pour passer le temps…

Archives de novembre, 2011

Vous avez un disque dur ?

Comme le disque dur de mon laptop avait mal supporté son premier voyage en train il y a un mois (secteurs de surface inaccessibles, qu’y disaient…), j’ai décidé de le formater à bas niveau. Mais comme je m’y connais mal, j’ai mal fait, et j’ai réinstallé ubuntu Natty sur du matériel corrompu.
Voilà que mon ordi recommence à bugger de façon pas nette (quand il me dit qu’il n’a pas accès à mes fichiers personnels, j’aime pas -_-‘). Et puis je veux passer sous Fedora. Et me faire une nouvelle table de partitions, pour l’expérience g33k. Et un vrai formatage à bas niveau.

Conclusion ? Direction la boutique d’informatique la plus proche. Il est temps de m’acheter un disque dur externe. Ne serait-ce que pour un backup.

J’entre dans la boutique. Il y a de tout. Des casques, des câbles, des DVD vierges, des iPhones, des cartouches d’encre (rien pour ma vieille bécane de 7 ans bien sûr !), des clés USB,…bref, tout ce dont on peut rêver.
Je demande au vendeur, type avenant au demeurant, s’ils ont des DDE. Réaction immédiate. Le type tente de me refourguer un truc de 500G à hors de prix ! Sous prétexte que 500Go, de nos jours, c’est le « standard ».
Attends…500Go, c’est plus que la taille de mon DDI ! Et là, j’ai beau essayer, j’en occupe même pas 80Gio ! Que veux-tu que je fasse de ton mastodonte ? Je préfère garder mon argent pour acheter des céréales, à la limite !

Je conçois que 500Go, ça puisse être utile, si on bosse pour un labo scientifique, ou qu’on récupère tous les films et tous les MP3 des gens qu’on croise dans la rue. Mais sinon, c’est tout à fait déraisonnable ! Et tout ça pour combien de tours par minutes, je vous prie ? Quelle durée de vie ? Ah, là, dès qu’on veut une donnée un peu précise, l’argument est moins vendeur !
Mais quand est-ce que les gens se rendront compte que plus n’est pas mieux ?
Pourtant, un DD, c’est pas rien, c’est aux alentours de 100€,  ça vaut le coup d’être sûr qu’on achète pas de la camelote !

Mais bon, passait encore..C’est la suite qui est vraiment ridicule.
Le type me dit les prix. Je m’étonne que c’est assez cher. En effet, la dernière fois que je m’étais renseigné sur le sujet, un DD de 120Go coûtait dans les 100€ ; je m’étonne qu’avec une telle inflation de taille des disques durs, le type ne m’en propose pas un à 70€, voire moins. C’est ce que je veux, c’est ce qui correspond à mes besoins.
EH BIEN NON. Les DD, ça coûte cher. Et pourquoi ?
« Lisez l’article sur le présentoir », qu’il me dit.

Les inondations en Thaïlande. J’ai gardé ce que je pensais pour moi, mais…
Attendez, vous êtes sérieux, là ? O_o
Pendant la saison des pluies, les inondations, en Thaïlande, depuis des années, c’est monnaie courante ! Qu’est-ce que vous voulez que ça fasse à leur production ? Et quand bien même ça ferait quelque chose, c’est que 25% de la production mondiale qui connaît une petite chute provisoire (car le chiffre est celui des usines situées en Thaïlande, pas de celles qui ont fermé) ! Et qui fournit essentiellement Apple !
Avec le nombre de produits auxquels pourraient être destinés ces disques durs (téléphones, iPods, iTouchs et autres iTruc, PS3, XBox, ordinateurs portables, tours, DD internes), qu’est-ce que ça me dit de la production des disques durs externes ? Rien ! Strictement rien ! Et il y a fort à parier que pour les usines qui produisent les disques durs externes vont très bien en ce moment.
Pourquoi donc les prix monteraient-ils ? Pour une raison simple : parce qu’un prétexte de pénurie, c’est une occasion de s’en mettre plein les poches en montant les prix. Une effervescence provisoire. Et que la victime, c’est le pigeon pas renseigné qui entre pour la première fois dans une boutique d’informatique en n’ayant pas eu le temps de se former une opinion sur l’actualité, et cherche à satisfaire un besoin urgent.

Ma foi, j’attendrai que le prix du DD redescende pour retourner là-bas. S’il redescend un jour.
En attendant, je vais chercher une autre boutique.

« WE CAME IN PEACE »

Le feuilleton « Vegan Attacks! » continue…
Après avoir attaqué la société de la pêche pour « usage non autorisé de la pêche » (activité brevetée au nom des ours), et le Président de la République pour « usage non autorisé de la structure hiérarchique avec présence du mâle alpha » (au nom des loups), la société VIH (Vegan is Humanity), forte de ses succès, a décidé d’aller plus loin.
La nouvelle cible de l’association végane n’est autre que la photographe Salomé Dzopodmy, accusée d’avoir publié des clichés de biches « sans l’autorisation écrite de leurs ayant-droits »
Nous avons voulu en savoir plus.

Le président de la VIH, Napoléon du Chemin, n’a pas voulu nous faire de déclaration à ce sujet. Devant son silence, la vice-présidente Alexandra Castel, nous explique :
« La société VIH est une société qui va de l’avant dans la protection animale. Tout ce que nous voulons, c’est que les animaux aient les mêmes droits que les êtres humains. Qu’ils soient non seulement reconnus, mais également traités en êtres vivants et sensibles. »
Est-ce pour autant une raison de se comporter aussi salement qu’Apple (qui, rappelons-le, a attaqué en justice une franchise familiale de production de pommes, dont le nom contenait le mot « Apple ») ?
De nombreux végans ne savent pas s’il faut se réjouir des succès de l’association, qu’ils jugent bien chèrement acquis…

VEGAN ATTACKS !

Nouveau concept au pays des Végans.
Mardi, Natacha Patchaïeska, chorégraphe au New Dance Hall, a reçu une convocation au Palais de Justice, qui lui imposait d’aller se présenter à 9:00 le lendemain devant le juge Collomb.
Se demandant ce qu’elle avait bien pu faire de mal, Natacha se rendit à la convocation, accompagnée d’un avocat. L’affaire était des plus surprenantes.

La partie adverse, l’association Vegan Is Humanity, a décidé d’entreprendre une action en justice contre la danseuse pour ni plus ni moins que d’avoir utilisé des figures en forme de 8 dans son dernier spectacle ! Le motif ? Violation de propriété intellectuelle !
En effet, il existe bien un brevet sur le langage des abeilles. Ce dernier a été déposé il y a deux ans, au nom des abeilles, par un scientifique…de l’association Vegan is Humanity !

L’affaire pourrait être vue avec le sourire si elle se limitait à une simple taquinerie des végans. Malheureusement, la chorégraphe russe risque – outre 300.000€ d’amende – 10.000€ de dommages et intérêts, que l’association promet de reverser au profit d’un lobby anti-miel…qui ne compte que des communautés véganes !

En outre, d’après les déclarations du Juge Collomb, de nombreuses autres plaintes auraient récemment été émises par la VIH face à des « utilisations non-autorisées » de la hiérarchie des colonies de fourmis (Fourmiz), l’aérodynamisme (compagnies aériennes), et la construction de barrage (castors).
Affaire à suivre…

Tronche de bouc

J’aime pas facebook. Jamais accroché. Toujours désapprouvé.

Franchement, quelqu’un peut me dire quel est l’intérêt de ces soi-disant « Réseaux Sociaux » ? Un meilleur dialogue ? Une façon plus conviviale de partager des photos de vacances ?

Tu parles !

Rien à branler, moi, des « Applications » à deux balles, des 7000 « amis » qui me spamment mon interface, des nouvelles nécrosées qui circulent moyen, ou de cette putain de messagerie qu’on peut pas désactiver !

  • Tu regardes des photos d’une soirée, où quelqu’un a cru bon de te montrer bourré en train de tripoter une paire de nibards (j’espère que maman est fière de son grand fiston ^^) ?
  • Ton patron t’interpelle sans te demander comment tu vas pour savoir où en est le projet ; en même temps, un kikoolol quelconque que tu songes à virer (mais t’as jamais le temps quand t’y penses) te bombarde de liens vers des sites de cul.
  • Un gars dont tu te souviens même pas te raconte sa vie par mails.
  • On te poke, on te buzz, on te buggue, on te dépoke, et tu sais toujours pas ce que ça veut dire !
  • On te demande si tu aimes Age of Empire III. Devenir fan.
  • Le quizz « Kel personnage de Harry Potter êtes-vous ? » a besoin d’accéder à ton profil pour y prélever des informations (vas savoir lesquelles).
  • Poke.
  • Stéphanie et Raymond ne sont plus ensemble (tiens, ils ont enfin pensé à mettre à jour leur facebook ? Depuis le temps !)
  • Stéphanie t’a lancé une boule de neige. Renvoyer une boule de neige à Stéphanie ?
  • Amir est fan de « Apelé son fils Luke pr pvr lui dire un jour : Luke, je sui ton père !!! » Devenir fan.
  • Julie Tusaispasquoi a posté une vidéo !
  • Bertrand : « Beh alors, t’es pas venu ? » / Moi : « Nn à koi ? » / Bertrand : « Béh à l’anniv d’amir ! ^^ » / Moi : « GT pas o couran. » / Bertrand : « Si, tt inviT ds l’événmt. » / Moi : « L’événmt ? » / Bertrand : « Tu connai pas l’onglet Evzenmt ? 0-0′
  • Sophie vous envoie un message privé : Slt tu te souvien de moi on sé vu à la soiré lol si tu…

MEEEERDE !

Putain, les gens, c’est pas que c’est chronophage, c’est que c’est juste merdique ! Non seulement tu fais rien sur facebook, mais en plus tu le fais mal !

Social mon cul ! Les gens ne passent pas tu temps ensemble sur facebook ! Les gens ne partagent rien sur facebook, ils passent leur temps à se paumer dans l’interface. Les gens postent, les gens bavardent, les gens explorent, et pourtant – c’est un véritable exploit – ils ne disent rien, ils ne communiquent pas, et ils découvrent que dalle.

Facebook, c’est une mort de l’intellect, une mort de l’information, une mort de la société.

Facebook, y’a rien à manger, tout à pleurer, c’est insupportable, et le pire, c’est que ça dure ! Au départ, j’y étais allé pour retrouver des gens – eh bien je n’y ai retrouvé que des zombies facebouquiens, voilà tout ! Après quatre ans à ne pas aller sur facebook (lefacebook vous flique pire, c’est que quand j’y allais, ils m’envoyaient toujours ce smap : « Nous sommes heureux de vous revoir sur facebook. » Vos gueules, connards), j’ai enfin supprimé mon compte il y a deux mois. Et je vis très bien sans.

Bien à quel point ? Ma foi, comme tout le monde. Sauf qu’en plus, j’en ai appris sur la sécurité du web ! Si vous vous posez des questions sur facebook, filez sur sebsauvage, faites Ctrl+f facebook, vous trouverez des tonnes de liens qui vous en apprendront/rappelleront de belles !

Dans le principe, « If you don’t pay, you’re not the customer. You’re the product being sold »

Le végétalisme

  • J’ai une pote végétalienne.
  • Ma sœur a longtemps été végétarienne-anorexique.
  • J’ai une pote qui a un ami végétarien.

Alors comment se fait-il que je ne sois pas végétarien ?

C’est marrant : il suffit de surfer cinq minutes sur des blogs et des sites de végétariens pour comprendre que tous les arguments qu’on peut leur faire, ils les ont déjà entendus, ils les connaissent, et ils ont une réponse.
Pire : dans 90% des cas, l’argument est LOURD. Mais LOURD ! Et s’il n’est pas lourd, il est tellement répété que ça en devient LOURD. Le mieux, c’est que des répliques pareilles – et je parle en connaissance de cause – on ne se rend même pas compte qu’elles peuvent être blessantes et stupides.
En revanche, dès qu’eux essayent de répliquer, et de nous faire comprendre le végétarisme, nous ne sommes plus seulement pénibles et lourdauds : nous devenons carrément OFFENSANTS. Nous coupons net le dialogue, alors qu’ils nous expliquent seulement les raisons qui guident leur propre choix alimentaire. Certains se contentent de conclure que c’est très bien, et que chacun a le choix, d’autres répondent violemment aux bouffeurs d’herbe qu’ils sont des sectaires de toute façon.

Pourquoi avons-nous une réaction aussi violente ? Dans les deux cas, on méprise le végétarien, et on se campe sur des idées reçues, alors que son discours peut être pertinent, argumenté et appuyé sur des faits. L’étude des réponses typiques permet de mesurer la violence de notre réaction.

  • La prolifération d’arguments ad hominem ;
  • Parmi lesquels une néglience de la logique, sous-entendant que c’est même pas la peine de répondre sérieusement (d’ailleurs, qui a les moyens de le faire ?) ;
  • L’ironie (syndrome du cri de la carotte) ;
  • Le déni pur et dur (rarement exprimé, car c’est une position que les consommateurs sans information ne sont pas en mesure de défendre -le déni s’observe particulièrement quant aux conditions d’abattage) ;

Et autres…

Arthur Schopenhaver (Schopy pour les intimes…) a écrit un livre assez amusant dans son principe, qui s’appelle L’art d’avoir toujours raison Dans un débat, quel qu’il soit, les interlocuteurs ne cherchent pas la vérité : ils conservent leur position initiale, et leur seul et unique objectif consiste à montrer qu’ils ont raison. À partir de ce moment, tous les coups sont permis.
Ce qui est étonnant, c’est ce braquage particulier, d’une rare violence, dans le cas du débat avec un végétarien. Notez qu’en outre, l’omnivore n’a pas à se défendre : son point de vue est dominant, et les arguments qu’il emploie sont largement partagés, et la tradition est avec lui.

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La raison de ce comportement est simple. Nous nous sentons attaqués par le végétarien. Attaqués dans nos modes de vie, dans notre quotidien.
Soit. Mais pourquoi on n’est pas aussi violents envers les écolos, par exemple ?
(Rectification : nous ne sommes plus aussi violents envers les écolos. Les écolos ont pourtant fait figure de marginaux au début de leurs revendications.)
Mais il est vrai qu’envers les végétariens, il y a quelque chose de plus viscéral. L’écologie, c’est une conviction (et même une mode, récemment). La politique, c’est une conviction. Mais le végétarisme, lui, touche à notre culpabilité : il nous accuse d’ASSASSINAT, ni plus ni moins !
(Ici, je vous demanderai un peu d’indulgence. Je fais une pause dans la conversation, et je ne saute pas aux arguments que nous rétorquons, parce que je cherche à comprendre ce qui se passe en nous. Et c’est pas rose…)

MEAT=MURDER, morceaux de cadavres, torture, abattage. Autant d’arguments-choc, d’éléments de rhétorique végétarienne. La principale force de ces idées est qu’elles nous disent ceci : « vous assassinnez, quand vous mangez ». Et je dis bien « assassiner« , pas « tuer » : il ne s’agit pas simplement d’ôter la vie (comme cela peut être le cas avec les légumes), il s’agit aussi de détruire une conscience.
Car oui, nous disent les végétariens, les animaux ont une conscience, du moins une certaine forme (= capacité de percevoir et d’interpréter le monde qui les entoure). Oui, même les poissons savent ce qu’est la peur ou la compassion, au-delà de l’instinct de conservation. Etc.

Alors pourquoi ce terme d’assassiner nous paraît-il idiot ? D’une certaine manière, pouvons-nous répliquer, c’est de l’anthropomorphisme. Il y a une différence entre arracher un veau à sa mère pour le manger, et manger un bébé humain. Les sentiments n’existent pas ne sont pas aussi développés chez l’animal.
LAÏUS SUR L’ÉMOTION DES ANIMAUX—Mais pourquoi cette insistance à nier les sentiments ou l’intelligence animale (sauf pour s’en émerveiller, comme si l’intelligence des dauphins était un « Progrès » semblable à la découverte de nouvelles planètes) – ne découle-t-elle pas elle-même de l’anthropomorphisme ? Expression du visage, parole surtout, violence, sautes d’humeur : autant de choses normales chez les humains, marginales chez les animaux (en particulier chez les poissons, n’est-ce pas ?)
À mon avis, ce problème de reconnaissance de l’émotion animale vient précisément de la définition cognitive de ce que nous appelons « émotion » : pour nous, l’émotion est la réaction typiquement humaine, la marque de son intelligence, de sa complexité. Il suffit de voir tout ce que brassent nos propres émotions en nous : souvenirs, idées, inconscients, profondeurs insondables de l’être, vers l’Infini et au-delà ! De fait, c’est ce que sent le Sujet ; en société, il est prêt à accorder des propriétés similaires à ses semblables ; mais à des semblables pas assez semblables (ex : les quadrupèdes) qui ne font pas partie de sa société, ça devient plus difficile. —FIN DU LAÏUS SUR L’ÉMOTION DES ANIMAUX—

Anthropomorphisme ou pas, avec ou sans émotion, la question est avant tout ceci : faut-il conférer aux animaux ce que j’appellerais une personnalité morale ?
Le problème est ambigü, et ceci depuis longtemps. Conscience morale ? Droit ? Il faut signaler que d’après la loi, il n’existe pas beaucoup de différences entre le familier de votre ado et un iPad. Je dirais même que la loi traite mieux les iPads que les vaches. Mais bon, les iPads sont pas comestibles non plus xD
Les végétariens pensent que oui. Enfin, pas que les iPads sont comestibles : ils pensent que les animaux ont une personnalité morale, et que si on la leur refuse, c’est parce qu’on les mange de fait. Après, si vous pensez qu’ils ont tort, filez tout de suite dans la rue, récupérez un chien abandonné, égorgez-le et mangez-le ; puis filez quelques coups de pieds au chat du voisin qui ruine vos parreterres (en vous assurrant de ne pas pouvoir vous faire détecter). Néanmoins, prenez avant le temps de lire un petit article de Insolente Veggie , qui nous rappelle qu‘aucune différence d’essence ne justifie cette différence morale : seulement une différence de capacités intellectuelles, technologiques et autres. Étrange conception de la Justice, n’est-ce pas ? (je vous laisse appliquer cette phrase au droit international, ou à l’extermination des handicapés par les Nazis. Bienpensants, nous ? eux aussi !)

Torturer des animaux ou les manger, c’est pas pareil, me direz-vous. Et en effet, il reste des nuances à éclairer. Des nuances qui expliqueront enfin notre besoin d’envoyer chier les végétariens quand ils nous accusent de meurtre.
De fait, ce n’est pas parce qu’un être vivant est doté d’une personnalité morale que cela lui confère les mêmes droits qu’un être humain (non-exploitation, droit à la vie) dans une société humaine. On doit d’abord penser à nous, à nos semblables, à notre santé : plutôt sacrifier cent vies d’une autre espèce qu’une seule de la nôtre.
Mais pourquoi cela ?
Se délecter des souffrances d’un animal, c’est de la cruauté. Moralement, c’est insoutenable. En revanche, profiter d’un état de fait (la vache est morte) pour satisfaire un besoin, c’est normal, et il n’y a là rien de moralement condamnable. D’ailleurs, c’est ce que nous faisons, quand nous achetons un morceau d’animal déjà mort au supermarché.
Sauf que voilà :

  • D’une part, nous sommes effectivement responsables de la mort de l’animal, comme si nous l’avions égorgé de nos propres mains. Les débats sur la responsabilité sont revenus très sensibles après la deuxième Guerre Mondiale, mais nous pouvons dire qu’une personne qui soutient un système, par le discours, par l’acte, ou par l’argent, est responsable des actions intrinsèquement prévues par ce système. En gonflant la demande de viande, les individus soutiennent financièrement le marché de la viande, et accroissent la production. En tant qu’acteur économiques, nous sommes donc responsables de l’existence de ce système. Nous sommes donc imputables de toute injustice incluse dans l’exécution normale de ce système. Le végétarisme est une logique de boycott.
  • L’élevage ou l’abbattage en masse, pour être économiquement viable, recquiert de maltraiter des animaux, en les aliénant, en les exploitant, en leur imposant des conditions de vie qui ne sont pas sans rappeler l’esclavage des noirs aux Amériques (avec les dommages collatéraux que cela implique), et en les terrifiant avant l’abbattage. Les faits impliquent donc une injustice, dont le consommateur est responsable. Toutefois, dans la mesure où la viande est un besoin, le meurtre d’animaux en lui-même n’est pas condamnable.
  • Les végétariens vivent sans viande. C’est ça, la vérité. Ils sont en bonne santé, peuvent avoir moins de carences que les omnivores, une alimentation plus variée et plus équilibrée, et ils sont plus écolos que vous et moi par leur simple régime alimentaire. Il a existé des cultures végétariennes. En dépit des traditions, l’homme n’est pas fait pour manger de la viande. La viande n’est donc pas un besoin. Le meurtre d’animaux n’a donc aucune justification morale, économique, pratique : c’est une injustice, contraire au droit naturel, au même titre que le meurtre d’humains. Une mauvaise coutume. Un pur plaisir. Un luxe.

Vous avez l’impression d’avoir manqué une étape ? C’est bien simple : imaginez un moment que nous soyons dans une société où on consomme non pas des animaux, mais des êtres humains. On va même dire : des noirs élevés en batterie (vous savez, ils ont la peau épaisse, ça paralyse leur système nerveux, ils ne sentent rien…rigolez pas, le racisme et le spécisme ont quelques points communs ; repensez aux écailles des poissons, et à leur chair toute blanche). Et après tout, il y en a eu, des sociétés cannibales. Vous paraîtrait-il absurde de dire : « Mais puisque la Nature regorge de ressources végétales et d’animaux, pourquoi n’arrêtons-nous pas de nous nourir de nos semblables ? »
Pariez qu’un gars se sentira accusé de meurtre, et vous dira qu’on ne peut pas vivre sans viande humaine, qu’on aurait des carences qui réduiraient notre durée de vie, nos aptitudes physiques ou notre caractère, ou que si on mangeait des sangliers, le Dieu Sanglier punirait tous les hommes.
Vous la voyez, l’étape ? J’ai dit : différence de capacités, pas différence de nature. C’est exactement ça. Une différence de personne morale, c’est une différence de capacités érigée culturellement et arbitrairement en différence de nature.

***LÀ OÙ ÇA PART EN COUILLE***
Merde, je me sens coupable, bordel, je tue des animaux, sang, chair, os brisés, se dit l’espace d’un éclair le non-végétarien mis en face de la végétarienne.
Les végétariens sont des gens désagréables, c’est bien connu. C’est pour ça qu’on les aime pas.
La parade est immédiate :
De toute façon, on a BESOIN de la viande, disons-nous à une personne qui n’en a visiblement pas besoin.
Argument d’autorité. Et c’est parti. Jetez un coup d’œil à L’art d’avoir toujours raison de Schopy, vous comprendrez comment nous parlons aux végétariens. Nous finissons par les acculer jusqu’à ce qu’il nous parle de spécisme, ou se lance dans des arguments nœud-nœud sur la sensibilité des animaux ; à ce moment, nous avons gagné le droit de nous moquer de lui, et de ne plus l’écouter. Mais la raison pour laquelle nous réagissons aussi violemment, et concentrons des fantasmes autour de ce groupe d’opinions, c’est qu’ils réveillent chez nous une culpabilité enfouie.

Surfez un moment (deux heures, tout au plus) sur les blogs d’Insolente Veggie et de Veggie Poulette, ou encore d’autres idées  ou sites et autres liens, si vous voulez un tour panoramique du sujet. C’est très divertissant. Beaucoup de discours jouent sur le renversement humoristique (et si les omnivores étaient en minorité ? et si les animaux mangeaient des humains ?)

Conclusion ? À force de me demander pourquoi on refuse d’écouter les végétariens, je me suis mis à les écouter. Et croyez-moi, l’anti-spécisme est beaucoup plus facile à ingérer quand on n’a plus de viande dans l’estomac. Go vegan !
(Pour info, j’ai décidé de ne plus manger de chairs. Pour autant, je ne suis pas encore tout à fait végétaLien. L’avenir me dira ce qu’il en est.)

« Omnia blogera blogibile in blogerio blogerendo blogens blogetivo blogere facit blogibiliter blogentes. »

Quid scribam ? Quid scribam ?Note du pédant : en latin moderne, blogentes=blogores.
Pour les curieux, voici la référence : (Rab., 2, 19, 6).

Tout ça pour quoi ?
Ma foi, un blog de plus sur la toile. Un petit projet tout mignon, avec un pauvre article, zéro sujet, zéro design, zéro visiteurs potentiels, zéro facebook et zéro twitter.
Maintenant que nous avons inauguré notre Titanic, reste plus qu’à casser sur la coque une bouteille de champomy et à le lancer sur le web en lui souhaitant « Bonne chance ! » Non ?

Ah oui, c’est vrai, il reste encore une chose à faire. Le discours du Capitaine.
Attention, ça va être pompeux.
**DÉCLARATION D’INTENTIONS DU CAPITAINE**
De tous les rêves de croisière jamais nourris par les concepteurs de bateaux, celui de Belgarel fut, sans nul doute, le plus banal. La révélation lui vint en surfant sur quelques blogs pendant quelques deux semaines. Et soudain, lui, qui adorait parler, rêva de parler, comme tant d’autres avant lui. Parler pour ne rien dire. Parler de tout. Parler pour parler. Se noyer de paroles. Couler.
Nous sommes ici pour réaliser ce rêve ! Alors, à l’aventure !

Concrètement, qu’est-ce que vous faites sur ce blog, et pourquoi vous y restez ?

(Déjà, je pense que si vous êtes sur ce blog, c’est qu’il y a plus d’un billet où vous trouverez la réponse ! En fait, cher lecteur ectoplasmique du futur, il est fort peu probable que vous soyez en train de lire cet article, et ces angoisses d’un webmaster accompli vous paraissent sans doute ridicules…)

Un blog se caractérise par trois choses : 1) son sujet, 2) la personnalité du webmaster, 3) son public. Le mieux, c’est que tout ça est lié. Quoiqu’il en soit, je peux déjà vous annoncer la couleur telle que je la vois d’ici :

  • Quid scribam ? Avant tout, ce que j’aime, et dont je risque de parler beaucoup : informatique et logiciels libres, les livres et les ebooks, le violon, le végétarisme, les RPGs, la littérature, le cinéma, la philosophie à la petite semaine, l’éducation…Pas très uni, et la liste non exhaustive, ça va de soi ! :p
  • Je suis pas trop tourné vers l’actualité, et les courtes dépêches qui montrent que j’ai lu un article de journal. Ce qui ne m’empêchera pas de vous noyer de liens dans beaucoup d’articles, car un développement complet sur un sujet, c’est aussi des sources !
  • Moi, je suis un jeune homme de près de vingt ans, aux idéaux purs et aux idées en constante évolution. Très pantouflard, j’aime pas sortir, j’aime pas la clope, j’aime pas l’alcool, mais j’aime les ordinateurs. Je crois que je ne manque pas d’esprit critique, mais quand je m’intéresse à une cause, je peux avoir des idées très arrêtées, pour ne pas dire myopes.

Je sens que vous me détestez déjà. Rassurez-vous, je ne crois pas que je serai comme ça tous les jours.
Mais ce que je peux vous dire, c’est que mon blog reflétera tout le bordel de ce qu’est l’âme humaine. Ce ne sera pas, comme peut l’être le blog de Maître Éolas, un hommage à la Raison ; ce ne sera pas un cloisonnement entre sciences sociales et nettoyage d’appartement, entre coups de cœur et avis sur la politique. Ce que je promets, c’est un beau gros bazar totalement inclassable, pour tous les goûts et de toutes les formes, tantôt pensé tantôt jeté en vrac,  du coq et de l’âne, un discours qui s’imprime sur la toile comme une pensée sort d’un esprit humain. Telle est ma conception de l’ode à la vie.

C’était pour le quart d’heure grandiloquence XD