissance égale au travail salarié et aux grands patrons, c’est annuler les inégalités ». Bien sûr, la transposition a ses faiblesses, mais quelle société de castes a-t-elle jamais pu prétendre à l’égalité ?

    Le côté caricature. En me relisant, je dois avouer que je me suis…très mal exprimé. Déjà, non, je ne confonds pas les faits et les représentations sociales. Si je parle de faits, c’est uniquement comme miroirs des discours. Comme stéréotypes. Et selon moi, bon nombre de ces stéréotypes, chamboulés par une nouvelle condition féminine, sont encore valables. Or (c’est un biais fréquent chez moi) je considère que ce sont les représentations sociales, le premier théâtre des grands problèmes d’une société.
    Mais ce qui me frappe dans la femme actuelle, ce ne sont pas les buts (d’ailleurs, je me tairai sur le « curieuse de savoir comment tu as construit ta description » : on est d’accord sur un fait, mon article est assez raté pour que je n’essaye pas de le refondre avant d’avoir beaucoup lu). C’est l’énumération. C’est pourquoi j’ai fait un pot-pourri de tout ce qu’on peut trouver autour de l’idée de femme dans divers discours, séries…Hautement pas scientifique XD
    Mais il faut dire que certains de mes mots ont visé juste. Tiens, d’ailleurs, tu parles toi-même de l’épanouissement des femmes. Dis-moi, est-ce qu’un homme ça s’épanouit ? Une fleur, à la rigueur…mais les femmes ? Enfin, tout dépend de l’engrais dans lequel on les met : quand elles sont heureuses, elles s’épanouissent, et elles sont plus jolies, plus agréables…
    « Le porno, c’est un bon indicateur des représentations (et fantasmes?) d’une part de la population -majoritairement masculine. » Et seulement masculine ? Et seulement des fantasmes ? Ce serait pas plutôt des images que tous reçoivent, très jeunes, et qui influent sur la vision sociale de la sexualité ?

    Dans un souci de clarté, je vais faire quelques edits.
    En tout cas, je te remercie de m’avoir un peu tapé dessus. Ça m’aidera à penser plus juste.

  3. La Mouette a dit:

    Je trouve cet article très contestable. « Coup de gueule », c’est une bonne définition. L’indignation, c’est bien. La pensée complexe, c’est mieux.
    Tu le dis toi-même, tu n’es pas au courant des différents « courants » du féminisme. Lis sur la question. (Un numéro de Sciences Humaines présente rapidement les penseurs -et nous y revoilà, toujours la langue française…- et leurs théories.)
    Une brève remarque: un concept central est celui du « genre », terme qui affiche la distorsion entre le biologique (la différence de sexe) et le social (la construction des rôles sociaux). Il ne s’agit pas du tout d’une question de sentiment d’appartenance.
    Il existe deux niveaux dans lesquels ce concept joue: les inégalités de genre et les identités de genre. Le féminisme dénonce et rend visible les inégalités de genre. A cet effet, certaines auteurs parlent de « rapports sociaux de sexe » (par exemple la sociologue M-T Letablier.) en référence aux rapports de classe. Cependant, pour remédier à ces inégalités, plusieurs moyens existent et ne s’accompagnent pas forcément d’une remise en question des identités de genre. Un petit exemple caricatural parce que le sujet mérite des pages et des pages d’explications et de discussions: accorder des droits et une reconnaissance égale au travail domestique (soin aux enfants, personnes dépendantes, tâches ménagères…) et au travail salarié pourrait être un modèle de citoyenneté qui annule les inégalités. D’autres auteurs ont souligné que les femmes ne s’épanouissaient pas toujours dans les standards masculins traditionnels que sont une carrière brillante et un faible investissement dans la sphère familiale, et que accepter qu’il existe des différences serait plus égalitaire. Une autre voie consiste à dépasser les identités de genre (notamment des personnes proches de la queer theory, comme J.Butler).
    Des combats, il en reste de nombreux… Tout comme de débats théoriques!

    Tu parles de clichés. Au mieux, je dirai qu’il s’agit d’une description assez juste des éventuelles attentes propres à la classe moyenne supérieure. Et c’est caricatural à l’extrême. De nombreuses femmes ne se reconnaitraient pas dans ce modèle. Ce passage: « Les petites filles jouent à la poupée. Ou à la corde à sauter. On habille les bébés en rose. On laisse pousser leurs cheveux. » est juste à côté de la plaque. Ou alors, je t’en prie, nuance tes propos!
    Quand au passage sur le porno… Le porno, c’est un bon indicateur des représentations (et fantasmes?) d’une part de la population -majoritairement masculine. La réalité est quant à elle encore une fois plus complexe.
    J’ai l’impression que tu confonds le niveau des représentations sociales, celui des représentations individuelles, et les faits. D’ailleurs, je serai curieuse de savoir comment tu as construit ta description du « modèle actuel de la femme ».
    Et pour finir, où sont les hommes dans tout cela? Avec leurs modèles, leurs attentes, leurs craintes, leurs désirs, leurs contradictions? (Les dossiers sur les « nouveaux pères », la quête de la « masculinité » et autres sont pourtant légion.)

    Pour que mon commentaire soit bien compris, j’ajoute que je me considère que féministe et prompte à dénoncer les stéréotypes, à critiquer les identités sociales construites autour du genre…Mais que cet article me semble simplifier, caricaturer et déformer à la fois les réalités sociales et la pensée féministe.

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